Justice et diplomatie: Kinshasa et Abidjan unissent leurs forces contre l’argent sale et les contentieux commerciaux
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la RDC, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a reçu en audience ce mardi 26 mai 2026 l’ambassadeur de Côte d’Ivoire accrédité à Kinshasa, SEM François-Xavier Zabavy. Une rencontre au sommet qui a permis d’aborder des dossiers sensibles où la justice et la diplomatie s’entremêlent.
Au centre des discussions : le blanchiment d’argent, fléau qui menace aussi bien les économies ouest-africaine que centrafricaine. Les deux personnalités ont convenu de la nécessité d’un partage d’expertises et d’une harmonisation des procédures judiciaires pour traquer plus efficacement les circuits financiers illicites. « Nos deux pays ont tout à gagner à croiser leurs expériences en matière de traçabilité des flux suspects », a confié une source proche du dossier.
Les litiges commerciaux figuraient également à l’ordre du jour. Avec l’intensification des échanges économiques entre la RDC et la Côte d’Ivoire, notamment dans les secteurs bancaire, des télécommunications et de l’agro-industrie, les différends contractuels se multiplient. L’ambassadeur Zabavy a plaidé pour des mécanismes de résolution plus rapides et plus transparents, afin de rassurer les investisseurs des deux bords.
Enfin, la protection du patrimoine diplomatique a fait l’objet d’échanges approfondis. Le Garde des Sceaux a réaffirmé l’engagement de Kinshasa à garantir pleinement les immunités et la sécurité des missions étrangères sur son sol, un préalable essentiel à toute coopération sereine.
À l’issue de l’audience, Guillaume Ngefa a martelé sa volonté de hisser la coopération judiciaire et diplomatique entre les deux pays à un niveau supérieur. Une déclaration qui n’a rien de rituel : des contacts techniques devraient rapidement se concrétiser, avec en ligne de mire un accord bilatéral renforcé d’ici la fin de l’année.
Ce rapprochement entre Kinshasa et Abidjan intervient dans un contexte où les juridictions nationales sont de plus en plus sollicitées pour répondre à des défis transfrontaliers. En unissant leurs forces, la RDC et la Côte d’Ivoire envoient un signal clair : la justice ne s’arrête pas aux frontières.
Corinne Ontande
