Sud-Kivu : la société civile de Fizi dénonce une menace contre les journalistes

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L’arrestation du journaliste Thomson Undji à Baraka fait l’effet d’un électrochoc dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. La société civile locale dénonce une atteinte grave à la liberté de la presse et appelle les autorités à garantir la sécurité des journalistes, défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile, dans un contexte sécuritaire déjà tendu.

Interpellé dans la ville de Baraka, Thomson Undji est accusé d’avoir pris part à une émission radiophonique diffusée à Uvira, au moment de l’occupation de la ville par les éléments de l’AFC/M23. Une accusation que beaucoup jugent préoccupante pour l’avenir du travail journalistique. « Aujourd’hui, exercer le métier de journaliste devient un acte à haut risque », confie un reporter local, visiblement inquiet pour sa sécurité.

La société civile de Fizi monte au créneau et dénonce ce qu’elle qualifie d’intimidation. Son président, Jacques Alimasi, s’insurge : « Un journaliste ne peut pas être arrêté pour avoir fait son travail. Informer n’est pas un crime ». Selon lui, cette arrestation crée un climat de peur généralisée et pousse plusieurs professionnels des médias à l’autocensure.

Sur le terrain, les réactions se multiplient. Un défenseur des droits humains basé à Fizi s’alarme : « Si les journalistes ne sont plus protégés, qui va dénoncer les abus et informer la population ? ». Pour cet acteur citoyen, la sécurité des journalistes est intimement liée à la protection des droits fondamentaux et à la transparence dans les zones affectées par le conflit.

Du côté des habitants, l’inquiétude est palpable. « Nous avons besoin des journalistes pour comprendre ce qui se passe autour de nous », témoigne une mère de famille à Baraka. Un autre citoyen renchérit : « Arrêter un journaliste, c’est réduire toute une communauté au silence ». Ces voix traduisent une crainte collective de voir l’information disparaître au profit de la rumeur et de la peur.

Face à cette situation, la société civile de Fizi appelle les autorités congolaises à agir rapidement. « Nous exigeons des garanties claires pour la sécurité des journalistes et de tous les acteurs citoyens », insiste Jacques Alimasi. Dans un Sud-Kivu marqué par l’insécurité, cette arrestation pose une question cruciale : la liberté de la presse peut-elle encore être exercée sans crainte de représailles ?

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