BANDALUNGWA : UNE COMMISSION POUR FAIRE LA LUMIÈRE SUR LES OCCUPATIONS DES EMPRISES DE LA SNEL

La situation des habitations installées dans les emprises de la Société nationale d’électricité (SNEL) à Bandalungwa devrait connaître une nouvelle étape avec la mise en place prochaine d’une commission chargée d’examiner en profondeur ce dossier qui oppose les impératifs de sécurité électrique aux revendications des habitants concernés.
Cette décision intervient à l’issue d’une séance de travail tenue ce lundi entre le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et une délégation de la SNEL conduite par son Directeur général, le professeur Teddy Lwamba Muba. La rencontre faisait suite à la démarche entreprise quelques jours auparavant par plusieurs habitants de Bandalungwa, préoccupés par la perspective de voir leurs maisons démolies en raison de leur proximité avec une ligne électrique à haute tension.
Le dossier, qui suscite des inquiétudes au sein des quartiers concernés, notamment Adula, Bisengo et Sykin, soulève plusieurs questions à la fois juridiques, foncières, techniques et sociales. Les habitants affirment notamment que certaines constructions seraient antérieures à la mise en service de la ligne à haute tension concernée. Pour appuyer leurs revendications, certains ont présenté des documents fonciers datant des années 1950 et 1960.
Une question de légalité au cœur du dossier
Au cours de la réunion, le Ministre d’État a insisté sur la nécessité de comprendre l’historique de cette situation avant toute décision définitive. Il s’agit notamment de déterminer les conditions dans lesquelles les pylônes et la ligne électrique ont été installés, ainsi que la situation juridique des terrains et des habitations aujourd’hui concernés.
Pour le Ministre de la Justice, l’objectif n’est pas de privilégier une partie au détriment de l’autre, mais de permettre aux autorités de disposer de tous les éléments nécessaires pour apprécier la légalité des différentes démarches engagées.
Cette approche vise également à éviter qu’un éventuel conflit foncier ou administratif ne dégénère en une situation sociale plus difficile. L’examen du dossier devra ainsi tenir compte des titres et documents détenus par les habitants, mais également des règles qui encadrent les emprises des infrastructures électriques et les zones de sécurité entourant les lignes à haute tension.
La SNEL met en avant les impératifs de sécurité
De son côté, la SNEL a présenté les raisons techniques qui justifient la protection de ses emprises. Selon les responsables de l’entreprise, l’occupation des espaces situés sous ou à proximité des lignes à haute tension peut exposer les populations à des risques importants.
La société publique estime donc que la question ne peut pas être analysée uniquement sous l’angle de la propriété ou de l’occupation des terrains. Elle doit également intégrer les impératifs de sûreté liés au fonctionnement des installations électriques et à la protection des personnes.
Le Directeur général de la SNEL a ainsi appelé à privilégier le dialogue et la recherche d’une solution équilibrée. Pour l’entreprise, il est nécessaire de trouver une issue qui permette à la fois de garantir la sécurité des installations et de prendre en considération la situation particulière des personnes concernées.
Une commission pour approfondir le dossier
À l’issue de cette séance de travail, la SNEL a annoncé la création d’une commission qui aura pour mission d’examiner plus précisément les différents aspects du dossier.
Cette structure devra notamment permettre de confronter les informations disponibles, de retracer l’évolution de l’occupation des terrains et de déterminer les responsabilités des différentes parties. Elle devra également rechercher des pistes de solution compatibles avec les textes légaux en vigueur.
L’annonce de cette commission constitue une étape importante pour les habitants concernés, qui souhaitent obtenir des éclaircissements avant toute mesure pouvant entraîner la destruction de leurs logements.
Les habitants avaient déjà saisi le Ministre de la Justice
Cette nouvelle démarche fait suite à la rencontre du
27 août 2026, au cours de laquelle une cinquantaine d’habitants des quartiers Adula, Bisengo et Sykin avaient été reçus par le Ministre d’État. Conduits par le député national Godé Mpoyi, ils avaient exposé leurs préoccupations concernant les menaces de démolition qui pèseraient sur certaines habitations.
Les habitants avaient notamment soutenu que plusieurs constructions existaient avant l’installation ou la mise en service de la ligne électrique concernée. Certains documents fonciers présentés au cours de cette démarche remonteraient à plusieurs décennies.
Face à ces revendications, le Ministre de la Justice avait promis un examen du dossier conformément à la Constitution et aux lois de la République. La rencontre avec la SNEL s’inscrit donc dans la continuité de cet engagement.
Trouver un équilibre entre sécurité et droits des citoyens
Le dossier de Bandalungwa met en évidence la difficulté de concilier deux exigences qui doivent être prises en compte par les pouvoirs publics : la protection des populations vivant à proximité des infrastructures électriques et le respect des droits des personnes qui revendiquent la propriété ou la jouissance des terrains concernés.
La commission annoncée devra donc effectuer un travail approfondi afin d’éviter toute décision précipitée. Son examen pourrait notamment permettre de clarifier l’ancienneté des occupations, la validité des documents fonciers, les limites exactes des emprises de la SNEL ainsi que les obligations légales liées aux zones de sécurité des lignes à haute tension.
Dans l’attente des conclusions de cette commission, les différentes parties sont appelées à privilégier le calme et le dialogue. La démarche engagée par le Ministère de la Justice et la SNEL traduit ainsi la volonté de rechercher une solution fondée sur le droit, tout en tenant compte des réalités humaines et des impératifs de sécurité.
Pour les habitants de Bandalungwa, l’enjeu dépasse désormais la seule question de leurs maisons. Il s’agit également d’obtenir une clarification définitive sur la situation foncière des espaces concernés et de savoir dans quelles conditions les décisions éventuelles seront mises en œuvre.
La suite du dossier dépendra donc des conclusions de la commission, qui devra apporter des éléments objectifs permettant aux autorités compétentes de prendre une décision conforme à la loi, à la sécurité publique et aux droits des citoyens.
Corinne Ontande
