Coupe du Monde : Le coup de force des Léopards

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Bousculée d’entrée par le Portugal, la République Démocratique du Congo a fait preuve d’un tempérament de feu pour arracher un nul amplement mérité (1-1). Portés par un Yoane Wissa des grands soirs, les hommes de Sébastien Desabre ont prouvé qu’ils savaient regarder les cadors européens les yeux dans les yeux.

On craignait le pire pour les Léopards après seulement six minutes de jeu. Sur un centre millimétré de Pedro Neto, le jeune crack du PSG João Neves s’élevait plus haut que tout le monde pour glacer la défense congolaise d’une tête décroisée imparable (1-0, 6e). Un coup de massue qui aurait pu faire couler plus d’une équipe. Pas cette RDC.

Piqués au vif, les fauves ont immédiatement sorti les griffes. Sous l’impulsion d’un Edo Kayembe chef d’orchestre du milieu de terrain, obligeant même Bernardo Silva à prendre un carton jaune précoce (13e), la RD Congo a progressivement éteint le jeu de possession des Lusitaniens. Kayembe, encore lui, faisait passer un premier frisson dans les travées sur une lourde frappe lointaine détournée in extremis par Diogo Costa (33e).

La délivrance est finalement venue au meilleur des moments, juste avant la pause. Sur un énième corner botté avec précision, Arthur Masuaku déposait le cuir au second poteau pour Yoane Wissa, dont la tête rageuse faisait trembler les filets portugais (1-1, 45e+5). Une égalisation synonyme de justice tant les Léopards ont dominé la fin du premier acte.

La seconde période s’est résumée à une guerre de tranchées tactique. Malgré l’entrée de Francisco Conceição, intenable sur son côté droit, et les tentatives répétées d’un Cristiano Ronaldo sevré de ballons et maladroit (68e, 74e, 90e+2), l’arrière-garde congolaise, solidement articulée autour d’un Steve Kapuadi impérial, n’a jamais rompu. En fin de match, le poison Yoane Wissa continuait de martyriser la défense portugaise, provoquant les cartons jaunes de Nélson Semedo (88e) et de Tomás Araújo (90e+2). Au coup de sifflet final, c’est un sentiment de fierté légitime qui dominait côté congolais : la RD Congo a du répondant, et le Portugal s’en souviendra.

Masuaku-Wissa, la connexion fatale 

Alors que le quatrième arbitre venait d’annoncer quatre minutes de temps additionnel et que le Portugal pensait rentrer aux vestiaires avec son maigre avantage, la RDC a poussé. Une succession de corners obtenus par la hargne de Moutoussamy a fini par faire craquer le bloc de Roberto Martínez. Le centre parfait de Masuaku a trouvé la tête d’un Wissa plus déterminé que toute la défense adverse. Un but psychologique qui a totalement changé la physionomie de la seconde mi-temps.

Yoane Wissa, le dynamiteur

Si Cristiano Ronaldo a traversé la rencontre comme une ombre frustrée, Yoane Wissa a illuminé la partie par son activité incessante. Aligné sur le front de l’attaque, le joueur de Newcastle a été un danger de tous les instants. Buteur plein d’opportunisme juste avant la mi-temps, il a ensuite usé la charnière portugaise par ses appels et ses conservations de balle. En fin de match, c’est encore lui qui dicte le tempo, subissant fautes sur fautes et provoquant l’exclusion mentale des défenseurs portugais. Un match de patron.

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