Félix Tshisekedi intransigeant sur les Processus de Washington et Doha : retrait des troupes rwandaises et dissolution de l’AFC-M23 ou rien !

Dans son discours sur le dialogue national, il s’y est exprimé ouvertement et clairement en pages 14 et 15 en ces termes : « Aux États et organisations partenaires, notamment les États-Unis d’Amérique, l’État du Qatar, l’Union africaine et l’Union européenne, les participants (NDLR au Dialogue) solliciteront un accompagnement ferme et constant. Celui-ci devra contribuer au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, au dépôt des armes par l’AFC/M23 et à l’aboutissement des processus engagés à Washington et à Doha». Ainsi, ce qu’il peine à obtenir des Américains et des Qataris dans le contexte actuel, il entend l’avoir du Dialogue. Au moins va-t-il entrer dans l’Histoire pour celui qui n’aura fait aucune concession…
Tout challenge exige pourtant cohérence et précision
Le texte originel ou originel publié par la Présidence de la République compte au total 15 pages, celle de garde comprise.
En le relisant froidement, il se dégage l’impression des redites et même des contradictions à certains endroits !
Tout challenge exige pourtant cohérence et précision.
Dans les lignes qui suivent, l’accent est mis d’abord sur l’agression prise en charge par le Processus de Washington, ensuite sur la rébellion prise en charge par le Processus de Doha.
Agression
Le Président Félix Tshisekedi évoque en pages 6, 7 et 10 la thèse de l’agression. En page 6, il affirme que «La République Démocratique du Congo est victime d’une agression», avant d’ajouter : «Il ne s’agit ni d’une opinion, ni d’une thèse défendue par Kinshasa, mais d’un constat établi par les instances internationales compétentes et consacré par les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le droit international a clairement qualifié les faits : des forces étrangères occupent illégalement une partie de notre territoire, tandis que des groupes armés y sèment la violence, imposent des administrations parallèles et pillent nos ressources».
Il se fait que le chef de l’État ne dit mot des revendications de la RDC auprès du Conseil de sécurité de l’Onu en vue de l’application conséquente du Chapitre VII de la Charte de l’Onu préconisant l’ «Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression».
On sait seulement que depuis des années qu’elle promeut la thèse de l’agression, la RDC ne parvient toujours pas à faire inscrire ce crime – car c’en est un – dans les résolutions du Conseil de sécurité et même dans les déclarations du Secrétariat général des Nations Unies.
La question est alors de savoir si, en leur refilant la charge de faire endosser par les instances internationales la thèse de l’agression, les participants au Dialogue y parviendront !
Processus de Doha (rébellion)
Du Processus de Doha, Félix Tshisekedi dit ceci en page 6 : «Le processus de Doha porte notamment sur la cessation des hostilités avec l’AFC/M23, les mécanismes de vérification, l’accès humanitaire et les conditions nécessaires à la stabilisation durable de l’Est de notre pays. L’Union africaine, à travers sa médiation et son Panel de facilitateurs, veille à la cohérence africaine de ces démarches, en coordination avec les organisations régionales et nos partenaires internationaux».
En page 7, il ajoute : «Les processus engagés à Washington et à Doha, ainsi que les initiatives conduites sous l’égide de l’Union africaine, avec l’appui de la CIRGL, de la SADC, de l’Union européenne et des Nations Unies, ont ouvert de nouvelles perspectives de sortie de crise».
Processus de Washington et de Doha
Dans le paragraphe suivant, il s’appesantit sur le premier et affirme : «Le processus de Washington traite principalement de la dimension interétatique du conflit, des engagements de la République Démocratique du Congo et du Rwanda, ainsi que des conditions d’une sécurité régionale fondée sur le respect de la souveraineté des États».
Et sur le second, il est d’avis que «Le processus de Doha porte notamment sur la cessation des hostilités avec l’AFC/M23, les mécanismes de vérification, l’accès humanitaire et les conditions nécessaires à la stabilisation durable de l’Est de notre pays. L’Union africaine, à travers sa médiation et son Panel de facilitateurs, veille à la cohérence africaine de ces démarches, en coordination avec les organisations régionales et nos partenaires internationaux».
Ce n’est pas tout. En page 10, Félix Tshisekedi y revient en ces termes : «Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec l’AFC/M23 des questions relatives à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement, au désarmement et aux autres modalités directement liées au conflit. Le Dialogue national ne se substituera pas à ce processus».
Ainsi, en plus de reprendre la même chose dans trois pages différentes, il fixe l’opinion sur ce que représente Doha est à ses yeux : un processus de dissolution pute et simple de l’AFC-M23.
Et là, il se contredit en ce que, d’un côté, il entend voir les participants au Dialogue solliciter des partenaires extérieurs un accompagnement ferme et constant pour le retrait des troupes rwandaises (Processus de Washington) et, de l’autre, les mêmes participants sont enjoints à ne pas se substituer au Processus jumeau de Doha ! Ils sont interdits d’approcher les « pantins », pardon les rebelles.
Un Marechal-Mzee nous est né !
L’un des rares sujets clairement abordés, sinon le seul, est celui relatif aux institutions en place.
Félix Tshisekedi déclare en page 10 au sujet du Dialogue : «Il ne saurait davantage conduire à la suspension des institutions de la République, lesquelles continueront d’exercer pleinement leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats».
Ainsi, les institutions issues du processus électoral de 2023 vont devoir rester en fonction jusqu’à la consommation effective de leur mandat en décembre 2028.
Adieu « partage du pouvoir » avant cette échéance.
On peut se le dire : le discours du 27 août 2026 semble contenir un message subliminal destiné aux « initiés ».
Au moins, des Processus de Washington et de Doha, la position du chef de l’Etat est désormais claire : pas de concessions à faire au Rwanda, ni à l’AFC-M23.
Et du Dialogue national, sa position est tout aussi claire : on y va à ses conditions ou on n’y va pas !
Un Maréchal-Mzee nous est né !
Omer Nsongo die Lema
