Droits humains : « 17 015 cas de violation recensés à Goma et Bukavu : Nous agirons pour que justice soit faite » (PM Judith Suminwa)

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Le Gouvernement Suminwa est déterminé à éclairer le monde sur les affres commis dans l’Est du pays contre le peuple congolais afin de mettre fin à l’impunité. Forte de cet engagement, la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé ce samedi la cérémonie de clôture de l’atelier et de publication du rapport sur la situation des droits humains à Goma, dans la province du Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu. Cet événement, organisé par le Ministère des Droits Humains au centre catholique Nganda, dans la commune de Kintambo, a rassemblé plusieurs membres du Gouvernement, des défenseurs des droits de l’homme, des membres de la société civile plurielle ainsi que plusieurs autres personnalités du pays.

Des experts de différents ministères, de la société civile et d’ONG de défense des droits de l’homme ont concouru à la rédaction de ce rapport présenté à la Première Ministre. Ce document énumère, preuves à l’appui, les atrocités inhumaines perpétrées à Goma par le M23/AFC, supplétifs du Rwanda.

Plus de 17 000 cas de violation des droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu

Durant dix jours, les experts ont recoupé et analysé les informations concernant les atrocités commises sur de paisibles citoyens : violences faites aux femmes, destruction d’infrastructures sociales et déplacements internes massifs. Au moins 17 015 cas d’atteinte à la vie et à l’intégrité physique ont été renseignés, dont 15 769 cas d’atteinte à la vie, 829 cas d’enlèvement et 417 cas de torture et autres traitements inhumains. Ces violences sont à l’origine de déplacements forcés. À ce jour, l’on compte environ 7,4 millions de déplacés internes et externes.

La société civile contre toute démarche politique disculpant les auteurs de crimes dans l’Est

Jonas Tshombela, représentant de la société civile, a rendu hommage au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu’au Gouvernement central pour leur engagement institutionnel en faveur de la vérité, de la justice et de la paix.

Il a souligné que pour le dossier « Est de la RDC », tout dialogue ou toute initiative diplomatique future ne peut ignorer la souffrance accumulée depuis des décennies par les populations. « La paix durable ne peut se bâtir sur l’oubli des victimes ni sur le silence face aux crimes », a-t-il affirmé.

La documentation des cas de violation des droits de l’homme se poursuit à la CNDH

Porté par la même flamme, le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Paul Nsapu, a souligné que les violations documentées- assassinats, meurtres, violences sexuelles, enlèvements, arrestations arbitraires, actes de torture, fosses communes, pillages, destructions de biens publics et privés, écoles- traduisent des vies brisées et une atteinte profonde à la dignité du peuple congolais.

« La CNDH réaffirme avec force son engagement constitutionnel et légal à recevoir les plaintes, mener les enquêtes, établir les faits, porter la voix des victimes, documenter les violations des droits de l’homme et contribuer activement à la lutte contre l’impunité, tant au niveau national, régional qu’international », a-t-il déclaré.

Avant de remettre le rapport final à la Cheffe du Gouvernement, le Ministre des Droits Humains, Samuel Mbemba, a présenté les recommandations formulées par les experts à l’intention de l’Exécutif central et de la communauté internationale. Ils proposent au Gouvernement, entre autres, de mener un plaidoyer aux Nations Unies pour la création d’un Tribunal Pénal International pour les crimes commis en RDC ; veiller à ce que les auteurs et complices des violations des droits humains ne soient pas intégrés dans les institutions de la République sans avoir préalablement rendu compte de leurs actes devant la justice ; poursuivre les efforts de renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité pour la protection de l’intégrité et de l’indépendance de la RDC ; renforcer les juridictions militaires et civiles en augmentant le nombre de magistrats et en renforçant leurs capacités par des formations sur le droit international humanitaire; – et accélérer la mise en place effective des mécanismes de justice transitionnelle.

Le ministre Mbemba a rendu un hommage mérité au Chef de l’État pour la dextérité avec laquelle il traite ce dossier, ainsi qu’à la Première Ministre pour la ténacité et l’efficacité dont elle fait preuve dans l’exécution de la vision présidentielle.

Nous agirons pour que justice soit faite

Dans son allocution, la Cheffe du Gouvernement a déclaré que le rapport présenté sur les violations à Goma et Bukavu est crédible, solide et prêt à être porté devant la communauté internationale. Loin d’être un énième rapport, il s’agit d’un document stratégique pour dire non à l’impunité.

« Mon Gouvernement s’engage solennellement à porter ces recommandations au plus haut niveau. Nous agirons pour que justice soit faite. Ce rapport sera le fer de lance de notre plaidoyer pour la reconnaissance du génocide congolais et pour que les responsables — le Rwanda et ses supplétifs — répondent enfin de leurs actes », a affirmé la Première Ministre devant l’assistance.

Ce rapport doit résonner partout où la justice est attendue 

Elle a également remercié le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui œuvre sans relâche pour que les droits humains ne soient plus un mirage, mais une réalité tangible pour chaque Congolais.

Dans sa conclusion, la Cheffe du Gouvernement a appelé tous les Congolais à la mobilisation générale : « Faisons en sorte que ce rapport résonne partout où la justice est attendue », avant de saluer la bravoure des experts, des défenseurs des droits de l’homme et de la société civile qui refusent l’impunité, souvent au péril de leur vie.

Il faut rappeler qu’à son deuxième pilier, le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) insiste sur la mise en œuvre de tous les mécanismes de la justice transitionnelle, tout en considérant qu’il n’y a pas de paix sans justice.

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