Pourquoi Kigali abat-il son ultime carte pour discréditer les accords de Washington ?

La réponse remonte à l’ère Clinton, époque à laquelle le régime du FPR a bénéficié d’un blanc-seing de l’administration américaine, lui évitant ainsi d’être poursuivi pour les atrocités commises au Rwanda en 1994.
Comme le rappelle fort bien Nic Nicaise (page 197 de son ouvrage Les rébellions rwandaises au Kivu (1996-2024)) :
« Dans ses Mémoires intitulés Madame la Procureure, Carla Del Ponte raconte comment, en 2003, elle fut appelée à Washington pour rencontrer Pierre Prosper, ambassadeur des États-Unis chargé des crimes de guerre. Celui-ci l’aurait avertie que si elle concrétisait son projet de mettre en accusation Paul Kagame ainsi que les membres de son gouvernement et de l’armée patriotique rwandaise (APR), elle serait démise de ses fonctions de procureur général du tribunal des Nations unies. L’accord repris dans ledit document concernait les investigations spéciales à l’encontre des criminels du FPR et confirmait que le bureau du procureur (BDP) détient une liste des lieux où des massacres sont susceptibles d’avoir été commis en 1994 par des membres de l’Armée patriotique rwandaise. Il accordait à Kagame une immunité légale en matière de crimes de guerre et de terrorisme. Il permettait aux criminels de devenir leurs propres enquêteurs. Quelques mois plus tard, Del Ponte fut évincée de son poste. »
Cependant, dans le cas de la RDC, la dynamique s’inverse : les nouveaux accords de Washington visent précisément à briser cette impunité face au pillage des ressources congolaises par le Rwanda, garantissant ainsi que le Congo puisse enfin faire profiter ses propres richesses aux générations futures.
