Personne ne sauvera le Congo-même Dieu-sans les Congolais eux-mêmes (Par Dr Prof Antoine Roger Lokongo)

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En l’entame de cet article, l’honneur m’échoit de rendre hommage au Très Saint Père le Pape François qui vient de nous quitter et dont la sollicitude avec le peuple de Dieu qui se trouve au Congo n’était plus à démontrer.

A l’occasion de sa visite pastorale et apostolique au Congo, il a déclaré et je cite:

« Le Congo n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser! » – fin de citation.

Justement, dans le cadre de la déclaration de principes que le Congo, le Rwanda et les États-Unis viennent de signer à Washington, les minerais stratégiques constituent la clé de voûte du rétablissement de la paix et de la sécurité à l’est du Congo. Une paix qui se trouve donc dans le sous-sol Congolais, un sous-sol qu’il faut exploiter et dévaliser en contrepartie d’une paix hypothétique et sans justice; selon la proposition que le Président Félix Tshisekedi a faite au Président Américain Donald Trump.

L’histoire donne donc raison au Pape François.

Paraphrasant le Pape François, j’ajoute que la cupide, affairiste, abominable et avaricieuse classe politique congolaise, avec la complicité de qui notre sous-sol est dévalisée et exploitée, cette crasse politique n’est pas à recycler dans ce pays !

Il nous faut des dirigeants animés l’esprit de moralité, de rectitude, de désintéressement dans la gouvernance et le leadership car la RDC mérite mieux !

Ceux qui nous dirigent ne respectent pas les lois de leur propre pays (ils sont tous détenteurs d’une double nationalité contrairement à ce que stipule la Constitution. Nous sommes donc dirigés par les étrangers). Ce sont des frappeurs calés dans l’affairisme et le commercialisme

militaire, l’avarice, les détournements, l’auto-appropriation du patrimoine de l’Etat (carrés miniers), et donc du peuple. Ils ne vivent que de ça ! Ils s’enrichissent sur base de l’exercice du pouvoir, en d’autres termes, de la fonction publique.

Il faut que s’élève un autre Mzee Laurent Désiré Kabila pour les jeter tous en prison d’où ils ne sortiront que lorsqu’ils auraient restitué tout l’argent du peuple qu’ils ont volé, les maisons qu’ils ont construites au pays où achetées à l’étranger avec l’argent du peuple devenant des maisons de l’Etat.

Il nous faut des dirigeants qui n’attendent de tous nos partenaires étrangers que de nouvelles technologies, des machines pour creuser nos propres minerais, exploiter de manière responsable notre bois, tout ce dont notre sol et sous-sol regorgent, le transformer sur place pour créer des emplois et des marchés au profit de notre peuple et de nos vrais partenaires, les vendre à qui nous voulons. On ne peut pas nous imposer à cogérer nos frontières, notre territoire (cession de 300 km), nos ressources minières et naturelles, notre armée, et toutes nos autres institutions avec le Rwanda, le prétendu retour des prétendus millions des réfugiés Tutsi congolais Banyamulenge (il n’y a jamais eu une tribu qui s’appelle Banyamulenge dans l’histoire scientifique de notre pays selon mêmes les Belges qui nous ont colonisés)… Nous avons neuf pays voisins, pourquoi cogerer notre pays seulement avec le Rwanda et de quel droit ? Même après la signature de la déclaration de principes, il y avaient d’autres réunions en aparté entre Américains et Rwandais – les États-Unis veulent envoyer les immigrés indésirables au Rwanda, que dis-je pour peupler les territoires occupés de l’est du Congo. Inacceptable ! Les Congolais doivent se rendre compte que personne ne sauvera ce Congo – même pas Dieu – sans les Congolais eux-mêmes.

Sachons que les Américains ne veulent pas regarder le sol congolais trempé de sang de plus de 15 millions de Congolais – un véritable holocauste !

L’histoire et les droits de l’homme ne comptent pas! Tout se passe comme si les Américains disent au peuple Congolais : « Foute-nous la paix avec l’histoire et les droits de l’homme. Parle-nous seulement de votre sous-sol ».

Car si on parlait de l’histoire, les États-Unis seraient les premiers à demander pardon au peuple Congolais pour avoir déstabilisé le Congo depuis l’indépendance avec l’assassinat de Lumumba, le hissement de Mobutu au pouvoir, l’assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila et trois décennies d’une guerre par procuration, utilisant Museveni et Kagame comme chiens de guerre pour piller les richesses du Congo, utiliser le viol comme arme de guerre et occuper les terres ancestrales des Congolais.

Nous réitérons ici l’appel du Pape François : « Cessez d’étouffer le Congo avec votre poison de la cupidité. