Tshisekedi est formel: « Pas d’élections en 2028 sans le Nord et le Sud-Kivu »

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Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a animé une conférence de presse, le 06 mai 2026 à la cité de l’Union Africaine. C’était en présence de la presse tant nationale qu’internationale, les communicateurs et les membres du Gouvernement.

Ce grand rendez-vous avec les journalistes s’est articulé sur plusieurs points : la situation sécuritaire et diplomatique, la situation politique et la gouvernance du pays, la situation sociale et économique, le sport et la culture, etc.

Au sujet du débat sur le changement ou la révision de la Constitution, il a précisé « quel pays on laisse aux générations à venir, est-ce un crime ? C’est ici qu’il a expliqué que son prédécesseur était arrivé à échéance sans organiser les élections et il n’y avait pas de guerre. C’est pourquoi on s’était dit, non seulement vous n’organisez pas les élections, vous voulez changer de Constitution.

« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne pourra pas organiser les élections en 2028 sans le Nord et le Sud-Kivu. Regardez en Ukraine, ça fait deux ans qu’il devait y avoir des élections. Comment organiser les élections en ayant le couteau à la gorge ? Comment est-ce que je peux être du côté Congo et du Rwanda pour pousser les forces négatives à nous attaquer ? Cette guerre nous a été imposée par le Rwanda », explique-t-il.

Tshisekedi est un homme d’Etat

Interrogé sur les slogans lancés par ses partisans au regard de la révision constitutionnelle, Félix Tshisekedi conseille de ne pas les prendre en compte.

En campagne électorale, tout le monde est beau et gentil. C’est tout à fait normal que mes partisans amènent des slogans. Ne prenons pas ça en compte. Je crois qu’il y a une question qu’il faut se poser et une autre chose qu’il ne faut pas faire. Avons-nous le droit de nous pencher sur notre constitution et si elle entre dans la ligne de compte ?

En politique, dit-il, il y a deux catégories. Il y a les hommes politiques et les hommes d’Etat. L’homme politique pense aux prochaines élections et l’homme d’Etat pense à la prochaine génération. La responsabilité que les Congolais m’ont confiée n’est pas de m’arrêter à ce que je dois faire pendant mon mandat, mais aussi savoir ce que j’ai préparé pour mon successeur.

« Je me mettrai à la disposition de mon successeur et je ne prendrais pas les armes. C’est dans cette optique qu’il faut regarder les choses. Ce qui est dangereux, c’est de lier cet exercice à un troisième mandant. Mais si le peuple veut un troisième mandat, j’accepterai », souligne-t-il.

Et de noter que son vœu le plus ardent est que cette République recouvre sa stabilité et sa dignité et que l’on mette la Rdc sur un bon rail. Nous avons réussi à sortir le Congo du trou noir dans lequel il était. « Oui je suis pour l’analyse : prendre des experts qui vont étudier cette constitution. Je serais heureux de terminer mes deux mandats en laissant le pays sur des bons rails. Si les congolais me demandent de revenir au front, je suis à leur disposition tant que Dieu nous donnera l’énergie nécessaire. S’il y a changement de constitution, ça ne sera pas sans consulter les congolais par référendum », martèle-t-il.

Félix Tshisekedi a révélé qu’on a pendant longtemps utilisé la communauté Banyamulenge comme prétexte, pendant que la RDC et le Rwanda avaient de très bonnes relations. « Vous comprenez que c’est vraiment diabolique. Donc nous devons absolument mettre fin à tout cela pour oser réfléchir. Je ne vais pas m’accrocher au pouvoir, mais je vais servir mon pays avec toute l’énergie nécessaire. Le scénario sera défini par Dieu. Tant que cette guerre ne sera pas terminée, le combat continuera, insiste-t-il.

Au sujet de la nécessité du dialogue, le président de la République a amené tout le monde à réfléchir : Donnez-moi une garantie que si je convoque les compatriotes en dialogue inter-congolais, la guerre prendra fin ? Croyez-vous que c’est parce que quelques congolais se seront réunis à Kinshasa que le Rwanda comprendra le message et va retirer ses troupes ? Croyez-vous qu’après ça le Rwanda va quitter entre pays ? Le Rwanda se battra jusqu’à la dernière énergie avant de quitter la Rdc.

C’est ainsi que les alliés nécessaires que sont les Etats-Unis sont importants pour les déguerpir de la Rdc. « Je suis ouvert à dialoguer avec tous mes compatriotes quel qu’ils soient. Je veux un dialogue qui soit conditionné par la paix totale et véritable sur l’ensemble de la Rdc », explique-t-il.

Kabila qui a réussi l’alternance est en réalité le fossoyeur 

La presse présente sur les lieux, a voulu savoir quelle attitude du président de la République si l’ancien président de la République sollicitait à être reçu par lui ? Félix Tshisekedi a révélé qu’il est le premier à regretter cette situation qui pour lui est un vrai gâchis. ? Kabila a réussi à obtenir la première alternance après 58 ans. C’était historique et nous n’avons pas le droit de cracher sur un tel héritage.

