Grand Katanga: Le CEEC ouvre le chantier de la valorisation des sous-produits miniers stratégiques

0
IMG_20260251_033753107

La République démocratique du Congo intensifie ses efforts pour mieux contrôler et valoriser ses richesses minières. Dans la province du Lualaba, des échanges techniques de haut niveau ont été lancés ce mercredi au laboratoire national de Musompo, réunissant les opérateurs miniers du Grand Katanga autour de l’évaluation, de la certification et de la taxation des sous-produits stratégiques présents dans les métaux majeurs.

Organisées par le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales (CEEC), ces assises, prévues du 18 au 25 février 2026, s’inscrivent dans la dynamique de modernisation de la gouvernance minière et de renforcement de la souveraineté économique du pays.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du représentant du ministre des Mines, du Président du Conseil d’administration et du Directeur général du CEEC, du représentant du Chef de l’État ainsi que des autorités provinciales.

Dans son mot de bienvenue, le vice-gouverneur du Lualaba, Clément Mufundji Tshinat, a salué une initiative qui consolide la transparence dans le secteur extractif.

« C’est avec un réel sens de responsabilité que je vous souhaite la bienvenue dans la province du Lualaba. Ces échanges techniques renforcent la gouvernance minière et consolident la certification et la traçabilité des substances minérales exploitées dans notre territoire. Je me réjouis de voir réunis autour d’une même table les services techniques, les autorités provinciales et les opérateurs miniers. Cette coordination est essentielle pour assurer l’alignement des politiques publiques, renforcer la confiance mutuelle et préserver l’intérêt général », a-t-il déclaré.

Un laboratoire stratégique au cœur du dispositif

Au centre de ces échanges, le laboratoire national de Musompo, présenté comme un outil scientifique clé dans la maîtrise de la valeur réelle des ressources minières.

À cet effet, le CEEC, en sa qualité d’Autorité de Certification des substances minérales, a acquis des équipements de pointe, notamment des spectromètres à absorption atomique, des ICP à émission optique EOS et des analyseurs spécialisés, qui lui ont permis d’analyser, ici même à Musompo, plus de 92 000 échantillons depuis le 1er octobre 2023.

Ces analyses ont porté sur six matrices principales de la filière cuivre-cobalt : le concentré de cuivre, le concentré de cobalt, le concentré mixte cuivre-cobalt, le cuivre blister, la poussière de zinc et le concentré de zinc.

Les résultats obtenus ont permis d’identifier, au-delà des métaux principaux déclarés, la présence récurrente d’éléments associés présentant un intérêt stratégique majeur, notamment certains métaux du groupe du platine, ainsi que le germanium, le gallium, l’indium et le rhénium.

« Ces métaux ne sont pas accessoires. Ils sont au cœur des industries de pointe, notamment l’aéronautique, les technologies numériques et la transition énergétique », a souligné le Directeur général du CEEC, Freddy Muamba Kanyinku.

Il a également précisé que ces résultats ont été validés par des laboratoires internationaux accrédités ISO 17025, en Europe et en Afrique australe, renforçant ainsi leur crédibilité scientifique.

« Dans cette perspective, l’intégration progressive des sous-produits économiquement valorisables dans la détermination de la valeur marchande pourrait être envisagée dans un cadre réglementaire approprié et concerté. Les travaux qui s’ouvrent aujourd’hui constituent une étape importante dans la modernisation responsable de notre système d’évaluation minière », a-t-il ajouté.

Vers un cadre fiscal plus adapté

Prenant la parole à son tour, le Président du Conseil d’administration du CEEC a insisté sur l’importance d’un cadre fiscal clair pour accompagner cette évolution.

« Les sous-produits miniers, longtemps considérés comme marginaux, constituent désormais un enjeu stratégique majeur. Leur identification, leur catégorisation et leur valorisation doivent s’inscrire dans un cadre fiscal clair, prévisible et scientifiquement fondé. Les conclusions qui en découleront devront éclairer la décision publique et contribuer à une meilleure valorisation des richesses nationales au bénéfice de toute la nation », a-t-il déclaré.

Au nom du ministre des Mines, le directeur de cabinet adjoint, Marcelin Paluku, a officiellement lancé les travaux, rappelant l’importance de la maîtrise scientifique des ressources.

« La maîtrise de la valeur réelle de nos ressources constitue un acte de souveraineté économique. Ces échanges traduisent la volonté des autorités de consolider un cadre clair, juste et harmonisé où la transparence technique soutient le développement responsable du secteur », a-t-il affirmé.

Une nouvelle approche saluée par les opérateurs

Après la visite des installations du laboratoire, les premières sessions de travail ont réuni les représentants des sociétés Frontier SA et Everbright.

Pour les participants, ces échanges marquent un tournant dans la prise en compte des éléments de traces dans la valorisation des produits miniers.

« Ces échanges ont été fructueux. Cela nous permet d’avoir une ouverture sur les éléments de traces qui peuvent être valorisables. Jusqu’ici, nous nous focalisions davantage sur les éléments majeurs. Cette approche nous donne une nouvelle orientation », a témoigné Lievin Musenga, superviseur de laboratoire à Frontier SA.

Ces assises devraient permettre à terme d’améliorer la traçabilité des substances minérales, de renforcer les mécanismes de certification et d’assurer une meilleure captation des revenus issus des ressources minières.

Pour la RDC, premier producteur mondial de cobalt et acteur clé de la transition énergétique, l’enjeu est désormais de valoriser chaque composante de ses minerais afin de transformer son potentiel géologique en véritable levier de développement économique durable.

Le Quotidien

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *