Gazoduc Maroc-Nigeria : La Libye en lice pour l’exportation du gaz

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La Libye semble activement engagée dans la perspective de devenir un acteur clé dans l’exportation du gaz nigérian vers l’Europe en proposant la création d’un gazoduc innovant qui traverserait le Niger. Lors d’une réunion tenue récemment, le ministre libyen du Pétrole et du Gaz, Mohammed Aoun, a accueilli le Secrétaire général de l’Organisation africaine des producteurs de pétrole (APPO), Omar Farouk, pour échanger sur des projets de coopération prometteurs.

Selon les informations de la plateforme spécialisée « Attaqa » (Énergie), Tripoli a soumis une proposition ambitieuse visant à concrétiser un projet de pipeline permettant d’acheminer le gaz nigérian vers l’Europe. Cette initiative a été l’objet de discussions approfondies lors de la visite du secrétaire général de l’APPO en Libye, dans le cadre du Sommet de l’énergie et de l’économie de 2024, le POwR Earth Summit, programmé les 13 et 14 mars de cette année.

La même source indique que le ministre libyen du Pétrole a présenté en détail les activités clés du secteur énergétique et son rôle de supervision. Omar Farouk a exprimé sa satisfaction d’être en Libye, témoignant sa gratitude envers le pays pour son soutien continu à l’organisation.

Au cours de cette réunion de haut niveau, des discussions approfondies ont eu lieu concernant la mise en place d’un gazoduc novateur reliant le Nigeria à l’Europe, en passant par le Niger et la Libye, pour se connecter au gazoduc Greenstream. Ce dernier, résultant d’un accord entre la National Oil Corporation libyenne et la société italienne d’hydrocarbures Eni, a été mis en place pour acheminer du gaz vers l’Italie.

Le Royaume du Maroc, également en pointe dans le domaine, a réalisé des progrès significatifs dans le développement d’un projet de ligne de pipelines destiné à exporter le gaz nigérian vers l’Europe. Ce projet, conduit par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) en collaboration avec la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), vise une capacité annuelle de 30 milliards de mètres cubes, avec un investissement estimé à environ 25 milliards de dollars, renforçant ainsi la position stratégique de la région dans le paysage énergétique mondial.

A noter que le gazoduc Nigeria-Maroc, officiellement lancé en 2016 lors de la visite du Roi Mohammed VI à Abuja, prévoit de transiter par une dizaine de pays, dont la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie et l’Espagne, et constitue un modèle d’intégration régionale.

D’un coût estimé à plus de 25 milliards de dollars, et s’étendant sur environ 5.700 km, le gazoduc reliera les champs gaziers du Nigeria, premier producteur continental de pétrole, au Royaume du Maroc le long de la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest.

L’importance du projet a été rappelé par le Roi Mohammed VI dans son discours à l’occasion du 48ème anniversaire de la Marche Verte, quand il a souligné que « le projet stratégique du gazoduc Maroc-Nigeria est considéré comme un levier d’intégration régionale visant à réunir les conditions d’un décollage économique commun et à enclencher une dynamique propice au développement de la bande atlantique de l’Afrique ».

Zineb Jazouli

Les Etats-Unis accordent 30 jours à l’Iran pour vendre son pétrole déjà chargé en mer Le département du Trésor américain a publié vendredi une licence levant temporairement, pour une durée de 30 jours, les sanctions sur le pétrole iranien déjà chargé en mer, afin de pallier la pénurie d’approvisionnement due aux interruptions du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette licence générale, délivrée par son Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), autorise la livraison et la vente de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne déjà chargés à bord de navires à compter de vendredi. Les transactions visant à assurer l’accostage et le mouillage en toute sécurité des navires concernés, à préserver la santé ou la sécurité des membres d’équipage, à effectuer des réparations d’urgence ou à protéger l’environnement, ainsi que divers services, sont également autorisées. Il convient de noter que les transactions autorisées par cette licence comprennent l’importation aux Etats-Unis de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne. « Cette autorisation temporaire et à court terme est strictement limitée au pétrole qui est déjà en transit et n’autorise pas de nouveaux achats ni de nouvelle production », a précisé vendredi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, dans un message publié sur X. L’Iran aura du mal à accéder aux recettes générées et les Etats-Unis continueront d’exercer une pression maximale sur l’Iran et sur sa capacité à accéder au système financier international, a-t-il ajouté. Washington a déjà assoupli ses sanctions visant le pétrole russe et vénézuélien, parallèlement à la mise à disposition coordonnée des réserves conflit un Etats-Unis, Israël et l’Iran dure depuis trois semaines et perturbe gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, les livraisons de pétrole transitant par cette voie ayant chuté à moins de 10% de leur niveau d’avant le conflit.

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