Le temps de la naïveté est terminé
Pendant des décennies, le Congo a été décrit comme un scandale géologique; pays immensément riche, structurellement pauvre. Un paradoxe commode, souvent répété, rarement interrogé. Mais le monde a changé. Et le Congo, lentement mais sûrement, commence à changer avec lui.
La transition énergétique mondiale a transformé les minerais en instruments de puissance. La guerre n’est plus seulement militaire.
Elle est industrielle, logistique et minérale. Les grandes puissances ne recherchent plus uniquement des alliés ; elles sécurisent des chaînes d’approvisionnement.
Dans cette nouvelle géographie stratégique, la RDC n’est plus périphérique. Elle est centrale. Le partenariat économique structuré engagé avec les États-Unis ne doit pas être interprété comme un simple rapprochement diplomatique. Il s’inscrit dans un affrontement global pour le contrôle des minerais critiques. Washington sécurise. Pékin consolide. Bruxelles s’inquiète. Moscou contourne.
Les critiques internes dénoncent un “alignement”. Les plus radicaux parlent de “bradage”. Mais ces procès moraux évitent la question essentielle : un État aussi riche en ressources peut-il encore se permettre de ne pas choisir ?
Le monde ne voit plus la RDC comme un simple territoire minier.
Il la perçoit désormais comme un nœud stratégique. Reste à savoir si ce grand pays se verra lui-même avec la même lucidité.
Nico Minga,
