Atundu démontre : « La passation civilisée et pacifique du Pouvoir était en réalité un stratagème monté par Kabila pour neutraliser Tshisekedi »

Dans une tribune intitulé » : « UN ART CONSOMME DE MAUVAISE FOI ! », l’Ambassadeur André-Alain Atundu explique comment la suite des évènements a montré que ce qui était proclamé pompeusement urbi et orbi comme une passation civilisée et pacifique du Pouvoir était en réalité un stratagème  de leurre, conçu et monté par KABILA, pour ravir et neutraliser le Président TSHISEKEDI au cours de son mandat par des moyens prétendument démocratiques à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Des anecdotes et des faits vécus  comme le refus de contreseing des ministres, des interruptions intempestives du Président TSHISEKEDI au cours des conseils des ministres par des personnages instrumentalisés, le début du déroulement du processus de la destitution du Président TSHISEKEDI par l’Assemblée Nationale et le Sénat continuent à hanter les esprits des uns et des autres. Atundu exhorte et encourage le Président TSHISEKEDI à sauvegarder les structures et les principes existentiels de la RDC pour fonder un Dialogue qui prennent en compte les effets pervers de la guerre rwandaise d’agression, en traitant les actes des institutions de la République avec respect et considération.

Ci-dessous l’intégralité de la tribune :

 

JMNK

 

UN ART CONSOMME DE MAUVAISE FOI !

Une introspection jusqu’au tréfonds de la vie politique a conduit un homme d’Etat de la région à classer les hommes politiques en deux catégories.

D’une part, ceux qui considèrent la politique comme un partenariat positif et constructif pour atteindre un objectif commun dans l’intérêt bien compris de la communauté nationale et des partenaires autres.

D’autre part, ceux pour qui la politique est un art consommé de mauvaise foi pour surprendre l’autre et dont les objectifs ne sont pas ceux déclarés ou proclamés mais sous-jacents et entendus.

L’histoire de la RDC, depuis la victoire de l’AFDL sur les FAZ, nous offre une preuve vivante de cette école.

D’abord, par le fait de déclarer sauver la RDC de la dictature de MOBUTU alors que l’objectif réel était d’appliquer la politique hégémoniste et annexionniste du FPR sous l’œil particulièrement vigilant du Général Paul KAGAME sous ses multiples casquettes.

NGANDU KISESE et M’zee Laurent Désiré KABILA ont payé le prix fort pour leur témérité à vouloir combattre cette idéologie et l’homme fort de Kigali.

Plus près de nous, la coalition FCC/CACH contenait la même philosophie de contournement et de mascarade. Bien en pris le Président TSHISEKEDI d’avoir découvert et exposé le pot aux roses avant grâce à son intuition politique.

La promptitude de la réaction du Président TSHISEKEDI par la rupture brutale et inattendue de la coalition ainsi que par la mutation de la majorité théorique du FCC en une majorité de l’Union Sacrée de la Nation a laissé tous les comploteurs de tous bords, sans voix et groggy.

La suite des évènements a montré que ce qui était proclamé pompeusement urbi et orbi comme une passation civilisée et pacifique du Pouvoir était en réalité un stratagème  de leurre, conçu et monté par KABILA, pour ravir et neutraliser le Président TSHISEKEDI au cours de son mandat par des moyens prétendument démocratiques à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Des anecdotes et des faits vécus  comme le refus de contreseing des ministres, des interruptions intempestives du Président TSHISEKEDI au cours des conseils des ministres par des personnages instrumentalisés, le début du déroulement du processus de la destitution du Président TSHISEKEDI par l’Assemblée Nationale et le Sénat continuent à hanter les esprits des uns et des autres.

Devant cet échec patent de cette hypothèse de travail, le Président KABILA déclencha la deuxième hypothèse par la création des rebellions factices sous l’instigation du Président KAGAME, pour aboutir au même résultat, c’est-à-dire la destitution pure et simple du Président TSHISEKEDI sous le couvert de la légalité républicaine et de la démocratie.

