Appropriation de l’histoire de la guerre par les étudiants en SIC

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« Appropriation de l’histoire de la guerre par les étudiants en SIC », tel était le thème de notre échange avec les étudiants de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC).

Lors de cette rencontre, j’ai exposé de manière explicite la position du Rwanda vis-à-vis de la République Démocratique du Congo (RDC), en mettant en lumière la relative petitesse économique du Rwanda face à la richesse naturelle de la RDC.

Quelques points essentiels à retenir sur mon intervention :

1. Dépendance économique du Rwanda :

Le Rwanda ne génère pas les revenus nécessaires à son fonctionnement. En effet, 30% de son budget provient de l’aide extérieure, et environ 50% découle du pillage des ressources naturelles de la RDC. Le budget rwandais pour l’année 2024/2025 est estimé à 5,54 milliards de dollars USD, un chiffre qui semble disproportionné par rapport à ses capacités économiques réelles.

2. Absence de puissance économique ou militaire propre :

Le Rwanda, sous le leadership de Paul Kagame, n’est ni une puissance économique ni une puissance nucléaire. Alors, d’où tire-t-il sa force ? La réponse semble évidente : son pouvoir provient des aides internationales et des ressources pillées en RDC. En 2024, le pays a reçu près de 1,25 milliard d’euros d’aide internationale.

3. Le paradoxe de l’or rwandais :

Bien que le Rwanda soit classé parmi les pays producteurs d’or, il n’existe aucune mine d’or sur son sol. Cela pose la question de la provenance de cet or. La réponse est simple : il est extrait illégalement de la RDC. Le Rwanda a d’ailleurs ouvert une raffinerie d’or en mars 2019, d’une valeur de 5 millions de dollars USD, avec une capacité de production de 6 tonnes d’or par mois.

4. La stratégie des minerais rares :

La région du Kivu, en RDC, abrite 60% des réserves mondiales de coltan, un minerai stratégique utilisé dans la fabrication de composants électroniques. Cette région représente un enjeu majeur pour la stabilité économique du Rwanda, qui dépend largement de l’exploitation illégale de ces ressources. L’importance stratégique de cette région est capitale non seulement pour la RDC mais aussi pour les économies mondiales qui consomment ces ressources.

Important à savoir :

Si la RDC parvient à reprendre le contrôle total de sa partie Est, le Rwanda verrait une perte estimée à 50% de ses revenus actuels. De plus, si les partenaires internationaux, qui financent largement le pays, décident de stopper leur soutien, le Rwanda pourrait être plongé dans une crise économique et sociale majeure. La résilience de ce petit pays, souvent perçu comme un modèle en Afrique, est en grande partie alimentée par les ressources illégalement extraites de la RDC et par un système de dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure.

Une réflexion nécessaire :

L’histoire de cette guerre est, en réalité, celle de l’exploitation, du pillage et de l’ingérence, où les puissances internationales jouent un rôle clé. Les étudiants en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) doivent prendre conscience de l’importance de comprendre ces dynamiques pour éviter que cette guerre de ressources continue d’être reléguée à l’arrière-plan dans les discours médiatiques.

Lutte contre l’infodémie

Les étudiants en SIC (Sciences de l’Information et de la Communication) peuvent lutter contre l’infodémie en :

1. Promouvant l’éducation aux médias : En sensibilisant le public à la vérification des sources, à la reconnaissance des fausses informations et à l’importance des sources fiables.

2. Créant et diffusant des informations vérifiées : En utilisant leurs compétences pour produire du contenu fiable, factuel et basé sur des preuves, en particulier pendant des crises sanitaires ou sociales.

3. Utilisant les réseaux sociaux de manière responsable : En dénonçant la désinformation et en partageant des informations vérifiées sur les plateformes numériques pour contrer les rumeurs.

4. Collaborant avec les professionnels de l’information : En travaillant avec les médias, les organisations de fact-checking et les autorités pour garantir la diffusion de messages clairs et vérifiés.

Ces actions permettent aux étudiants en SIC d’être des acteurs clés dans la lutte contre la désinformation et de promouvoir une communication responsable.

Jordan MAYENIKINI, journaliste intéressé aux ressources naturelles de la RDC et Consultant en Communication institutionnelle.

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