RDC-Canada : Fin d’une «sécheresse » économico-diplomatique de 40 ans (Julien Paluku)
1. Depuis 1986, le silence pesait sur les relations commerciales bilatérales entre Kinshasa et Ottawa. Les statistiques des cinq dernières années confirment cette atonie : nos échanges commerciaux, plafonnant à des niveaux marginaux (quelques dizaines de millions USD), ne reflètent ni le potentiel immense de la RDC, ni l’expertise technologique du Canada.
2. Quatre décennies sans commission mixte, autant d’années à avoir laissé au ralenti la coopération entre deux puissances : l’une établie, l’autre en pleine phase de construction accélérée.
3. Pourtant, cette relation a des racines profondes. Avant ce long hiver économico-diplomatique, notre coopération était un modèle de pragmatisme, dominée par un appui structurant au secteur agricole.
4. Je pense notamment aux CAPSA (Centres d’Adaptation et de Production des Semences Améliorées), qui ont été le socle de notre sécurité alimentaire, et à l’encadrement des producteurs locaux au sein de coopératives agricoles, agissant comme des interfaces essentielles avec les marchés.
5. Le Forum international organisé à Gatineau par le CCRCC vient de briser cette inertie.
6. Cet événement a agi comme un électrochoc pour remobiliser les énergies et réveiller un élan de coopération longtemps endormi.
Consolider les acquis et bâtir l’avenir
7. L’ambition du Président Félix-Antoine TSHISEKEDI aujourd’hui est claire : nous devons nous appuyer sur les succès du passé pour mieux concevoir les partenariats de demain. Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire, mais de l’actualiser.
8. La deuxième journée du Forum a marqué un tournant décisif.
9. Pour concrétiser cette volonté politique, une équipe de travail conjointe — pilotée par les ministères congolais des Affaires étrangères et du Commerce extérieur — a été officiellement lancée. Sa mission est de préparer la grande commission mixte RDC-Canada, cadre indispensable pour sceller des partenariats stratégiques tournés vers les enjeux du futur.
L’innovation comme nouveau moteur
10. La RDC de 2026 ne se limite plus à l’agriculture. Nous projetons désormais notre coopération vers les secteurs de pointe qui dessineront l’économie de demain :
●La transition énergétique : Nous voulons développer des chaînes de valeur intégrées autour des batteries et des véhicules électriques, tirant profit de nos ressources critiques.
●L’industrialisation : À travers le déploiement de nos Zones Économiques Spéciales (ZES), nous offrons un cadre privilégié aux investisseurs canadiens pour une transformation locale à haute valeur ajoutée.
●Le numérique et les infrastructures : Moderniser nos échanges pour accompagner ce nouveau souffle industriel.
11. Le Canada et la RDC ne sont plus dans l’attente, mais dans l’exécution.
12. Ce forum à Gatineau est la première pierre d’un édifice que nous sommes déterminés à reconstruire. En alliant l’expérience historique de nos coopératives agricoles à l’audace des technologies de demain, nous transformons une complémentarité naturelle en une prospérité partagée et durable.
