Le mot d’ordre de la ville morte ignoré par les Congolais

0
IMG_202606159_153443874

Selon le Sondage LES POINTS, le mot d’ordre de la ville morte annoncée tambours battants par l’opposition a été complétement ignoré par la population congolaise. Ces citoyens affirment juger les acteurs politiques à partir de leur vécu quotidien : accès à l’emploi, pouvoir d’achat, sécurité, stabilité économique et amélioration des conditions de vie. Ils se disent généralement peu sensibles aux affrontements politiques et aux discours partisans. Pour de nombreux répondants, la faible mobilisation observée dans plusieurs villes du pays constitue le principal indicateur de cet échec politique

Fidèle à sa tradition de baromètre de l’opinion publique, le cabinet Sondage LES POINTS a réalisé du 03 au 04 juin 2026 une vaste enquête auprès des citoyens congolais afin de mesurer les perceptions de la population sur l’actualité politique ayant marqué le début du mois de juin 2026, notamment l’appel à la journée « ville morte » lancé par certains leaders de l’opposition. L’enquête a été menée dans les chefs-lieux des provinces ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Le redressement statistique des résultats a été effectué en fonction des différentes sensibilités politiques présentes dans la société congolaise.

Selon les données recueillies, les sympathisants de l’opposition représentent environ 11 % de la population, ceux de l’Union sacrée 8 %, les organisations de la société civile 5 %, tandis que la plus grande partie des Congolais, soit 76 %, ne se réclame d’aucune tendance politique particulière. L’étude met en évidence le poids déterminant de cette catégorie de citoyens sans appartenance politique déclarée, souvent qualifiée de « majorité silencieuse ».

Pour de nombreux observateurs, c’est cette frange de la population qui influence les grandes orientations sur les manifestations politique du pays. Ces citoyens affirment juger les acteurs politiques à partir de leur vécu quotidien : accès à l’emploi, pouvoir d’achat, sécurité, stabilité économique et amélioration des conditions de vie. Ils se disent généralement peu sensibles aux affrontements politiques et aux discours partisans. À la question de savoir si l’appel à la journée « ville morte » du 3 juin 2026 a constitué un succès ou un échec, les réponses varient selon les sensibilités politiques.

Parmi les sympathisants de l’opposition, 84 % considèrent cette initiative comme un grand succès. À l’inverse, 87 % des sympathisants de la majorité présidentielle la qualifient d’échec. Pour de nombreux répondants, la faible mobilisation observée dans plusieurs villes du pays constitue le principal indicateur de cet échec politique. Les résultats de l’enquête montrent également un niveau de participation relativement faible à cette journée de paralysie des activités. Ainsi, 77 % des personnes interrogées estiment que la participation a été faible, contre 19 % qui la jugent élevée et 4 % qui ne se prononcent pas.

Le Congolais vit au taux du jour

Les commentaires recueillis illustrent les préoccupations quotidiennes de nombreux Congolais. « Nous vivons de nos activités journalières. Une journée sans travailler, c’est une journée sans revenus pour nourrir nos familles », explique un commerçant du marché Gambela à Kinshasa. Un conducteur de taxi-bus interrogé dans la commune de Masina affirme pour sa part : « Les appels à la ville morte pénalisent d’abord les petits travailleurs. Ceux qui vivent de leur commerce ou de leur transport ne peuvent pas se permettre de rester à la maison. »

Plusieurs citoyens affirment que certaines personnes sont restées chez elles davantage par prudence que par conviction politique, craignant d’éventuels actes de vandalisme, des perturbations de circulation ou des incidents isolés. L’enquête révèle une forte inquiétude concernant les conséquences économiques et sociales qu’aurait pu entraîner une adhésion massive à l’appel. À la question : « Si la ville morte avait été largement respectée, quel aurait été son impact sur l’économie et la vie sociale ? », 82 % des répondants estiment que les conséquences auraient été négatives, contre 14 % qui y voient un impact positif et 4 % d’abstention.

Les personnes interrogées évoquent notamment : la baisse des revenus des ménages ; les pertes pour les commerçants et les transporteurs ; les perturbations dans les écoles et universités ; le ralentissement des activités économiques ; les difficultés pour les travailleurs du secteur informel. « Les politiciens passent, mais les pertes restent pour les citoyens », estime une vendeuse du marché central de Kisangani. Pour une grande partie des répondants, les journées ville morte frappent davantage les couches populaires que les décideurs politiques qu’elles visent à interpeller.

À la question de savoir si les personnes sondées étaient d’accord que l’opposition continue à mener des actions de blocage, telles que les journées « ville morte », 75 % des personnes interrogées répondent par l’affirmative, contre 14 % qui s’y opposent et 11 % qui s’abstiennent.

Ce qui indique clairement la volonté ferme de privilégier des actions constructives de dialogue et de proposition plutôt que des actions destructrices de la vie socio-économique. À la question de savoir si l’opposition devrait privilégier des actions constructives de dialogue et de proposition plutôt que des actions de l’esprit de mort comme les journées ville morte, 75 % des personnes interrogées répondent par l’affirmative, contre 14 % qui s’y opposent et 11 % qui s’abstiennent.

De nombreux répondants affirment souhaiter voir émerger une opposition capable de présenter des alternatives crédibles sur les questions de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de la sécurité et du développement économique plutôt qu’aux querelles politiciennes. « Nous voulons des solutions concrètes. Les Congolais attendent des propositions qui améliorent leur quotidien, pas des journées où tout s’arrête », déclare un habitant de la commune de Matete.

D’autres estiment que les acteurs politiques devraient davantage privilégier les débats publics, les institutions républicaines et les mécanismes démocratiques pour faire entendre leurs revendications. Au-delà de l’évaluation de la journée du 3 juin, le sondage met en évidence une aspiration profonde des Congolais à la stabilité, à la préservation des activités économiques et à la cohésion nationale. Selon les conclusions de l’étude, une majorité de citoyens considère que l’avenir de la République démocratique du Congo repose davantage sur le dialogue, le développement économique, la création d’emplois et la recherche de solutions durables aux défis du pays que sur des actions susceptibles de perturber la vie quotidienne de la majorité silencieuse qui est le petit peuple. Pour ces citoyens, la priorité demeure l’amélioration des conditions de vie, la stabilité sociale et l’émergence d’une classe politique capable de défendre ses idées tout en préservant les intérêts économiques et sociaux de la nation.

Le Quotidien

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *