Rwanda, Israël, USA, énergie nucléaire et…Havila !
Pendant que Kigali est dans le judaïsme pour identifier les Nilotiques au peuple juif, Kinshasa patauge dans le juridisme autour du débat constitutionnel ! Alors que l’Opposition politique préconise C 64 d’essence constitutionnelle, la Majorité, elle, privilégie C4 d’essence ethnolinguistique ressemblant – fait troublant – à la nouvelle carte du Congo aperçue en 2020 au siège de l’Africom en Allemagne par Mgr Dominique Uringi du diocèse de Bunia ! Le prélat catholique s’était retrouvé avec un nouveau découpage du pays en 4 Etats ! Nous y reviendrons…
Pourquoi et seulement maintenant ?
Publiée le 21 mai 2026, l’information est de RFI avec pour titre « Le Rwanda signe un protocole d’accord sur la coopération nucléaire civile avec les États-Unis ». Elle rappelle que « Kigali affiche depuis plusieurs années ses ambitions d’intégrer le nucléaire civil dans sa production énergétique pour répondre à la demande croissante d’électricité dans le pays. À l’occasion du deuxième sommet africain de l’innovation sur l’énergie nucléaire se tenant dans la capitale du 19 au 21 mai 2026, le Rwanda a signé plusieurs partenariats dans ce sens, notamment avec les États-Unis ».
Bien entendu, pour le Congolais de tout niveau, de la base au sommet, la question première à se poser est de savoir pourquoi et seulement maintenant alors que l’administration Trump venait de sanctionner les officiers rwandais.
18 avril 2000 à Bruxelles : Conférence sur Havila
Quand on a une lecture géopolitique pointue des enjeux sécuritaires universels en général et, en particulier africains – dont ceux des Grands Lacs – on ne peut pas ne pas prendre en compte les donnes anthropologique et religieuse dans l’axe Washington-Tel Aviv-Kigali ou, si on veut, l’axe « Washington-Jérusalem-Kjgali ».
Les initiés y perçoivent le « Programme Havila » visant la « judaïsation des Tutsi africains » commencée en 1977 par l’exfiltration des Falachas d’Éthiopie ramenés en Israël, la Mère Partie.
Pour l’histoire, il s’était tenu le 18 avril 2000 à Bruxelles une première conférence réunissant des scientifiques américains, canadiens et européens spécialistes du Judaïsme. Ils étaient en majorité d’obédience anglo-saxonne et de culture judéo-chrétienne.
But : établir un lien de consanguinité entre les Hébreux (Israël ancien) et les Nilotiques, question de présenter ces derniers en descendance davidique au travers de la rencontre de Salomon avec la reine de Seba ou Saba.
Cela fait que les Nilotiques se retrouvent dans tous les pays de la côte orientale et australe du continent situés directement ou indirectement le long de l’océan Indien : Égypte, Soudan, Érythrée, Djibouti, Éthiopie, Somalie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, Malawi, Mozambique, Zimbabwe, Etswatini, Afrique du Sud.
Deux ans plus tôt, dans son édition du 23 novembre 1998, le journal israélien « Jerusalem Post » lancait « un appel à Israël et à la Communauté Internationale pour condamner et prendre des actions contre toute violence anti-israélite perpétrée par les non-israeliens à travers l’Afrique, y compris plus de 500 000 Tutsi-Hébreux Israéliens au Rwanda ».
Dans la sienne du mardi 11 mai 1999, le journal canadien « National Post » consacrait en page 17 un article sur les Lemba, « un autre peuple noir, qui allègue certifier après analyses que selon les gênes sanguins qui déterminent l’hérédité, les Lemba seraient des juifs noirs descendants de Aron ». Les Lemba sont une population minoritaire présente en Afrique australe, précisément en Afrique du Sud, au Zimbabwe, au Malawi et au Mozambique.
