Sud-Kivu : les péages imposés par le M23 font grincer des dents

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La mise en place de nouveaux postes de péage sur plusieurs axes routiers du Sud-Kivu suscite un vent de contestation parmi les acteurs du secteur des transports. Introduits par l’arrêté AFC/23 sous contrôle du M23, ces frais de passage, jugés excessifs, frappent durement les transporteurs déjà éprouvés par une économie chancelante.

De Kazingo à Kamanyola en passant par Mugogo et Ruzizi, les conducteurs doivent désormais s’acquitter de montants allant jusqu’à 200 dollars par trajet pour les camions avec remorque, tandis que même les motos sont contraintes de payer, une première qui suscite l’incompréhension.

Face à cette situation, l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO) est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une imposition abusive. Son président provincial, Kayeye Muhimuzi, réclame une concertation urgente entre les autorités et les transporteurs, soulignant que ces derniers sont les premiers impactés et les mieux placés pour éclairer les décisions relatives au transport. Un ancien agent de péage rappelle d’ailleurs qu’il y a peu, les tarifs étaient bien plus abordables, ce qui permettait un minimum de viabilité pour les petits opérateurs.

 

Des hausses entraînant une flambée des prix du transport

Aujourd’hui, la menace est claire : ces hausses risquent d’entraîner une flambée des prix du transport et de fragiliser encore davantage les couches les plus vulnérables de la population.

Au-delà de la simple question tarifaire, c’est le mode de gouvernance imposé par le M23 qui est pointé du doigt. L’absence de dialogue, le caractère soudain des mesures, et le poids insupportable des nouvelles charges posent un véritable problème d’équité et de légitimité.

Dans une province déjà marquée par l’instabilité et les privations, les chauffeurs et les usagers demandent à être entendus. Ils appellent à des solutions équilibrées qui tiennent compte de la réalité du terrain, et non d’un agenda dicté par des intérêts militaires.

M.L.

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