Après la signature de l’ordonnance portant création de la commission d’organisation du dialogue, l’opposition crie au scandale, estimant que le Président de la République entendrait tout régenter. Elle semble nostalgique de la CNS, du dialogue intercongolais de Sun City ou encore du processus facilité par la CENCO.
Pourtant, le contexte actuel est différent. Le mandat du Président de la République, issu du suffrage universel, est en cours. Aucun dialogue ne peut donc avoir pour objet de remettre en cause l’ordre constitutionnel, de contourner les institutions élues ou d’organiser un partage du pouvoir qui est souvent l’objectif ultime, et non déclaré, des dialogues dans la culture politique congolaise.
Cela ne signifie nullement que l’opposition n’a pas sa place. Elle mérite respect et considération, comme tous les compatriotes. Elle a le droit d’exprimer ses réserves sur le format, les objectifs et les garanties du dialogue envisagé. Mais c’est précisément autour de la table de concertation qu’elle doit les défendre.
Un dialogue de concertation et de pacification peut se tenir aujourd’hui. En revanche, un dialogue destiné à redéfinir les institutions ne saurait être envisagé qu’à l’issue de ce mandat, en 2029.
À la place de cette participation, « Sauvons la RDC » , de l’extérieur, appelle à la révolution, tandis que la C64 mise sur la pression de la rue. Ces choix peuvent-ils réellement conduire à l’annulation de l’ordonnance présidentielle ? La réponse est non.
Le réalisme commande donc à l’opposition de rejoindre le processus tant qu’elle peut encore le faire de manière coordonnée. À défaut, elle risque de s’y présenter plus tard en « pièces détachées », sans cohésion et sans poids réel à la table des négociations.














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