RDC : Le Dialogue, une chance historique pour reconstruire l’unité nationale

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Après l’adresse à la Nation du 27 août 2026, le temps est venu de dépasser les clivages et de remettre le peuple au centre

(Par Patience Kimina Phongo)
Présidente de la Diaspora Congolaise Émergente (DCE) — Initiatrice du Courant 66 (C-66)

L’adresse à la Nation de Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo, ce jeudi 27 août 2026, restera certainement comme l’un des moments importants de cette période de notre histoire nationale. Elle mérite d’être saluée, particulièrement pour la volonté affichée d’ouvrir la voie au dialogue intercongolais.

Dans un pays qui porte encore les blessures de plusieurs décennies de crises, de conflits et de divisions, accepter de se parler est déjà un acte de responsabilité. Le dialogue n’est pas une faiblesse. Il est une preuve de maturité politique et de patriotisme.

Mais cette nouvelle dynamique ne prendra tout son sens que si elle dépasse les calculs politiques et devient véritablement une démarche nationale.

Le Congo doit se retrouver autour de l’essentiel

Notre pays n’a pas seulement besoin d’un dialogue entre acteurs politiques. Il a besoin d’un dialogue de la Nation avec elle-même.

Majorité présidentielle, opposition, partis et regroupements politiques, société civile, organisations citoyennes, confessions religieuses, femmes, jeunes, universitaires, acteurs économiques et diaspora : toutes ces forces représentent une partie de la République.

Leurs visions peuvent être différentes. Leurs convictions peuvent même être profondément opposées. Mais une chose devrait les unir : la volonté de préserver la Nation congolaise et de construire son avenir.

Nous devons apprendre à ne plus considérer celui qui pense autrement comme un adversaire de la République.

On peut être opposant sans être ennemi du pays.
On peut soutenir le pouvoir sans renoncer à son esprit critique.
On peut être de sensibilités différentes et défendre la même Nation.

C’est cette culture politique que le dialogue devrait contribuer à faire émerger.

La vision de la Diaspora Congolaise Émergente

C’est dans cette perspective que s’inscrit la Diaspora Congolaise Émergente (DCE).

Depuis notre engagement auprès des Congolais vivant aux États-Unis, nous défendons une conviction simple : la diaspora ne doit pas être spectatrice de l’histoire de la RDC. Elle doit pouvoir contribuer à son avenir.

Notre vision repose sur quatre valeurs : unité, dialogue, responsabilité et contribution.

La diaspora congolaise dispose d’un potentiel considérable : compétences professionnelles, expertise, réseaux internationaux, expérience démocratique, ressources intellectuelles et capacité de mobilisation.

Mais ce potentiel ne pourra réellement servir la République que si nous dépassons les divisions qui traversent également notre communauté à l’étranger.

La DCE veut donc être une force de rapprochement, une passerelle entre les Congolais, entre les générations et entre les différentes sensibilités.

Notre ambition n’est pas de remplacer les acteurs politiques. Elle est de contribuer, dans notre domaine, à créer les conditions d’une participation constructive de la diaspora à la vie nationale.

« Le peuple avant tout »

Cette même vision inspire le Courant 66 (C-66), une initiative citoyenne fondée autour d’un principe essentiel : « Le peuple avant tout. »

Le C-66 considère que les intérêts politiques, personnels ou partisans ne peuvent être placés au-dessus de l’intérêt supérieur de la Nation.

L’article 66 de la Constitution rappelle à chaque Congolais son devoir de contribuer à la sauvegarde de la République. Cet esprit doit aujourd’hui retrouver toute sa force.

Le moment est venu de faire de cet engagement une réalité.

La République doit être plus grande que nos partis.
La Nation doit être plus forte que nos querelles.
L’avenir de nos enfants doit dépasser nos ambitions personnelles.

Voilà pourquoi le C-66 encourage toutes les forces politiques et sociales à saisir l’opportunité du dialogue.

Au Chef de l’État : transformer l’ouverture en rassemblement

Au Président de la République, notre message est simple : l’ouverture du dialogue constitue une opportunité qu’il faut préserver et élargir.

Nous encourageons le Chef de l’État à faire de ce processus un espace suffisamment inclusif pour permettre aux différentes composantes de la Nation de s’exprimer dans le respect et la responsabilité.

Le véritable succès d’un dialogue ne se mesurera pas seulement au nombre de participants autour d’une table. Il se mesurera à sa capacité à rétablir la confiance, réduire les fractures et produire des solutions concrètes pour le peuple congolais.

La DCE et le C-66 sont prêts, dans leurs domaines respectifs, à apporter leur contribution à cette dynamique nationale, notamment dans la mobilisation citoyenne, la communication, la sensibilisation et la participation de la diaspora.

Une responsabilité collective

Il serait cependant dangereux de faire reposer tout le poids de cette démarche sur le seul Chef de l’État.

Le dialogue est une responsabilité collective.

Aux forces politiques, il appartient de faire preuve de dépassement.

À la société civile, de défendre l’intérêt général avec indépendance et responsabilité.

À la diaspora, de transformer ses compétences et son influence en contribution constructive.

À la jeunesse, de refuser que son avenir soit prisonnier des querelles du passé.

Et à chaque Congolais, il revient de comprendre que nous pouvons avoir des opinions différentes sans cesser d’être un seul peuple.

Ne ratons pas cette occasion

La RDC a connu beaucoup de rendez-vous historiques. Certains ont produit de l’espoir. D’autres ont laissé derrière eux de nouvelles frustrations.

Cette fois, nous devons faire autrement.

Le dialogue ne doit pas être une parenthèse.

Il doit être le commencement d’une nouvelle culture politique congolaise : une culture où l’on écoute avant de condamner, où l’on discute avant de s’affronter et où l’intérêt du peuple prime sur les intérêts particuliers.

Le 27 août 2026 peut ainsi devenir davantage qu’une date politique. Il peut être le point de départ d’un nouveau chapitre.

À condition que nous ayons tous le courage de franchir la même porte.

Le Chef de l’État a ouvert la porte du dialogue.
Les forces politiques doivent avoir le courage de la franchir.
La société civile doit contribuer à construire les passerelles.
La diaspora doit apporter ses compétences.
Et le peuple doit rester au centre.

Car, au bout du compte, le Congo appartient à tous ses enfants.

Le Congo avant nos intérêts.

La Nation avant nos divisions.

Le peuple avant tout.

Patience Kimina Phongo
Présidente — Diaspora Congolaise Émergente (DCE)
Initiatrice — Courant 66 (C-66)

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