Tribus perdues d’Israël
Dans l’intertitre « Les Royaumes Juifs du Sud-Abyssin » du Manifeste d’Havila, il est écrit : »Depuis quelques temps, la Renaissance des Juifs et des Hébreux d’Afrique, et plus particulièrement ceux de Havila (Grands-Lacs), est entré dans une nouvelle phase de sa conscience historique et prophétique. Lorsqu’en 1930, la question cruciale des «Tribus Perdues d’Israël» remonte à la surface de la conscience universelle, notamment avec le célèbre ouvrage de l’Américain GODBEY, A.H.21, très peu d’observateurs soupçonnent que les Batutsi des Grands-Lacs sont étroitement concernés par cette problématique sui generis ».
Aussi, on ne peut pas exercer de façon efficace le leadership à partir de Kinshasa sans intégrer dans sa politique la double donne « anthropologie et religieuse ».
En l’espèce, Kinshasa doit savoir que Kigali est plus proche de Tel Aviv (ou Jérusalem) et de Washington qu’elle ne l’est elle-même à son égard.
Pour faire clair, les États-Unis sont plus proches d’Israël (pour le Proche et le Moyen Orient) et du Rwanda (pour les Grands-Lacs) qu’ils ne les sont de la RDC.
Le doute est permis
Résultat : pendant qu’ils font mettre en léthargie le CRENK (Centre Régional d’Etudes Nucléaires de Kinshasa) situé à l’Université de Kinshasa, les Américains signent avec le Rwanda un protocole d’accord sur la coopération nucléaire civile de façon à permettre à ce pays de situer son mix énergétique à 60 % d’ici à 2050.
Mais, pour le représentant de la firme américaine Holtec International, ‘le premier SMR-300 en opération est attendu pour le début des années 2030 aux États-Unis et autour de 2035 au Rwanda, selon l’évolution de la coopération ». Les SMR sont des petits réacteurs nucléaires en développement.
Normalement, il n’y a aucune raison de paniquer côté RDC. Il ne s’agit que du nucléaire à usage civil. Selon le dictionnaire, « Le nucléaire civil désigne l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins non militaires, principalement pour la production d’électricité (…) En plus de produire de l’électricité, le nucléaire civil peut également inclure des applications dans les domaines médicaux et industriels, comme l’imagerie médicale et la stérilisation ».
Mais, on ne peut pas empêcher les Congolais d’être inquiets de la suite des événements.
En effet, la plupart des pays non membres du Conseil de sécurité de l’Onu détenteurs actuellement de la bombe A ont commencé de la même manière : Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord et Iran ! Du nucléaire civil, ils ont finii par basculer sur le nucléaire militaire.
Dans les deux parties du monde où les velléités expansionnistes motivées par le concept Havila sont évidentes, rien n’empêche le Rwanda de s’inspirer d’Israël et de transformer du fait du génocide les Grands-Lacs en « Proche et Moyen Orient » d’Afrique.
Quand, d’ailleurs, les États-Unis et Israël confirment le Rwanda comme base stratégique de leurs intérêts sécuritaires en Afrique (ils se sont réunis à Kigali une dizaine de jours avant le déclenchement de la guerre d’Iran), c’est que le doute est permis. Après tout, le Rwanda dispose d’un potentiel énergétique énorme avec le gaz méthane du lac Kivu, potentiel qu’il a en partage avec la RDC. Il n’a théoriquement pas besoin d’énergie nucléaire.
Menacer, injurier et surtout mentir
Finalement, la leçon à tirer est la même : pendant que le fretin Rwanda utilise toutes les intelligences disponibles dans tous les coins du monde pour garantir sa survie, notamment au travers du Programme Havila, l’orque Congo est dans les « bruits ».
Les derniers en date sont les empoignades sur fond de juridisme autour de la révision ou du changement de la Constitution pendant que Paul Kagame exploite à fond le judaïsme.
Le plus drôle dans ces affrontements est l’implication des Églises. Alors que pour le Rwanda, on se sert de la Bible pour promouvoir Havila et établir le lien Dieu-Nilotiques (Tutsi), en RDC on se sert de la même Bible pour menacer, injurier et, plus grave, mentir…
Omer Nsongo die Lema
