RDC : La genèse du parquet financier, de l’idée à la réforme

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La République Démocratique du Congo s’apprête à franchir une étape majeure dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques. La création d’un parquet national économique et financier, ainsi que d’un tribunal pénal spécialisé, est le fruit d’un long processus où plusieurs voix se sont succédé pour transformer une idée en projet de réforme.

Jules Alingete, le pionnier (2022)

C’est en 2022 que Jules Alingete, inspecteur général des finances, lance pour la première fois l’appel à la création d’un parquet financier. Son objectif : doter la justice congolaise de magistrats spécialisés en finances publiques et comptabilité, capables de traduire les constats d’audit en preuves judiciaires solides. Cette proposition marque le point de départ d’un débat national sur la nécessité d’une justice économique spécialisée.

Félix Tshisekedi, la promesse présidentielle (2023)

Un an plus tard, en décembre 2023, le président Félix Tshisekedi reprend l’idée dans son programme de campagne. Il promet, en cas de réélection, de mettre en place un parquet financier pour renforcer la lutte contre la corruption. En insistant sur la formation des magistrats aux chiffres et aux finances publiques, il fixe l’horizon politique et donne au projet une légitimité institutionnelle.

Constant Mutamba, de la critique à l’action (2024)

En 2024, Constant Mutamba, alors dans l’opposition, réclame des réformes judiciaires courageuses et propose lui aussi la création d’un parquet financier. Devenu ministre d’État en charge de la Justice, il passe de la parole aux actes en déposant un projet de loi devant l’Assemblée nationale. Ce texte prévoit la mise en place d’un tribunal pénal économique et d’un parquet national économique et financier, donnant une traduction législative aux promesses et aux plaidoyers.

Une réforme en marche

De l’appel pionnier de Jules Alingete en 2022, à la promesse présidentielle de 2023, puis à l’initiative législative de Constant Mutamba en 2024, la marche vers la création d’un parquet financier illustre une dynamique collective. Elle témoigne d’une volonté croissante de doter la RDC d’institutions judiciaires capables de sanctionner efficacement les crimes économiques et de restaurer la confiance dans la gestion des finances publiques.

 

Par Didier Mbongomingi

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