Bénin: Un ancien président au Sénat !

Le 6 août 2026, le Bénin a adressé un message politique fort au continent. Quelques semaines après avoir quitté la présidence de la République, Patrice Talon a été élu président du Sénat. Que l’on partage ou non cette évolution, l’ancien chef de l’État continue d’exercer son influence dans le cadre des institutions.
Pour la RDC, la comparaison mérite d’être affinée. Le pays n’a pas échoué à organiser l’après-pouvoir. La Constitution confère aux anciens présidents élus la qualité de sénateurs à vie, tandis que la loi n° 18/021 du 26 juillet 2018 leur garantit un statut, des droits et des moyens. Autrement dit, le cadre institutionnel existe bel et bien.
Le problème est avant tout d’ordre idéologique et républicain. Encore faut-il que les anciens chefs de l’État choisissent de demeurer dans ce cadre. C’est là que réside la véritable différence. Un ancien président qui poursuit son engagement politique au sein des institutions consolide l’État.
À l’inverse, lorsqu’un ancien chef de l’État est accusé par les autorités nationales et certains partenaires internationaux de soutenir une rébellion, ce n’est plus le cadre institutionnel qui est en cause, mais la fidélité aux institutions de la République. L’intéressé conteste naturellement ces accusations.
La leçon du Bénin n’est donc pas de créer un Sénat pour les anciens présidents. La RDC l’a déjà fait. Aucune ambition politique ne devrait conduire un ancien chef de l’État à quitter le cadre républicain.
La solidité d’une démocratie ne se mesure pas uniquement à sa capacité d’organiser l’alternance. Elle se mesure aussi à la capacité de ceux qui ont exercé le pouvoir d’accepter que leur influence continue de s’exprimer par les institutions, et jamais par la violence.
C’est à cette condition que les anciens chefs d’État demeurent au service de la République, plutôt que de devenir des facteurs d’instabilité.
Nico Minga
