De la CEE à la ZLECAF : Accélérer l’intégration économique Europe-Afrique (Julien Paluku)

Sous le haut patronage du Parlement européen, nous participons à l’EuropAfrica Investment Forum 2026, événement d’envergure organisé par CREDASSUR GROUP, présidé par Mme Esther MISHENG.

​Ce vendredi 2 octobre, au siège du Parlement européen, nous avons mené des réflexions stratégiques autour du thème : « Zone de libre-échange Europe-Afrique, commerce UE-Afrique et intégration régionale ».

​Les enseignements clés du débat;

  1. L’Afrique n’attendra pas 45 ans :

S’il a fallu plus de quatre décennies à l’Europe [partant de la création de la Communauté Économique Européenne, CEE, par le Traité de Rome (1957) à la monnaie unique (2002) en passant par le Traité de Mastrich (1992)]  pour parachever son union douanière, l’Afrique entend accélérer sa trajectoire.

Entrée en vigueur en 2019 et ratifiée par la RDC en 2021, la ZLECAF progresse rapidement.

  1. Avancées africaines majeures en 7ans :
  • 54 des 55 pays africains ont signé à ce jour l’accord de la ZLECAF;
  • ​L’intégration progressive des concessions tarifaires dans les lois de finances nationales est désormais amorcée.
  • ​L’adhésion croissante des banques centrales au PAPSS (Système panafricain de paiement et de règlement) permet de régler les transactions transfrontalières directement en monnaies locales, s’affranchissant ainsi du dollar et de l’euro.
  1. ​Trois leviers stratégiques pour le partenariat UE-Afrique
  • ​Booster le commerce intra-africain : Relever un taux aujourd’hui marginal (15 à 17 %, contre 60 % en Asie et 70 % en Europe).
  • ​Sortir du modèle extractif : Attirer des investissements industriels à l’échelle continentale pour stimuler la transformation locale, notamment via des chaînes de valeur stratégiques comme celle des batteries et véhicules électriques.
  • ​Accélérer l’industrialisation : Financer le développement conjoint de grands programmes énergétiques et d’infrastructures, à l’instar du méga-projet INGA. D’où une bonne canalisation des fonds de l’initiative GLOBALGATEWAY (150 milliards d’euros annoncés en 2024).

​Intervenants et personnalités de premier plan

​Panélistes : Mme Justine Nthomeng Majara (Vice-Première ministre du Lesotho), M. Koen Doens (Commission européenne), M. Louis Michel (Ministre d’État), l’Hon. Mme Lindiwe Dlamini (Présidente du Sénat d’Eswatini), Julien PALUKU, Ministre du Commerce Extérieur de la RDC.

​Autres personnalités présentes : S.E. Ali Yakoub Mahamoud (Ambassadeur de l’Union africaine près l’UE), les sénateurs congolais Modeste Bahati Lukwebo et Vicky Katumwa, la sénatrice belge Marie-Claire Mvumbi, M. André Flahaut (Ministre d’État belge), M. Benoît Cassart (Député européen) et plusieurs députés européens et partenaires.

​Conclusion & Recommandation :

Pour bâtir un véritable marché unique et refonder la relation Europe-Afrique, il est indispensable de dépasser la logique de l’aide au développement au profit d’un partenariat gagne-gagne.

La ZLECAF offre un marché unifié de 1,3 milliards de consommateurs(le triple du marché européen) avec un PIB combiné de 3.400 milliards de dollars US.

Les investisseurs directs étrangers  et industriels peuvent ainsi dimensionner leurs usines pour desservir les deux continents et stopper les flux migratoires à travers la construction d’une prospérité partagée.

Pour concrétiser ce nouveau paradigme, le Forum a recommandé l’organisation d’une réunion conjointe entre la Commission européenne et la Commission de l’Union africaine afin d’élaborer une nouvelle feuille de route stratégique.

Enfin, le modèle doit impérativement dépasser le simple volet commercial (baisse des tarifs douaniers) pour intégrer le développement industriel et la souveraineté économique.

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