Priorité à la nourriture du corps ou à la nourriture de l’esprit ? (Par BAMUANGAYI KALUKUIMBI Ghislain)

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Le bonheur d’un peuple qui se limite au simple fait de manger demeure au stade primaire, presque instinctif, de son développement.

Tant que l’horizon collectif reste fixé sur la seule satisfaction des besoins biologiques, la société stagne au niveau le plus bas de son potentiel.

Le véritable progrès commence lorsque s’élève la pensée : l’élévation cognitive, spirituelle et mentale est la force qui transforme une nation et lui permet d’atteindre un bien-être complet, incluant bien sûr la satisfaction durable des besoins essentiels.

Il est regrettable de constater qu’un politicien réduise encore sa vision politique à la seule question de la consommation immédiate. Or, un peuple qui attend passivement que les politiciens le nourrissent est un peuple condamné à la dépendance, plus tard à la disparition.

Le peuple, en tant que souverain, doit se prendre en charge, organiser la répartition des rôles et décider de qui fait quoi. Parmi ces rôles figurent la gestion de la chose publique, la production des biens et services, et l’administration de l’État au service de l’intérêt général. C’est le peuple qui donne un rôle à des politiciens pour s’occuper de ses affaires. Le peuple ne doit pas attendre à manger des dirigeants, plutôt leur compétence à gérer le bien commun pour lui donner à manger.

Pour nourrir durablement une nation, il faut d’abord nourrir son intelligence. L’éducation est la clé du bien-être humain. C’est par elle que le Congolais apprend à produire sa propre nourriture, à choisir ce qu’il veut consommer, à organiser sa production, à partager équitablement les ressources et à constituer des réserves pour les périodes difficiles.

Il est temps de sortir de cette politique infantilisante qui maintient les Congolais dans une posture de dépendance, attendant des miettes tombées de la table des décideurs.

Les écoles et les universités sont les véritables outils d’émancipation. Il ne suffit pas de les construire : il faut garantir à chaque Congolais un accès libre, équitable et sans contrainte.

La vision FATSHI BETON de la couverture santé universelle, aujourd’hui mise en œuvre au sein du ministère en charge de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, sous le leadership convaincant et avisé du Ministre Dr Roger Kamba, ouvre une réflexion plus large : celle d’une Couverture Éducation Universelle. Une telle politique pourrait rendre l’éducation gratuite et obligatoire pour tout jeune jusqu’à 25 ans. À la gratuité doit s’ajouter l’obligation scolaire, afin d’occuper la jeunesse, de réduire les phénomènes de délinquance urbaine et de priver les acteurs mal intentionnés de la main-d’œuvre juvénile qu’ils exploitent pour leurs stratégies de prédation.

#KOMBO ELEKA KAKA : commençons par transformer nos mentalités, celles des politiciens comme celles de chacun de nous, afin de ne plus accepter les logiques qui détruisent notre pays et fabriquent un fauteuil confortable aux prédateurs de tous bords.

« Chance eloko pamba » devra céder sa place à « musala malamu etombola nga na miso ya ba congolais». Pour cela, il faut nourrir avant tout l’esprit du congolais pour le rendre capable de prendre conscience de son pouvoir (sa force), de faire le bon choix de ses dirigeants et de ses idéaux, ainsi que de s’assumer comme peuple souverain, y compris pour se changer la Constitution quand il veut et pour son bien.

Prioriser la nourriture du corps peut s’inscrire dans un plan machiavélique destiné à orienter les populations vers ce qui le maintien dans son état primaire d’animal instinctif et l’empêcher par cela son développement intellectuel.

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