Sur douze mois, les dépôts en monnaie nationale ont progressé de 77,4 %, contre 39,3 % pour les dépôts en devises, signe encourageant de dédollarisation de l’épargne bancaire

L’encours total des dépôts bancaires s’est établi à 20.813,4 millions de USD à fin août 2026, contre 20.681,1 millions à fin juillet, soit une hausse de 0,6 %. Cette progression résulte de l’accroissement de 8,3 % des dépôts en monnaie nationale, qui a plus que compensé le recul de 0,4 % des dépôts en devises. Par catégorie de déposants, elle a été principalement portée par les petites et moyennes entreprises et les administrations publiques. Depuis fin décembre 2025, l’encours progresse de 28,2 % (23,6 % pour les dépôts en monnaie nationale et 28,8 % pour les dépôts en devises) et, sur un an, de 43,1 %.

La part des dépôts en monnaie nationale s’est établie à 12,36 % à fin août, contre 11,48 % à fin juillet et 9,97 % un an plus tôt. Sur douze mois, les dépôts en monnaie nationale ont progressé de 77,4 %, contre 39,3 % pour les dépôts en devises. Cette évolution, qui accompagne la stabilité du franc congolais et le reflux de l’inflation, constitue un signe encourageant de dédollarisation de l’épargne bancaire, même si les dépôts demeurent libellés à 87,6 % en devises. Les entreprises privées (32,4 %), les PME (32,1 %) et les entreprises publiques (13,5 %) en sont les principaux détenteurs.

L’encours des crédits bruts a atteint 11.657,1 millions de USD à fin août, en hausse de 0,7 % sur le mois, sous l’effet principalement des concours accordés aux entreprises publiques (+24,6 %). Les crédits en devises ont progressé de 1,2 % (+131,0 millions de USD), alors que les crédits en monnaie nationale ont reculé de 13,2 %, à l’équivalent de 303,8 millions de USD. Le ratio des crédits aux dépôts ressort à 56,0 %, ce qui laisse aux banques une marge importante de transformation. La part des crédits en monnaie nationale (2,6 % de l’encours) demeure nettement inférieure à celle des dépôts en monnaie nationale (12,4 %) : les ressources en francs congolais des banques sont peu transformées en crédits, ce qui explique pour une large part l’excédent de liquidité en monnaie nationale et la demande soutenue de Bons BCC aux maturités courtes.

Sur le plan géographique, Kinshasa concentre 68,0 % des dépôts mais seulement 48,0 % des crédits, alors que le Haut-Katanga (30,0 % des crédits pour 19,5 % des dépôts) et surtout le Lualaba (15,0 % des crédits pour 5,0 % des dépôts) sont des emprunteurs nets. Le système bancaire assure ainsi un transfert de ressources de la capitale vers les provinces minières, en lien avec les besoins de financement des activités extractives et connexes. Les trois pôles concentrent 93,0 % des crédits, ce qui illustre le potentiel d’approfondissement financier dans les autres provinces.

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