Instabilité dans l’Est, attaque de l’aéroport de Kisangani: Muyaya charge Kigali
Se confiant sur TV5 sur les évènements qui se passe dans l’Est de la RDC, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, ne met pas des gants pour pointer, une fois de plus, le Rwanda comme instigateur des atrocités sur le sol congolais. Interviews…
En décembre, l’accord de Washington a été signé, sans oublier la poursuite des discussions à Doha au Qatar. Mais sur le terrain, rien ne change. Pouvez-vous expliquer la différence entre les mots et la réalité ?
Cette question, il faut la poser au président rwandais, le père du M23, parce que toute idée de retour de la paix est une idée qui contrarie ses intérêts économiques, parce que la vraie motivation de cette guerre, c’est une guerre de pillage. Vous avez vu récemment que tous les mensonges, les justificatifs de la présence des troupes rwandaises justifiant la guerre ont été déconstruits et lui-même est passé aux aveux reconnaissant de fait que son régime est basé sur les mensonges, lorsqu’il a reconnu la coordination qui existe entre le Rwanda et le M23, en réalité entre père et fils. Il est donc évident que s’il persiste encore des violences dans l’Est de la Rdc, c’est de la volonté du président Rwandais qui entretien son fils le M23 dans le seul dessein de poursuivre le processus de pillage dans l’Est de la Rdc.
Le Rwanda a reconnu une coordination sécuritaire avec le M23, est-ce la fin d’une hypocrisie ?
Nous nous savions que le Rwanda est un régime assis sur les mensonges. Aujourd’hui, tous les pays voisins le savaient. Maintenant qu’il y a cet aveux, nous attendons que des actions soient prises, d’autant plus qu’au-delà de cet engagement qu’on a vu, notamment du président américain, ou de l’Emir du Qatar autour de différents processus, y compris, il continue avec ce qu’il ne devrait plus faire. Parce que lorsque vous êtes sur la table et discutez pour arriver à la paix, vous ne continuez pas à massacrer la population en utilisant des drones kamikazes, en utilisant tout ce qui est non conventionnel en ce qui concerne les civils. Aujourd’hui, on a 300.000 déplacés au Burundi, plus de 1.500 morts, 12.000 enfants qui ne retrouvent pas leurs familles. Voyez l’ampleur du drame provoqué par le président rwandais et ses supplétifs du M23.
Kigali justifie sa collaboration avec le M23 par la présence des FDLR sur le sol congolais. Ne pensez-vous pas qu’il est important pour Kinshasa d’arrêter toute collaboration avec le M23 ?
C’est un autre prétexte, un autre mensonge recyclé. Lui-même le président rwandais a reconnu le mensonge sur la présence de ses troupes. Si nous avons été à Washington et qu’on a signé, c’est parce qu’on a convenu d’un plan qui série toutes les activités et nous avons établi un canevas qui permettait aux membres de travailler dans le cadre de plusieurs mécanismes prévus par l’accord, pour que ces questions puissent être réglées. Pour la question des FDLR, nous nous avons fait notre part. Seul le Rwanda aujourd’hui et c’est constaté, y compris par le médiateur américain, continue ses actions. Il faut se référer à ce qu’a dit l’ambassadeur américain à New-York ou le Secrétaire d’Etat Rubio, il est évident que c’est le Rwanda aujourd’hui le problème, pour que la paix ne soit pas vite de retour dans l’Est de notre pays.
Sur le terrain, des nombreux membres de la communauté Banyamulenge estiment vivre dans l’insécurité à cause des bombardements qu’ils subissent. Selon vous, leurs craintes sont-elles injustifiées ?
C’est aussi un autre mensonge. Je reviens de Washington. J’ai eu à discuter avec les jeunes de la communauté tutsi et Banyamulenge, ils ont eu l’occasion de rediscuter avec le président de la République, il faut les écouter, mais vous ne pouvez pas commettre les massacres sous le prétexte de protéger une communauté. Et la vérité est que le massacre planifié à Uvira n’est pas arrivé, parce que nos braves Wazalendo et les FARDC, ce sont eux qui protègent le plus les banyamulenge. Le président de la République est le premier rempart contre toute forme de discrimination de toutes les populations. Parce que ces populations sont d’abord discriminées par le Rwanda qui les expose vis-à-vis d’autres communautés, nous nous assurons que les discours qui sont tenus favorisent la cohésion et l’unité nationale. Et l’engagement du président de la République qui rencontre régulièrement cette communauté est une illustration pour nous de rester engagé pour que ce prétexte rwandais ne puisse plus exister. Les Banyamulenge ont leur place en Rdc et pas au Rwanda.
Une partie de l’aéroport de Kisangani a subi une attaque de drones. Le M23 a revendiqué. Est-ce une extension inquiétante du conflit ?
Nous connaissons les intentions du père, le Rwanda et du fils le M23 et à travers cet acte, l’aéroport est d’abord un objectif civile. Et dans la suite de ce que nous avons vu à Uvira, c’est un comportement terroriste. D’ailleurs, le communiqué de l’Union Africaine en dit long. Dans ce qui nous concerne, on a pris des dispositions pour protéger la population, parce qu’on connait les intentions. Tous ces drones n’ont pas abouti au résultat escompté, en dépit de tout le discours mensonger. L’intention, ce n’est pas d’étendre la guerre à Kisangani, mais ils rencontrent en face une résistance portée par le président de la République et tous les Congolais et ce sont des aventures qui sont vouées à l’échec.
En ce qui concerne le dialogue inter congolais, êtes-vous prêts à incorporer toutes les composantes, y compris le président Kabila qui a été condamné pour crimes de guerre et trahison ?
D’abord avant qu’on arrive à ce dialogue, pour nous il y a des préalables. Nous avons un dialogue avec le père, le Rwanda à Washington et avec le fils à Doha. N’oubliez pas que l’origine de la crise est d’abord sécuritaire. Pour nous, il y a une ligne rouge. On ne peut pas dialoguer tant que les troupes rwandaises sont sur notre sol, tant qu’on n’a pas un cessez-le-feu vérifiable et tant que les engagements souscrits dans les processus de Washington ne sont pas faits. Je rajoute que le président de la République a toujours montré sa disposnibilité pour le dialogue, mais celui-ci ne doit venir consacrer l’impunité. Parce que c’est l’impunité qui est à la base de la répétition de ces actes que nous voyons. Il est évident que dans les aventures du père et du fils, il y a des complices et il est tout à fait normal qu’il y ait un processus de véting sur la nature patriotique de certains pour nous rassurer qu’ils ne viendront pas en complice, mais discuter pleinement entre congolais. C’est un dialogue qui se tiendra en Rdc et entre congolais.
Le prochain Secrétaire général de la Francophonie sera élu en novembre prochain, lors de l’Assemblée générale qui se tiendra au Cambodge, confirmez-vous que la Rdc va présenter un candidat ?
Evidemment, je pense que la Rdc est dans son droit entant que plus grand pays francophone, de présenter un candidat. Le moment venu, l’identité sera révélée. Mais ce qu’il faut savoir, nous avons un projet, nous avons des atouts, l’avenir de la Francophonie se joue en Rdc au regard de la quantité des locuteurs, nous avons des plans. Et nous espérons que le moment venu, nous pourrons soumettre notre candidature aux Etats membres pour insuffler une nouvelle dynamique.
Quand on parle du Français ou des minerais stratégiques, le Rwanda est un pays périphérique.
Propos rendus par JMNK
