Suspension des exportations de cobalt en RDC : les gros producteurs tardent à réagir
Les exportations de cobalt sont suspendues depuis février en RDC, pays qui représente plus de deux tiers de la production mondiale. Cette mesure destinée à faire remonter des prix du cobalt en forte baisse ne suscite pour le moment pas de réactions officielles des compagnies présentes dans le pays.
En RDC, la réaction officielle des principaux producteurs de cobalt est toujours attendue, après la suspension des exportations de cobalt en février dernier. Les informations obtenues au cours des derniers jours proviennent en effet de sources médiatiques et n’ont pas encore fait l’objet de confirmation. C’est le cas de la compagnie minière Eurasian Resources Group (ERG), qui a déclaré la « force majeure » sur les livraisons de cobalt provenant de son usine de Metalkol.
Selon des sources proches du dossier relayées jeudi 6 mars par Reuters, cette décision fait suite à l’arrêt momentané des exportations de cobalt décidé en février par les autorités congolaises. Cela tranche avec une précédente sortie de Vincent Zhou, porte-parole de CMOC, qui a aussi confié à Reuters ne pas prévoir d’impact sur les opérations en RDC. Notons que CMOC a doublé le volume livré par ses mines à environ 114 000 tonnes en 2024, alors que Glencore a produit 35 100 tonnes de cobalt, contre 19 200 tonnes à l’usine Metalkol.
En ce qui concerne Glencore, la compagnie suisse n’a pas non plus communiqué sur la suspension des exportations décidée par l’Autorité congolaise de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS), pour tenter de faire remonter les prix du cobalt. Le 19 février dernier, quelques jours avant la suspension, Glencore a déclaré viser une production de cobalt de 40 000 à 45 000 tonnes en 2025. Quant à CMOC, elle vise une production de cobalt comprise entre 100 000 et 120 000 tonnes cette année.
Si les raisons de ce mutisme officiel demeurent inconnues, soulignons que l’efficacité de la mesure de suspension décidée par Kinshasa dépend de la réaction des mineurs. En continuant à produire du cobalt pour le stocker par exemple, les compagnies alimentent le risque qu’une levée de la suspension entraine un afflux de cobalt sur le marché.
La hausse des prix actuellement observée ne serait alors que temporaire, selon les analystes de BMO Capital Market. Le prix du métal a augmenté de 20 % depuis la suspension, selon une évaluation de Shanghai Metals Markets (SMM). À la bourse des métaux de Londres, le prix du métal au comptant a augmenté de 16 % depuis le 24 février, atteignant 25 000 dollars la tonne le 6 mars. La mise en place de quotas d’exportations à la fin de la suspension, une option à l’étude en RDC, pourrait soutenir cette croissance des prix à plus ou moins long terme.
Emiliano Tossou
Édité par Wilfried ASSOGBA
