Affaire Tenke Fungurume Mining: Et si les révélations cachaient une guerre économique entre l’Occident et la Chine ?

Au-delà du scandale : les dessous géopolitiques des accusations contre Tenke Fungurume Mining.
Nous voyons beaucoup de réactions virulentes dans les commentaires. C’est légitime ! Cependant, entant qu’intellectuels, nous sommes obligés de nous poser quelques questions tout aussi légitimes:
1. Qui ont mené ces enquêtes ?
Ces prétendues révélations ont été faites principalement par le quotidien britannique Financial Times et l’Organisation néerlandaise Lighthouse reports, en collaboration avec le média français Le monde. Et la diffusion a été assurée entre autres par le monde et la RFI.
2. D’où viennent ces informations ?
Les informations ayant permis d’arriver à ces conclusions sont venues d’une part de l’AIEA, Notamment un mémorandum datant de 2009, alors que cette mine de TFM était contrôlée par des entreprises américaine et canadienne. Avant que la Chine n’en prenne le contrôle en 2016.
L’autre Source, ce sont des documents prétendument internes du groupe chinois CMOC qui détiennent 80% des parts dans cette mine. Bizarrement c’est la période allant de 2016 à 2020 qui est incriminée. Juste la période où la Chine contrôle cette mine. On a carrément fait abstraction des années antérieures où la mine était sous le contrôle des américains et des Canadiens.
Aussi, on parle d’une étude scientifique ménée à cet effet. Une étude dont les méthodes laissent à désirer. Nous vous invitons à y jeter un coup d’oeil.
3. Ce qui peut se cacher derrière ces accusations?
Sachez que la mine de Tenke Fungurume Mining dont il est question ici, était détenue à 56% par la société américaine Phileps Dodge avant que l’autre société américaine Freeport-MCMoran ne rachète toutes ses parts, aussi 24% étaient détenus par le Canadien Lundin Mining et 20 % par la Gecamines.
C’est en 2016 que le groupe Chinois Molybdenum, aujourd’hui CMOC, avait racheté les 56% de Freeport-MCMoran( USA), et ensuite les 24% de Lundin mining ( Canada), détenant ainsi 80% de la mine.
Mais pourquoi les Canadiens et les Américains sont partis en 2016-2017? Beaucoup de raisons sont évoquées, mais les principales sont: la baisse des cours des matières premières, la priorisation d’autres pays et les risques plus élevés en RDC.
Les Chinois, eux, avaient accepté d’affronter tout ça pour rester en RDC, car ils avaient une vision à moyen et long termes. Aujourd’hui ça paie. Ils ont un grand avantage dans ce minerais stratégique dont la RDC possède 2/3 des réserves; en plus du quasi-monopole qu’ils ont pour les terres rares. Les Occidentaux semblent vouloir revenir pour arracher ou disputer à la Chine ce qu’ils ont fui en 2016.
Bref. Cette question est plus complexe et plus stratégique que c’en a l’air. Les autorités et le peuple congolais sont appelés à comprendre cette question dans sa profondeur pour ne pas tomber dans la manipulation. Pour bien défendre le pays, il faut avoir une vision stratégique des événements et ne pas réagir de façon émotionnelle. les enquêtes sont menées par des médias et organisations occidentales. Les sociétés qui veulent reprendre le contrôle du cobalt du TFM sont aussi occidentales. C’est suspect !
L’AIEA qui semble appuyer ces accusations est dirigée par un français et on connaît comment cette organisation internationale est accusée d’être manipulée dans les affaires telles que celle du nucléaire iranien ou de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine.
