De l’inspection à l’évaluation : L’IGF-RDC explore l’expérience française

L’Inspection générale des finances de la République démocratique du Congo poursuit sa réflexion sur l’évolution de ses méthodes de contrôle. Dans le cadre de sa mission à Paris, l’Inspecteur général des finances-Chef de Service, Christophe Bitasimwa Bahii, a eu, mercredi 16 septembre, une séance de travail avec son homologue française, Catherine Sueur, Inspectrice générale des finances-Cheffe de Service de l’Inspection générale des finances de France.

Au cœur de cette rencontre : le partage d’expériences et la comparaison des approches de contrôle des finances publiques, avec l’objectif d’identifier des pratiques susceptibles d’accompagner l’évolution de l’IGF-RDC dans le cadre de son Plan stratégique triennal 2026-2028.

Deux institutions, des missions qui évoluent

Les échanges ont permis de mettre en évidence des convergences, mais également des différences dans les modalités d’intervention des deux institutions.

En France, l’Inspection générale des finances intervient notamment dans l’évaluation des politiques publiques, en examinant leur pertinence, leur efficacité et leur impact. Elle exerce également des missions de conseil et d’expertise au bénéfice du Gouvernement et des institutions publiques.

En République démocratique du Congo, l’IGF concentre encore une part importante de son action sur l’inspection, le contrôle et l’audit des finances publiques, avec pour objectifs de prévenir les irrégularités, lutter contre la fraude et contribuer à la sécurisation des ressources de l’État.

Christophe Bitasimwa a expliqué que cette orientation répond aux réalités actuelles de la gestion publique en RDC, qui imposent notamment de sécuriser les ressources publiques, de canaliser les fonds de l’État vers le Trésor et de veiller à leur utilisation régulière et efficace.

« Plus les services se fiabilisent, plus on va vers l’évaluation »

Pour le responsable de l’IGF-RDC, l’évolution vers l’évaluation des politiques publiques constitue un processus qui dépend notamment du niveau de fiabilisation des systèmes de gestion et des services publics.

Il estime que le passage d’un modèle fortement axé sur le contrôle et l’audit vers un modèle accordant davantage de place à l’évaluation constitue une évolution progressive.

«« Je pense que l’évaluation des politiques publiques est une étape avancée de l’Inspection générale des finances », a déclaré Christophe Bitasimwa.»

Dans cette perspective, le contrôle intensif demeure, selon lui, une étape nécessaire pour consolider les mécanismes de gestion publique avant d’élargir progressivement le champ d’intervention vers l’évaluation.

Une logique qu’il résume en une formule : « Plus les services se fiabilisent, plus on va vers l’évaluation. »

La digitalisation au cœur du contrôle systémique

Cette évolution s’inscrit également dans la vision portée par le Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’IGF-RDC, qui accorde une place importante à la digitalisation et au contrôle systémique.

La modernisation des outils de contrôle doit notamment permettre de fiabiliser les données, d’améliorer la surveillance des flux financiers et de renforcer les capacités d’analyse de l’institution.

L’objectif affiché est de faire progressivement évoluer les méthodes de contrôle afin de disposer d’une meilleure connaissance des opérations financières de l’État et de renforcer les capacités de prévention des risques.

L’expérience française comme source d’inspiration

De son côté, Catherine Sueur a salué la réforme engagée par l’IGF-RDC autour du contrôle systémique fondé sur la digitalisation. Elle a également exprimé la disponibilité de l’Inspection générale des finances française à poursuivre les échanges d’expériences avec son homologue congolaise.

Cette ouverture pourrait favoriser le développement de nouvelles compétences et méthodes de travail, notamment dans les domaines de l’évaluation, de l’analyse des politiques publiques et de l’exploitation des données financières.

Pour Christophe Bitasimwa, l’objectif n’est toutefois pas de reproduire à l’identique le modèle français, mais de comprendre son évolution afin d’identifier les pratiques pouvant être progressivement adaptées au contexte congolais.

Ainsi, le dialogue engagé à Paris illustre une volonté de l’IGF-RDC de faire évoluer ses méthodes en fonction de la maturation des systèmes de gestion publique, tout en consolidant les mécanismes de contrôle nécessaires à la protection des ressources de l’État.

De l’inspection à l’évaluation, la trajectoire envisagée se veut donc progressive : renforcer d’abord les mécanismes de contrôle, fiabiliser les systèmes, puis élargir progressivement l’intervention vers l’évaluation des politiques publiques.

 

Par Didier Mbongomingi

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