Le Burkina Faso veut poursuivre son rêve face à une Afrique du Sud dos au mur

Après avoir enfin débloqué leur compteur en phase finale, les Burkinabè ont changé de dimension. Ce premier succès continental a insufflé une foi nouvelle à tout un groupe. Les sourires sont revenus, les épaules se sont redressées et le vestiaire affiche désormais une sérénité qui contrastait avec les débuts du tournoi.
Le coup de sifflet final de leur succès 2-1 face à la Tanzanie, vendredi dernier au stade Larbi Zaouli de Casablanca, a libéré une immense émotion. Les joueuses ont célébré cette victoire historique avec leurs centaines de supporters dans une ambiance inoubliable.
C’est avec cet élan que les joueuses d’Issa Balboné abordent leur confrontation face aux championnes d’Afrique en titre, l’Afrique du Sud, qui n’a récolté qu’un seul point en deux rencontres.
Le Burkina Faso rêve d’un nouvel exploit
Cette CAN Féminine 2026 ne cesse de réserver son lot de surprises. Entre exploits inattendus et scénarios renversants, le Burkina Faso entend bien poursuivre cette dynamique en faisant tomber l’une des grandes puissances du continent.
Classées 118es au classement FIFA et 16es en Afrique, les Burkinabè partiront une nouvelle fois avec le statut de l’outsider face à une sélection sud-africaine 57e mondiale et deuxième nation africaine. Un statut qui ne semble en rien les impressionner.
« Après notre défaite (4-1) contre la Côte d’Ivoire, les joueuses se sont promis de nous faire rêver, et elles l’ont fait. Nous avons obtenu notre première victoire dans cette compétition et notre destin est désormais entre nos mains. Nous sommes totalement concentrés sur ce match contre l’Afrique du Sud. Nous allons tout donner pour gagner et nous qualifier pour les quarts de finale », affirme le sélectionneur Issa Balboné.
Les Étalons Dames découvriront pour la première fois une équipe d’Afrique australe en phase finale, mais cette nouveauté ne freine pas leur enthousiasme.
Pour la défenseure Alimata Belem, l’enjeu dépasse largement une simple qualification.
« Nous avons l’occasion de continuer à écrire l’histoire de notre pays. Une victoire représenterait énormément pour nous et pour tout le peuple burkinabè. Nous sommes prêtes et déterminées à prendre les trois points », assure-t-elle.
Le défi sera inédit à plus d’un titre puisque le Burkina Faso n’a encore jamais affronté une ancienne championne d’Afrique en CAN Féminine. Les 19 tirs, dont sept cadrés, tentés contre la Tanzanie nourrissent néanmoins les ambitions offensives des Burkinabè avant ce rendez-vous décisif.
Les Banyana Banyana s’appuient sur leur expérience
L’Afrique du Sud connaît ce genre de situation. Les Banyana Banyana abordent une nouvelle fois un match couperet avec l’obligation de s’imposer pour poursuivre la défense de leur titre continental.
Pour la sélectionneure Desiree Ellis, la capacité de son équipe à réagir dans les moments les plus difficiles constitue sa principale force.
« Au fil des années, cette équipe a toujours montré sa résilience. Je repense notamment à la Coupe du monde contre l’Italie. Nous savions exactement ce que nous devions faire et nous avons obtenu la victoire. Cette équipe ne renonce jamais avant le coup de sifflet final », rappelle-t-elle.
Le parallèle avec la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023 est évident. Battues d’entrée par la Suède (2-1), les Sud-Africaines avaient ensuite concédé un nul face à l’Argentine (2-2) avant de battre l’Italie pour décrocher une qualification historique pour les huitièmes de finale, grâce à un but de Thembi Kgatlana dans le temps additionnel.
« Cette équipe est composée de véritables combattantes. Contre le Burkina Faso, ce sera encore une bataille et nous sommes prêtes. Nous devons retenir les aspects positifs et faire preuve d’une grande force mentale. J’ai une confiance totale dans ce groupe. Notre état d’esprit n’a jamais faibli. »
Titulaire lors du match nul (2-2) contre la Côte d’Ivoire après avoir remplacé Andile Dlamini dans les buts, Swart assure que cette alternance ne perturbe en rien l’équilibre du groupe.
« Nous sommes une famille. Nous sommes très proches, sur le terrain comme en dehors. Nous savons qu’il n’y a qu’une seule gardienne qui peut jouer, mais cela ne change rien à notre relation. »
Après le spectaculaire retour contre la Côte d’Ivoire, les images des gardiennes Swart et Dlamini échangeant avec Kebotseng Moletsane sur le bord du terrain ont illustré cette solidarité.
À l’approche du rendez-vous face au Burkina Faso, Swart mesure pleinement l’enjeu.
« Je suis impatiente de disputer ce match. Qui aurait imaginé, au moment du tirage au sort, que nous serions dans cette situation ? Ce groupe est devenu le véritable groupe de la mort. Cela montre à quel point le football féminin africain progresse. Nous nous inspirons de l’Espagne, qui avait perdu 4-0 contre le Japon avant de remporter la Coupe du Monde Féminine 2023. Je ne peux pas promettre que nous gagnerons ce tournoi, mais vivre ce type de pression est un privilège. »
La stat du jour
Le Burkina Faso, qui n’a encore jamais terminé un match sans encaisser de but en phase finale de la CAN Féminine, se qualifiera pour les quarts de finale en cas de victoire ou de match nul face à l’Afrique du Sud.
De son côté, l’Afrique du Sud est invaincue lors de son dernier match de groupe depuis sept éditions consécutives et a toujours franchi le premier tour sous la direction de Desiree Ellis
