Christophe Bitasimwa présente le Plan stratégique 2026-2028 de l’IGF axé sur le contrôle systémique

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Le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a reçu dans un Spécial Briefing l’Inspecteur général des finances, chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, dans le cadre d’un exercice de redevabilité consacré à la présentation du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’Inspection Générale des Finances (IGF).

En ouvrant les échanges, Patrick Muyaya a rappelé le parcours du nouveau patron de l’IGF, professeur d’université et haut cadre ayant consacré trente-cinq années de sa carrière à cette institution de contrôle. Il a souligné que cette rencontre visait à permettre à la population de mieux comprendre les réformes engagées au sein de l’Inspection Générale des Finances ainsi que les nouvelles orientations destinées à renforcer l’efficacité du contrôle des finances publiques.

Le ministre a rappelé que l’IGF demeure un acteur majeur dans la promotion de la bonne gouvernance financière en République démocratique du Congo. Il a notamment interrogé son invité sur le rôle actuel de cette institution dans l’architecture financière de l’État ainsi que sur les innovations qui seront introduites au cours des prochaines années.

Prenant la parole, Christophe Bitasimwa Bahii a rappelé que l’Inspection Générale des Finances, créée en 1968, constitue l’organe supérieur chargé du contrôle des finances publiques. Il a indiqué que l’institution connaît aujourd’hui une nouvelle dynamique grâce au soutien des plus hautes autorités du pays et à la volonté d’améliorer durablement la gouvernance financière.

L’Inspecteur général des finances a ensuite présenté les grandes lignes du Plan stratégique triennal 2026-2028, une feuille de route destinée à transformer profondément les méthodes de contrôle de l’IGF. Selon lui, cette réforme marque le passage d’un contrôle essentiellement manuel et ponctuel vers un contrôle systémique, fondé sur la digitalisation, l’exploitation des données et l’analyse permanente des flux financiers.

« Notre ambition est de passer d’un contrôle ponctuel à une surveillance permanente et intelligente des finances publiques grâce aux outils numériques », a expliqué Christophe Bitasimwa Bahii.

Il a précisé que cette nouvelle approche permettra aux inspecteurs d’accéder rapidement aux informations financières, d’analyser les risques avant les descentes sur le terrain, de croiser les données provenant de plusieurs administrations et de réaliser des interventions plus ciblées et plus efficaces.

Interrogé par Patrick Muyaya sur les défis liés à cette transition, le chef de service de l’IGF a reconnu que l’un des principaux obstacles reste la faible interconnexion des systèmes d’information des administrations publiques. Il a néanmoins assuré que la digitalisation progressive des services de l’État permettra de disposer, à terme, d’une vision globale des circuits financiers afin de renforcer la prévention des irrégularités.

Au cours de l’émission, plusieurs journalistes ont également interrogé l’Inspecteur général sur l’avenir des patrouilles financières, la fiabilité des données, la cybersécurité, la mobilisation des recettes publiques ainsi que le financement de cette vaste réforme.

En réponse, Christophe Bitasimwa Bahii a précisé que les patrouilles financières ne disparaîtront pas. Elles évolueront pour compléter le contrôle systémique, qui offrira une capacité de surveillance permanente des opérations financières grâce aux technologies numériques. Les missions de terrain continueront d’être organisées, mais elles seront désormais préparées sur la base d’analyses de données permettant d’identifier avec précision les zones de risque.

L’Inspecteur général a également indiqué que cette transformation permettra à l’IGF de renforcer la lutte contre la fraude, les détournements des deniers publics et les irrégularités dans la gestion des ressources de l’État. Selon lui, l’objectif est de privilégier davantage la prévention des risques plutôt que d’intervenir uniquement après la commission des infractions.

S’agissant de la mise en œuvre du Plan stratégique 2026-2028, Christophe Bitasimwa Bahii a annoncé que les principales infrastructures numériques seront progressivement installées afin de permettre le lancement d’une phase pilote avant la généralisation du contrôle systémique.

En clôturant cette émission de redevabilité, Patrick Muyaya Katembwe a salué cette vision de modernisation de l’Inspection Générale des Finances. Pour sa part, Christophe Bitasimwa Bahii a lancé un appel à l’accompagnement de toutes les institutions publiques dans cette transformation numérique qu’il considère comme indispensable pour améliorer durablement la gouvernance, protéger les finances publiques et renforcer la transparence dans la gestion de l’État.

 

Becky Kabongo

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