Affrontement du 12 juin 2026 entre l’opposition et le pouvoir

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Selon plusieurs sources contactées, le bilan provisoire des affrontements serait de 4 morts, 32 blessés graves, 302 blessés légers et beaucoup d’arrestations.

Il fallait éviter les pertes en vies humaines. Les manifestations de l’opposition ne manquent jamais dans un pays démocratique où la liberté d’exprimer ses opinions politiques est garantie par la constitution.

Pendant la dictature de Mobutu qui a duré 32 ans au pouvoir, l’opposition faisait parler la rue en organisant des journées ville morte.

Depuis lors, les Congolais ne veulent plus entendre parler d’un pouvoir qui tire en longueur.

La question de changement ou modification de la constitution du 16 février 2006 divise l’opinion.

Pour le pouvoir en place, il faut adapter cette constitution aux réalités du moment. Pour l’opposition, c’est ne pas le moment à cause d’une partie du pays occupée par les rebelles. Modifier la constitution pour le moment, c’est attester ou consacrer une partition de fait. Avec une nouvelle constitution, l’Est devient un autre pays. En Rdcongo, le compteur est remis à zéro. Tout le monde est candidat y compris le président en fonction et même Kabila et ses alliés peuvent se présenter aux élections de 2029.

Quatre morts, 32 blessés graves, 302 blessés légers, beaucoup d’arrestations et déportations pour la journée du 12 juin 2026 lors de la manifestation de l’opposition au Palais du peuple.

Fayulu, Kabund, Sessanga blessés et tabassés par les Forces du progrès.

Les statistiques d’un drame, il faut un témoin.

En 1980, la violence avait atteint des niveaux incroyables: massacres à grande échelle, enlèvements, torture, profanation des cadavres, manipulation des consciences à travers les médias de masse, diffamations, mensonges.

L’état de terreur était imposé par une oligarchie arrogante.

En Ouganda, Rwanda, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo Brazzaville, Rd Congo, les dirigeants politiques n’hésitent pas à utiliser la violence pour se maintenir le plus longtemps au pouvoir.

Beaucoup de pays africains n’ont pas besoin de la démocratie à l’occidental.

Ils ont la nostalgie des empires.

En 1980 en Amérique latine, c’était la même chose, la tourmente.

Charles Antoine dans son ouvrage intitulé « la guerre froide et l’église catholique » préface de Chaude Julien explique le travail d’un témoin oculaire.

Humbles personnages au service de ses semblables, souci constant de préserver une liberté toujours menacée et une dignité toujours bafouée.

Courage tranquille devant la torture et la mort, réflexion audacieuse pour désembourber une pensée et une foi parfois engluée dans la routine, parfois paralysée par la crainte.

Celui qui refuse de se résigner est abattu comme un chien, il faut s’incliner devant l’impensable fatalité.

Avec des débats idéologiques biaisés par ignorance, par lâcheté, ou par opportunisme, expliquer le comportement d’un pouvoir qui recourt à la violence n’est pas toujours aisée pour un journaliste engagé qui a le souci de rendre compte, en disant la vérité.

Il faut donc la libre parole d’un authentique témoin, mieux l’exigence d’une lucidité d’un homme qui sans doute pourrait reprendre sur son compte les propos d’Antoine de Saint Exupéry : le métier de trois m’a toujours fait horreur. Que suis-je si je ne participe pas. J’ai besoin pour être, de participer.

On ne peut pas bien raconter ou restituer un événement non vécu.

Qu’il s’agisse d’un écrivain qui décrit un drame comme Albert Camus dans son roman intitulé la Peste, ou d’un journaliste qui décrit le drame de Mpila au Congo Brazzaville, le mensonge ou la falsification des faits n’est pas envisageable.

Dans un régime dictatorial, la grande difficulté se situe au niveau de la peur de dire la vérité.

Beaucoup de pays africains n’ont pas besoin de la démocratie pour se développer.

Alex Tutukala

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