Malheureusement, dit-il, les générations retiendront que celui qui a été un acteur clé a aussi été fossoyeurs de cette belle œuvre. Vous vous souviendrait qu’à l’époque, le FCC avait levé l’option de ne pas participer aux élections de 2023. L’objectif premier était d’empêcher la tenue des élections et de contrainte le gouvernement à un dialogue, c’est ce qu’ils font aujourd’hui.

« Mon prédécesseur est sorti clandestinement, pendant que nous avions un canal de contact. Je suis le premier déçu parce que je comptais le brandir cette alternance de tolérance dans la démocratie pour consolider la nation, les communautés. Mais il a choisi de prendre un autre chemin. Et cela ne pouvait pas rester sans conséquence, mais la justice s’est saisie », dit-il.

Curieusement, puisque l’Amérique a pris des sanctions, tout le monde donne l’impression de se réveiller d’un long sommeil, pense Fatshi, qui ajoute que les américains ont constaté ce que moi j’avais constaté. Comme ils sont à la manœuvre pour ramener la paix, parce qu’ils ont besoin de créer les chaines d’approvisionnement avec la Rdc, ils voient quiconque crée l’insécurité comme un ennemi. Et les sanctions ne m’étonnent pas.

Trop de diplomatie était un nécessaire !

Un journaliste a reproché au président de la République de mettre beaucoup plus l’accent sur la diplomatie. « Un civil comme moi qui n’a aucune notion militaire, le premier réflexe lorsqu’une telle situation arrive est celui de la diplomatie. Ceci, après avoir fait une analyse sincère. En 2023, j’avais parlé d’escarmouche et aujourd’hui je voudrais m’excuser devant le peuple congolais, pas parce que je suis dégonflé, mais parce j’avais de fausses informations concernant notre armée. Il y avait une réalité qui nous avait été cachée. On ne va pas à la guerre avec une armée totalement désorientée, décomposée », indique-t-il, tout en précisant que nos militaires étaient dans un état de clochard.

Et de poursuivre, lorsque vous avez des militaires appelés à aller au front dans l’incapacité d’y aller sans leurs familles, une armée où les militaires n’ont même pas de tenues, … Est-ce que vous pouvez projeter de faire une guerre en ayant une telle situation ? Pendant qu’il y avait cette guerre, nous avons mobilisé les ressources nécessaires pour monter cette armée en puissance. Nous n’avons plus une armée des capitulards.

Au-delà de ceci, Félix Tshisekedi a aussi cité le degré d’infiltration de l’ennemi. La politique de mixages et brassages a fini par miner cette armée de l’intérieur. Face à cette réalité, on n’avait pas d’autre choix que de jouer la diplomatie au maximum.

Nous avons des amis, quoi de plus normal de les solliciter lorsque nous avons des problèmes. Je ne trouve pas l‘inconvénients à avoir privilégié la diplomatie. La guerre pour moi est inutile entre africains. Nous avons des défis à réaliser, pourquoi nous allons nous regarder en chiens de faïence pendant que nous sommes voisins pour la vie. Je ne pouvais pas être préparé à la guerre, j’ai été surpris. J’ai pu trouver les moyens nécessaires pour renforcer les capacités des FARDC. Nous avons compris que la RDC avec ses 9 voisins et les opportunités qu’elle peut offrir est susceptible d’être l’objet de convoitise.

Quid du processus de Doha?

A ce sujet, le chef de l’Etat a fait voir qu’il s’agit d’un conflit qui date de 30 ans. Notre pays a été spolié, complétement désorganisée. L’histoire nous dira s’il y a eu des complicités internes au plus haut sommet de l’Etat.

Le processus de Doha s’est déplacé suite à la situation dans la région. Nous avons trouvé un accord sur le cessez-le-feu, l’échange des prisonniers et l’ouverture des voies humanitaires. Il nous reste 5 autres points qui sont moins importants qui vont nous conduire vers la fin de discussions. Comprenez cette difficile à conclue les choses.

Et d’insister que ça fait 30 ans que le Rwanda vit sur l’économie de la Rdc. Son économie reposait sur le pillage de nos ressources. Voilà pourquoi c’est difficile pour lui d’arrêter cette manœuvre. Aujourd’hui que toutes les portes se ferment contre lui, c’est ce qui justifie son agitation. « Je suis convaincu que nous aurons un aboutissement heureux. Après avoir posé nos signatures, nous avons engagés l’honneur et l’image des Etats-Unis. Ils n’accepteront que cet honneur et cette image soient souillés. C’est ce qui justifie les sanctions que j’encourage, car nous les réclamons depuis 2022. Notre objectif est de recouvrer la paix, la stabilité et l’intégralité de notre territoire ».

JMNK

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