À « Jeune Afrique », l’ancien Premier ministre sous Joseph Kabila devenu VPM en charge du Budget sous Félix Tshisekedi déclare : «En temps de guerre, la légitimité consiste d’abord à libérer le pays : regardez le cas de l’Ukraine où Volodymyr Zelensky est encore au pouvoir». Il s’abstient toutefois de préciser que l’Ukraine – à la différence de la RDC – n’est pas actuellement soumise à l’épreuve de la révision ou du changement de Constitution ! Elle a fait preuve d’intelligence et de lucidité en proclamant la loi martiale dès la perpétration de l’agression. Pour ce faire, le Pouvoir ukrainien s’est référé à l’alinéa 2 de l’article 157 de la loi fondamentale selon lequel : »La Constitution de l’Ukraine ne peut être révisée au cours de la période ou s’applique la loi martiale ou l’état d’urgence ».
Qu’en est-il de la RDC ?
De la loi martiale en Ukraine, Intelligence Artificielle (IA) dit ceci : »La loi martiale est en vigueur en Ukraine depuis l’invasion russe du 24 février 2022. Le Parlement ukrainien l’a de nouveau prolongée de 90 jours, jusqu’au 31 octobre 2026. Ce régime exceptionnel suspend de nombreuses libertés constitutionnelles et impose des mesures strictes » :
« Restrictions de circulation : Un couvre-feu est appliqué sur la quasi-totalité du territoire ».
« Mobilisation : La mobilisation générale interdit aux hommes âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays » ;
« Autorité : L’armée et l’administration disposent de pouvoirs élargis, incluant la possibilité de réquisitionner des biens et d’interdire les manifestations ».
Or, qu’en est-il de la RDC ?
Si l’Ukraine a proclamé la loi martiale le 24 février 2022 (soit le jour même de l’invasion ou de l’agression russe), en RDC l’état de siège a été proclamé le 3 mai 2021 par ordonnance n° 21/016 alors que, selon tous les moteurs de recherche Internet, la relance de la guerre de l’Est sous le couvert du M23 se situe autour de novembre 2021 !
Ce qui laisse supposer que la proclamation de l’état a précédé l’invasion rwandaise via le M23.
On ne serait d’ailleurs pas surpris d’apprendre que le Gouvernement congolais ignore jusque-là tout de la date exacte du début de la guerre imposée au pays !
Ce qui serait un comble !
Référendum pour un Kivuland plus à portée de Kigali que de Kinshasa
L’exercice de comparaison auquel vient de se livrer Adolphe Muzito relève la difficulté qu’éprouvent dans l’exécution de leurs charges plusieurs membres de l’Usn pour qui Félix Tshisekedi est réduit à une assistance-vie. Pendant que les plus efficaces travaillent en silence en se contentant des tâches qui leur sont assignées, les plus zélés font le choix de la médiatisation pour lui exprimer leur attachement.
Et là, ils se livrent eux-mêmes en spectacles. Comme c’est justement le cas du VPM Adolphe Muzito.
Dans son interview à « Jeune Afrique », non seulement qu’il se fourvoie à propos de Volodymyr Zelensky en Ukraine, mais il voit déjà Félix Tshisekedi en poste en 2035 !
« D’ici à 2035, Tshisekedi fera de la RDC la troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne », dit-il, sans se préoccuper des conséquences politiques pouvant en découler.
En fait, il est dans le schéma du changement de la Constitution à n’importe quel prix. Dont celui d’un référendum constitutionnel partiel susceptible de « soudaniser » le Congo !
Dire qu’il se fait chantre d’une invasion du Rwanda par la RDC et de l’érection d’un mur entre les pays sur le modèle États-Unis/Mexique.
Dire aussi que le référendum constitutionnel devant permettre à Félix Tshisekedi de rester en fonction jusqu’à 2035 pourrait faire du Kivu un no man’s land ou un hinterland, mieux un Kivuland qui resterait plus à portée de Kigali que de Kinshasa !
DES LANGUES LAUDATRICES SE DÉLIENT
Lorsque des intellectuels se « désinttectualisent », c’est que généralement ils veulent se tirer d’une situation délicate !
Adolphe Muzito y est de plain-pied étant donné que ses prévisions budgétaires de USD 22 milliards pour l’exercice 2028 font flop !
Le Gouvernement est à la recherche désespérée des moyens financiers pour faire face à ses charges dont l’effort de guerre qui obère sérieusement les recettes budgétaires.
Bref, l’ex-Premier ministre sous Joseph Kabila est aujourd’hui dans le même état qu’un certain Faustin Birindwa sous Mobutu.
Passant pour éminence grise de l’Udps en macroéconomie, Birindwa avait lancé le zaïre-monnaie. En moins de six mois, son plan de réforme monétaire initialement réservée à l’Udps sombra.
L’Histoire est en train de se répéter. À « Jeune Afrique », Adolphe Muzito a cherché à charmer le chef de l’État en déclarant également : »À titre de comparaison, Joseph Kabila a multiplié le budget par quatre en vingt ans, alors que Félix Tshisekedi l’a multiplié par cinq en moins de dix ans». Ce qui est vrai.
Mais, il ne dit pas que Félix Tshisekedi a trouvé un terrain économique et financier aménagé par la conjonction favorable des effets du Nouveau Code Minier promulgué en 2018 et du Contrat sino-congolais devenu véritablement opérationnel en 2016 avec la première production de Sicomines. Impossible d’en nier les évidences.
Macroéconomiste, Adolphe Muzito le sait.
On aurait bien souhaité le voir appliquer sa comparaison également aux dépenses révélées par Nicolas Kazadi.
En vérité, il n’est pas facile par ces temps d’être de l’Udps ou de l’Usn et se taire si on veut témoigner à Félix Tshisekedi de son soutien.
La tradition établie est qu’à l’annonce de tout changement ou de tout remaniement du Gouvernement, des langues laudatrices se délient.
Peu importe qu’elles se discréditent ! Surtout quand la machine à diaboliser de l’Udps reprend sa raison d’existence depuis les années 1990 : « excellent Tshisekedi victime d’un entourage malveillant, méchant, médiocre ».
Hier pour sauver le soldat Etienne. Aujourd’hui le soldat Félix !
PROCHAINEMENT : »Tous mauvais, sauf Félix Tshisekedi ! Le Président a tout à gagner à se ressaisir !
Omer Nsongo die Lema
