L’IGF dévoile son Plan stratégique 2026-2028 et mise sur le contrôle systémique pour moderniser le contrôle des finances publiques

L’Inspection Générale des Finances (IGF) entend franchir une nouvelle étape dans la modernisation du contrôle des finances publiques. Au cours d’un Spécial Briefing Presse, le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe a reçu le nouvel Inspecteur général des finances, chef de service, afin d’expliquer à l’opinion publique les nouvelles orientations de cette institution de contrôle.
En introduction, le ministre a présenté son invité comme un universitaire et un haut fonctionnaire ayant consacré trente-cinq années de carrière à l’Inspection Générale des Finances. Il a rappelé que cette institution occupe une place essentielle dans le dispositif de contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo et qu’elle est appelée à renforcer davantage son efficacité face aux nouveaux défis de gouvernance.
Prenant la parole, l’Inspecteur général des finances, chef de service, a rappelé que l’IGF est une institution créée en 1968 pour assurer le contrôle des finances publiques. Selon lui, l’institution a connu une nouvelle dynamique ces dernières années grâce à la volonté des autorités du pays de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.
L’essentiel de son intervention a porté sur la présentation du Plan stratégique triennal 2026-2028, un document qui fixe la feuille de route de l’institution pour les trois prochaines années. Ce plan vise principalement à transformer les méthodes traditionnelles de contrôle afin de les adapter aux exigences de la gouvernance moderne.
L’Inspecteur général a expliqué que l’IGF ambitionne désormais de passer d’un contrôle essentiellement ponctuel à un contrôle systémique, reposant sur l’exploitation des technologies numériques et des données financières. Cette approche permettra de suivre en permanence les mouvements financiers des administrations et des entreprises publiques sans attendre la réalisation des irrégularités avant d’intervenir.
Selon lui, la digitalisation permettra aux inspecteurs d’analyser les données avant même les descentes sur le terrain, d’identifier rapidement les risques, de croiser les informations provenant de plusieurs administrations et de mener des interventions ciblées avec davantage d’efficacité.
Répondant aux préoccupations du ministre sur les difficultés liées à cette réforme, l’Inspecteur général a reconnu que la principale contrainte demeure la faible interconnexion des systèmes d’information des services publics. Il a toutefois assuré que l’IGF entend accompagner progressivement la digitalisation de l’administration afin de disposer d’informations fiables et complètes sur l’ensemble des flux financiers de l’État.
Au cours des échanges avec les journalistes, plusieurs préoccupations ont été soulevées, notamment la place des patrouilles financières dans ce nouveau dispositif, la qualité des données utilisées, la cybersécurité, le financement de la réforme ainsi que la lutte contre la fraude et la corruption.
À ce sujet, l’Inspecteur général a précisé que les patrouilles financières ne seront pas abandonnées. Elles continueront d’être utilisées en complément du contrôle systémique, mais les nouvelles technologies permettront d’améliorer leur efficacité grâce à une meilleure préparation des missions et à une exploitation plus poussée des informations disponibles.
Il a également indiqué que la stratégie de l’IGF repose sur une vision globale de l’État considéré comme un système composé de plusieurs sous-systèmes économiques, financiers, fiscaux, douaniers et administratifs. L’interconnexion de ces différents systèmes permettra d’améliorer la prévention des irrégularités, de sécuriser les recettes publiques et d’optimiser les interventions des inspecteurs.
Évoquant les résultats des patrouilles financières menées ces dernières années, l’Inspecteur général a estimé que celles-ci ont contribué à améliorer la discipline budgétaire, à renforcer les procédures de passation des marchés publics, à assainir certaines entreprises publiques et à réduire plusieurs pratiques irrégulières dans la gestion des ressources publiques.
Concernant la mise en œuvre du Plan stratégique 2026-2028, il a annoncé que l’installation des principales infrastructures numériques débutera dès cette année. Une phase pilote est prévue avant un déploiement progressif du contrôle systémique dans les principales administrations financières du pays.
En conclusion, l’Inspecteur général des finances a lancé un appel à l’adhésion de toutes les institutions publiques à la transformation numérique. Pour lui, la digitalisation constitue désormais un levier incontournable pour améliorer la gouvernance, renforcer la transparence et assurer une gestion plus efficace des finances publiques. Il a affirmé que cette réforme permettra à l’IGF d’exercer un contrôle plus moderne, plus rapide et davantage orienté vers la prévention que vers la seule répression des irrégularités.
Becky Kabongo
