Etchi Besem Oben, une femme ordonnée prêtre en Afrique
« Si le Sauveur l’a jugée digne, qui es-tu pour la rejeter. Assurément, le Sauveur la connaît très bien. C’est pourquoi il l’a aimée plus que nous. » (Evangile de Marie, section 7-9, manuscrit BG 8502). L’Abbé Etchi Besem Oben a été ordonnée prêtre de la Communion Catholique Œcuménique – Ecumenical Catholic Communion (ECC), dans la ville de Kribi au Cameroun, le 6 février 2026, par Mgr Paul Burson, Evêque Président de l’ECC aux USA.
D’entrée de jeu, l’ordination sacerdotale de l’Abbé Etchi Besem Oben, une femme camerounaise, non seulement marque un fait nouveau dans l’histoire de l’Eglise chrétienne catholique, mais surtout signe une étape incontournable, mieux les prolégomènes nécessaires à l’intelligence spirituelle d’un ministère sacerdotal non discriminatoire, ancré dans le cœur même du Seigneur qui, au début des temps nouveaux, avait porté particulièrement son regard sur Marie de Magdala, faisant ipso facto de celle-ci « l’apôtre des Apôtres », à en croire les mots de Lévi mis en exergue, tirés de l’Evangile dit apocryphe de Marie Madeleine.

Partant, l’ordination de l’abbé Etchi Besem invite à bannir de l’esprit la conception et la pratique institutionnelles de toujours qui hantent l’exercice du sacerdoce (longtemps tenu captif par les hommes-masculins) et à renouer avec le leadership charismatique et spirituel qui a caractérisé Marie Madeleine au temps du Nouveau Testament. En d’autres mots, il s’agit de rompre avec la conception autoritaire du sacerdoce, qui positionnerait le (la) ministre ordonné(e) en un roi ou une reine qui commande aux valets des fidèles dont le salut ne dépendrait que de l’humeur de leur Maître(esse) spirituel(le), et de cultiver au contraire la spiritualité du cœur qui ouvre pour les fidèles chrétiens le chemin vers leur Père et notre Père qui « voit et récompense dans le secret » (cf. Matthieu 6,4.6.18).
Qu’est-ce à dire ? Le sacerdoce féminin, prôné et accueilli dans l’Eglise Catholique Réformée, sous son format de la Communion Catholique Œcuménique (ECC en sigle), se veut une grâce qui maintiendra les pas du (de la) ministre ordonné(e) sur le chemin de la mission pour aller dire, avec toute l’affection reconnue à un vrai père ou à une vraie mère, aux sœurs et aux frères du Seigneur qui sont ses sœurs et frères les révélations que le Sauveur lui confie pour eux, comme il l’a fait autrefois avec Marie Madeleine, d’après le quatrième évangile : « Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu » (Jean 20,17b).
D’abord, j’inviterais à lire, dans le choix que le Seigneur a fait souverainement de l’auguste personne d’Etchi Besem Oben, une multitude de grâces particulières pour son Eglise qui est en Afrique Noire :
– la grâce d’une Mère appelée à enfanter une nouvelle génération des disciples capables de renouer le lien avec la spiritualité chrétienne authentique – « spiritualité » entendue comme « chemin de liberté et de responsabilité intérieure », ainsi que le déclare le quatrième Evangile : « Mais l’heure vient, et maintenant elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont les adorateurs que cherche le Père. » (Jean 4,23) ;
– la grâce d’une Mère qui, à l’image de la Mère du Sauveur, est appelée à rester attentive aux besoins réels des disciples de Jésus-Christ, comme le fut la mère de Jésus à la noce de Cana : « Ils n’ont plus de vin ! » (Jean 2,3) ;
– la grâce d’une Mère qui sache faire le choix d’écouter Jésus du fond de son coeur, comme ce fut le cas de Marie, la soeur de Marthe : « Une seule chose est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc 10,42) ;
– la grâce d’une Mère appelée à anticiper intuitivement les évènements liés au corps du Christ, à l’instar de cette femme de Béthanie (Marie ?) qui sut par avance honorer et interpréter les us et coutumes de son peuple au profit de l’ensevelissement de Jésus et mériter dans l’immédiateté, en récompense, une parole de béatitude de la part de Jésus lui-même : « En vérité, je vous le déclare : partout où sera proclamé cet Evangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle a fait. » (Matthieu 26,13 ; cf. Jean 12,7), etc. De la même manière, l’Eglise chrétienne contemporaine d’Afrique racontera certainement ce que l’Abbé Etchi Besem aura fait de la grâce du sacerdoce ministériel féminin qui provoque d’une part, l’étonnement et l’admiration, et de l’autre, le doute et la moquerie.
Ensuite, j’inviterais à voir dans la personne de l’Abbé Etchi Besem plus que cette femme camerounaise ordonnée « prêtre » : un symbole dans le concert des Eglises chrétiennes catholiques en Afrique Noire ! Autrement dit, Etchi Besem devient une sorte d’icône installée en plein soleil d’Afrique permettant de la voir même à celles et à ceux qui douteraient encore de la vérité, de l’efficacité et de l’efficience du sacerdoce féminin, mais qui seront désormais encouragés à en parler publiquement et particulièrement aux jeunes vocations féminines qui contempleront avec fascination l’Icône qu’elle est volontiers devenue en disant « Oui » au Seigneur et en acceptant véritablement d’être ordonnée « prêtre » pour faire de toutes les Nations des disciples de ce même Seigneur – et non ses disciples ni des disciples de son Eglise particulière (cf. Matthieu 28,19).
Enfin, je terminerais par cette prière : Que Notre Dame Avocate d’Afrique, pour laquelle l’abbé Etchi Besem Oben nourrit une profonde dévotion, intercède pour la réussite du ministère sacerdotal auquel le Seigneur a appelé son humble servante au seuil de cette nouvelle année bénie !
Père Arthur Lubwika, Eglise Catholique Réformée de la RD Congo
