« Le capital humain », c’est le thème d’un Panel auquel M. Rachid Agassim, Ambassadeur du Royaume du Maroc en RDC et Doyen du corps diplomatique a pris part, ce 27 octobre 2926. C’était à l’occasion de la 3ème édition du RIF 2026. « Comment développer les compétences nationales nécessaires pour concevoir, construire, exploiter et maintenir les infrastructures de demain ? », c’est la question qui a été posée à l’Ambassadeur et à laquelle il a apporté des réponses concrètes.
Tout en remerciant les organisateurs de ce forum, et en particulier le Think Thank RDC Stratégie, à travers son Président Bodom Matungulu, l’Ambassadeur Rachid Agassim l’a félicité pour le thème choisi qui devra être impérativement le piller des plans d’action des gouvernements de nos pays en Afrique.

Car, ce thème, bien que très important pour l’Afrique centrale, est un impératif pour tout notre continent.
Il s’agit de notre souveraineté en matière d’infrastructures et de compétences africaines pour un vrai développement socio-économique de notre continent.
De l’expérience et l’expertise du Maroc
Dans ce sens, il serait opportun d’évoquer l’expérience et l’expertise du Maroc et, surtout, de rappeler la vision Panafricaine porté par Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, depuis son ascension au trône en 1999.
Dans son discours, il a expliqué que le Souverain marocain a fait de la coopération Sud-Sud un axe stratégique de la politique étrangère marocaine, avec pour ambition de promouvoir un développement partagé et de placer l’humain au cœur des partenariats africains.
L’orientation royale s’est traduite par des actions concrètes : plus de 1000 accords de coopération conclus avec les pays africains, 52 visites royales dans 30 États du continent, une politique migratoire ayant permis la régularisation d’environ 60000 ressortissants africains depuis 2014, ainsi que d’importants investissements dans plusieurs secteurs stratégiques.
Bien évidemment toute l’importance est accordée au développement du capital humain africain.
À ce titre, au niveau de la formation professionnelle, sujet de ce panel, la République Démocratique du Congo bénéficie chaque année de 160 bourses d’études offertes par le Royaume du Maroc, dont 30 consacrées à la formation professionnelle, auxquelles s’ajoutent 20 bourses du programme « Excellentia » de la Fondation LONA. Des programmes de formation multi-sectorielles sont également offerts chaque année à quelques centaines de cadres rd-congolais aussi bien dans l’institutionnel que dans le privé.
Aujourd’hui, plus de mille étudiants congolais poursuivent leur cursus, toutes disciplines confondues, dans les universités marocaines, aux côtés de près de 20 000 étudiants originaires de 39 pays africains. Une illustration, de l’engagement du Maroc en faveur de la formation et du renforcement des compétences de la jeunesse africaine.
Au niveau de la formation professionnelle, dit-il, l’idéale est de multiplier la création de centres de formation intégrés en RDC qui répondront aux besoins des secteurs de l’économie nationale. A cet égard, il a félicité le Ministre de la Formation professionnelle qui a récemment signé l’accord pour la réalisation de 2 centres de formation professionnelle intégrée.

Ces centres permettront la formation de milliers de jeunes capables de s’intégrer dans la réalisation des projets structurants en RDC.
« Et là je souhaite inviter les responsables de ce secteur à s’imprégner de l’expérience et l’expertise marocaine sachant que la quasi-totalité des grands chantiers au Maroc sont réalisés par des compétences marocaines tous corps de métiers confondus (aéroports, barrages, autoroutes, stades, hôpitaux, ports,..) », dit-il.
Cinq axes à prendre en compte
Poursuivant avec son discours, l’Ambassadeur Rachid Agassim a évoqué cinq axes de partenariat qui pourraient être mis en avant entre le Maroc et la RDC dans le cadre de la formation professionnelle : Développer une formation professionnelle directement liée aux grands chantiers d’infrastructures ; Transférer les compétences et renforcer l’expertise locale ; Former une nouvelle génération de spécialistes de la logistique et des corridors économiques ; Mobiliser les universités et l’innovation pour préparer les compétences de l’avenir ; Faire du partenariat un levier d’emploi local et de transfert durable de compétences.
« Je suis convaincu que ce genre de partenariat mettra davantage en valeur le capital humain de la RDC, sa première vraie richesse », souligne-t-il.
S’agissant des corridors stratégiques et comme ça a été très bien illustré lors des précédentes interventions, notamment, sur la grande importance accordée au corridor, dit Lobito, pour l’Afrique centrale, le Doyen du corps diplomatique soutient que ce projet prometteur et structurant aura plus de poids socio-économique s’il est relaissé par les compétences des pays concernés. Dans ce sens, il serait également opportun de mettre en relief, au niveau continental l’initiative, inédite, de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, qui favorisera l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique.
Une initiative lancée déjà le 6 novembre 2023 dont les objectifs principaux sont : Désenclaver le Sahel : Offrir aux pays sahéliens, tels que le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, une alternative stratégique pour leurs échanges commerciaux et l’accès aux marchés internationaux ; Mise à disposition des infrastructures : Le Maroc met à disposition ses réseaux routiers, ferroviaires et portuaires notamment les ports de Tanger Med et le futur port de Dakhla Atlantique ; Approche de développement : Privilégier une dynamique de coopération Sud-Sud, de stabilité et de développement économique partagé.
Toujours dans le sens du renforcement de la coopération Sud-Sud plusieurs actions reflètent l’engagement sincère et constant du Maroc et une coopération interafricaine riche et diversifiée, à savoir : Le méga projet de Gazoduc entre le Maroc et le Nigéria long de 6000 km et qui profitera à l’essor économique de 14 pays riverains de l’océan Atlantique ; Les investissements des grands groupes marocains en Afrique dans les domaines de la finance, de l’énergie, de l’agro-industrie, du transport, du médical, …
« Bien évidemment cet aspect que j’ai élaboré lors de ce panel constitue une partie importante des relations bilatérales étroites et fraternelles qui ne cessent de s’approfondir et de se consolider entre le Royaume du Maroc et la RDC », indique-t-il, avant de rappeler que récemment, les experts de nos 2 pays ont paraphé 14 accords prometteurs qui développeront davantage les relations entre le Royaume du Maroc et la République démocratique du Congo.
Il a terminé par insister que le Maroc sera le partenaire idéal pour la RDC dans plusieurs domaines.
JMNK
