CREFDL, Centre Carter et CENADEP lancent la plate-forme numérique « Mokengeli »
Ayant bénéficié de l’appui financier de l’Union européenne à travers le projet Démocratisation de la gouvernance du secteur extractif en Rdc par le contrôle et la participation, la plate-forme numérique « Mokengeli » qui évoque la vigilance citoyenne sur la gestion de la chose publique, constitue un outil innovant au service d’une gouvernance transparente, inclusive et participative.
C’est ce jeudi 22 janvier qu’a été lancée à Kinshasa, la plate-forme « Mokengeli », initiative du consortium constitué de CREFDL, le Centre Carter et le CENADEP. Conçue pour renforcer la surveillance citoyenne, Mokengeli permet aux citoyens de jouer un rôle actif dans le suivi de l’utilisation des fonds issus du secteur extractif, notamment ceux destinés à la réalisation de projets sociaux.
Dans son discours, le représentant du consortium composé du Centre Carter, Crefdl et Cenadep a expliqué c’est un projet qui cherche à travailler à trois niveaux : d’une part, à renforcer le contrôle citoyen de la gouvernance du secteur extractif avec une attention particulière à la gestion et à l’utilisation des revenus générés par ce secteur. D’autre part, il cherche à accompagner l’Etat et les Entités territoriales décentralisées dans la collecte et la gestion de ces revenus. Enfin, il veut assurer un accès à l’information pour la population dans son ensemble.

« Le constat au départ de ce projet, c’est de dire que le secteur attractif en Rdc est la colonne vertébrale du développement économique et que ce développement est l’affaire de tous les citoyens. La mission de la société civile est d’assurer que les citoyens puissent participer dans la gestion de ce secteur », dit-il, avant de préciser que l’activité d’aujourd’hui place sur les résultats portant sur le contrôle citoyen et l’accès au peuple à l’information. C’est une plateforme qui va permettre de lieu d’accès à l’information.
Comment ça marche ?
Pour le créateur de cette plate-forme, Mokengeli a 4 manières de fonctionner : centralisation des informations: les avis vont permettre de rédiger le rapport ; dénonciation sécurisé : permettre aux citoyens d’émettre des avis et d’être sécurisés au niveau de la plate-forme ; participation citoyenne: plate-forme d’échange pour faciliter le suivi des projets et lutter contre la corruption ; suivi et redevabilité.
Concernant les thématiques de suivi, il a cité les projets sociaux : infrastructures financés par les revenus extraction ; la gestion des fonds publics et la transparence institutionnelle : chaque citoyen a la possibilité d’émettre un avis. Ceci permet à la population de consulter le projet.
Comme impact, disons que cette plate-forme donne aux citoyen le moyen de s’exprimer ; un impact sur le développement : il contribue à l’amélioration de la redevabilité ; justice et équité : protège les citoyens et les irrégularités sont traitées de manière juste.
Disons que cette plate-forme est organisée comme suit : une brève présentation de la plateforme et de ses objectifs ; une rubrique dédiée aux projets, présentant les différents projets faisant l’objet d’un suivi et d’une évaluation ; un formulaire sécurisé permettant aux citoyens de transmettre leurs avis et signalements de manière anonyme ; vous avez la possibilité de consulter le détail de chaque projet et d’y exprimer vos réactions de manière anonyme et sécurisé.
La gestion de fait pour contourner les blocages
Présent sur le lieu, le Procureur général de la Cour des comptes s’est réjoui de l’initiative. « Sous d’autres cieux, on a limitativement énuméré les personnes qui peuvent saisir le PGR. Étant donné le niveau élevé de la corruption, chez nous, quiconque peut saisir le PGR par une dénonciation. La semaine passée j’ai reçu un rapport sur la gestion de certains projets », a-t-il indiqué, insistant sur la crédibilité des informations qui doivent être étayées par des faits probants.
Il a fustigé ce qu’il a qualifié d’histoire d’immunités, de privilège de juridiction qui constituent un obstacle à l’action publique. Quant à la Cour des comptes, poursuit-il, nous avons un pouvoir permanent de contrôle de finances publiques. Il constate par exemple que le budget des provinces est géré par des ordonnateurs publics. Et on vous dit qu’ils ne sont pas justiciables devant la Cour. Ils ont leurs organes politiques, les Assemblées provinciales. C’est ainsi qu’on est dans l’impunité.
Il avoue qu’on a trouvé des mécanismes, pour demeurer dans la légalité. Il y a la gestion de fait. La loi dit que le comptable est pécuniairement responsable. Un comptable, avant de payer, procède au contrôle à priori. Dans la plupart des cas, les politiques se comportent comme ils veulent. Quiconque effectue un virement en dehors de la comptabilité est coupable de la gestion de fait. A un moment dans la vie, il faut oser, encourage-t-il le consortium.
M. Valery Madianga, Coordonnateur du CREFDL Asbl a balayé toutes les préoccupations soulevées par l’assistance, avant le Coordonnateur de l’ITIE n’insiste sur le contrôle qualité de l’information partagée sur la plate-forme
Mokengeli.