D’abord sous le couvert du M23 et de la coalition AFC/M23 ; ensuite par la métamorphose de ces coalitions en Front pour la Refondation de la Nation avec comme responsable en chef et dirigeant KABILA, probablement contraint, par la force des choses, à la suite des effets pervers des condamnations et des sanctions de l’ONU, des USA et de l’Union Européenne sur le Rwanda, mettant ainsi fin à ce qui était devenu un secret de polichinelle à savoir le rôle dirigeant de KABILA sous la houlette de KAGAME.

Sous cet angle, l’analyse du discours du Cardinal AMBONGO revêt son intérêt et son importance.

Ces propos relèvent de la narration politique plutôt que d’une orientation morale d’un Pontife aux maîtres de la cité ; car ils s’adressent non pas tant à l’Homme en tant que valeur existentielle de l’image de Dieu, qu’aux hommes en situation, qui doivent affronter la mauvaise foi de l’autre, toujours présenté comme un art consommé de mauvaise foi pour surprendre l’autre partie.

L’histoire de la RDC nous apprend que celui qui ne se prépare pas suffisamment à la guerre finit par subir une guerre d’agression. Car les intentions aussi bonnes soient-elles n’aboutissent pas toujours à fournir des bonnes choses pas ou à modifier avantageusement les choses.

Encore faudrait-il que ces actes de bons sentiments soient encadrés par des mesures contraignantes pour aboutir à des résultats escomptés. Les résolutions nombreuses du Conseil de Sécurité comme la résolution 2773 et tant d’autres en établissent la nécessité.

Les guerres qui se déroulent partout dans le monde ne peuvent démentir cette approche réaliste.

Lorsqu’on jette un coup d’œil scrutatif sur la proximité entre certaines églises et le C64, on peut ne pas poser la question de la nature profonde de leur relation : s’agit-il d’un partenariat constructif pour l’intérêt bien compris de la Nation congolaise ou d’une complicité pour cacher les véritables enjeux et objectifs poursuivis.

Veulent-ils manipuler le Peuple congolais et les institutions qui ont la charge des intérêts bien compris de l’Etat ou encore s’agit-il, entre les deux, d’un jeu de poker menteur ?

L’attitude de réserve des Evêques américains et français devant le risque de manipulation par le Pouvoir d’une certaine mondanité spirituelle, selon l’expression suggestive du Pape François, nous amène à nous interroger sur la finalité réelle de cette croisade religieuse au nom de la Démocratie.

Si même pour prendre part au repas du Seigneur au cours des cérémonies religieuses, certaines conditions sont annoncées et énoncées, il serait donc irréaliste et illusoire d’appeler au Dialogue inclusif ceux qui ne remplissent pas au préalable les conditions requises à cet effet et dont les mains dégoulinent du sang des citoyens innocents, victimes des actes de barbarie sans nom.

Bref, les institutions de la République et le Peuple congolais doivent exercer une vigilance et une fermeté sans faille pour ne pas être les dindons de la farce en appelant naïvement au secours un ange d’extermination qui n’a que faire des effets divers et collatéraux de ses actes.

Goma, Bukavu et d’autres zones occupées par les agresseurs rwandais constituent une preuve grandeur nature.

Pour terminer, j’exhorte et j’encourage le Président TSHISEKEDI à sauvegarder les structures et les principes existentiels de la RDC pour fonder un Dialogue qui prennent en compte les effets pervers de la guerre rwandaise d’agression, en traitant les actes des institutions de la République avec respect et considération.

Porté par l’espoir des populations congolaises et par la conscience de ses responsabilités devant les ancêtres, l’Afrique, le monde et l’histoire, le Président TSHISEKEDI ne doit pas trahir le Congo, sacrifier la cohésion nationale et les intérêts bien compris de la RDC pour satisfaire les besoins personnels de tous bords de la part des nationaux et des partenaires internationaux.

Le salut des populations congolaises tient à la fermeté qui doit ouvrir la voie au vrai Dialogue inclusif. Car, c’est à juste titre que les anciens disent que la fortune vient au secours des courageux.

Enfin, concernant la déclaration de C64 à Rome, il y a lieu de constater, pour être bref et lapidaire, qu’il s’agit là d’une opération de la mouche du coche.

Car, aucune des initiatives préconisées ne revêt une pertinence pour la situation de la RDC.

 

Fait à Kinshasa, le 28 Octobre 2026

 

 

Ambassadeur André-Alain ATUNDU     

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