Antonio Guterres : « La Monusco n’a pas la capacité d’imposer la paix. Ni le mandat… »

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Où ? Évidemment en RDC ! D’où l’impératif du Dialogue. N’en déplaise à ceux qui se cabrent… 

Sous le titre « Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU: «Il faut cesser les ingérences extérieures au Soudan », RFI a publié le 13 février dernier une interview recueillie la veille de l’ouverture du 39° sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba. Malgré le titre, le chef de l’Exécutif des Nations Unies a répondu d’abord à deux questions sur la RDCongo avant de réagir sur le Soudan.

Aucun pays n’a encore fait de proposition des sanctions contre le Rwanda

À la première question relative à la symbolique de l’atterrissage, sur l’aéroport de Goma, de l’aéronef de la cheffe adjointe de la Monusco Vivian Van de Perre le 13 février 2026, au contrôle de la ville par l’AFC-M23 soutenu par le Rwanda ainsi qu’aux accords de Washington et de Doha, sa réponse intégrale est : « Il faut, premièrement, reconnaître que nous avons eu un certain nombre d’accords, c’est vrai, mais que les combats se sont poursuivis et que l’attitude des deux parties est plutôt belligérante. Alors on peut signer des accords, mais s’il n’y a pas de confiance, ces accords ne vont pas résoudre le problème. La Monusco n’a pas la capacité d’imposer la paix. Ni le mandat, ni la capacité. Mais ce que nous faisons, c’est de participer activement dans les contacts avec les deux côtés, et dans les contacts avec d’autres médiateurs, pour essayer de progressivement rétablir une confiance qui a été complètement brisée. Et sans que cette confiance soit rétablie, ce sera très difficile de pacifier l’est du Congo. ».

À la seconde question relative à l’hypothèse, déjà soulevée, de sanctions internationales contre des responsables rwandais cités dans des rapports de l’ONU – ce à quoi Paul Kagame a réagi de façon virulente – sa réponse est : »Aux Nations unies, la question des sanctions est une question de la compétence stricte du Conseil de sécurité, et c’est une question qui n’a pas encore été discutée. Aucun pays n’a encore fait de proposition. Ce ne sera pas facile, je crois, d’obtenir le consensus du Conseil. Mais il y a une chose qui est évident : il faut rétablir l’intégrité territoriale du Congo. Et basé sur ça naturellement aussi, résoudre beaucoup de problèmes, créer des conditions de bons rapports entre les différentes communautés. Mais la question essentielle pour le moment, c’est de faire que le cessez-le-feu fonctionne effectivement. C’est un préalable pour que ce rétablissement de la confiance puisse être possible ».

C’est tout.

Rdc ne fait toujours pas acter la thèse de l’agression

Implacable est la déduction à tirer :

-d’un côté, le SG de l’Onu avoue l’incapacité de la Monusco d’imposer la paix en RDC parce qu’elle n’en a pas mandat, et,

-de l’autre, il doute de la volonté des membres du Conseil de sécurité de l’ONU de prendre des sanctions à l’endroit notamment du Rwanda.

La précision à apporter ici est la différence à établir entre, d’une part, les sanctions d’État à État (à l’exemple de celles des États-Unis à l’encontre des officiels rwandais) dès lors qu’elles n’engagent nullement le Droit international et, de l’autre, les sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu à l’égard d’un État membre. Ces sanctions-là relèvent du Droit international.

Conséquence : tant que le Conseil de sécurité n’a rien décidé sur le fait d’agression, il est illusoire d’en appeler à l’application du chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

Déjà, l’incapacité de la RDC de convaincre l’Onu de l’agression rwandaise y est pour beaucoup. Effectivement, dans tous les documents dont elle est soit cosignataire (Déclarations, Communiqués, Accords) soit visée (Résolutions des Nations Unies), la RDC ne parvient toujours pas à faîre acter la thèse de l’agression. Le narratif qu’elle développe consiste à procéder par déduction en se disant : « puisque telle résolution ou telle déclaration ordonne le retrait des troupes rwandaises, c’est là la preuve patente de l’agression ».

Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. Dommage que les professionnels des médias aient endossé ce narratif au point de participer à la diabolisation des leaders politiques et des leaders sociaux qui n’épousent pas cette façon de procéder.

Message n’ayant rien de codé ni de subliminal : Dialoguez, Svp !

La dernière sortie en date d’Antonio Guterres renvoie au rappel des faits ci-après :

1.En septembre 2022, la veille de l’ouverture de la 77e Assemblée générale ordinaire de l’Onu, Antonio Guterres déclare exactement ceci dans une interview à France 24 : »La vérité, c’est que le M23 est aujourd’hui une armée moderne, avec des équipements lourds qui sont plus perfectionnés que les équipements de la Monusco ».

2.En juin 2024, il autorise le Panel des experts des Nations Unies de publier son rapport révélant la présence de 3.000 à 4.000 militaires rwandais déployés à l’Est, des camps d’entraînement et des lance-missiles.

3.En février 2026, il avoue l’incapacité de la Monusco d’imposer la paix en RDC et, surtout, révèle l’absence de volonté au niveau du Conseil de sécurité de faire une proposition des sanctions à l’encontre du Rwanda. Et dire que – succès diplomatique salué avec fracas – la RDC fait partie de cet organe en tant que pays membre non permanent.

Il y a ici un enseignement et une morale à retenir. 

L’enseignement est que rien de tous les faits dénoncés, pardon annoncés par Antônio Guterres n’est secret pour les États-Unis, par exemple. Depuis la guerre de l’Afdl en 1996, Washington est au courant de tout ce qui se passe en RDC en matière de sécurité.

La preuve est le faux « scoop » de l’annonce de la présence des troupes rwandaises à Uvira et du non moins faux « tweet » pour les obliger de vider les lieux sans cependant étendre cet ordre sur Bukavu et Coma.

La morale est en réalité une invite faite à la RDC à savoir se prendre en charge pour résoudre ses problèmes qui sont d’abord internes avant d’être externes.

En conclusion, le 13 février 2026, le secrétaire général de l’Onu a passé aux Congolais un message n’ayant rien de codé ni de sublimal : dialoguez, svp !

 

PROCHAINEMENT : Dialogue. ‘Guerre des « composantes » commence : c’est parti ! Plus grave sera la « guerre des préalables et des agendas »… 

 

Omer Nsongo die Lema

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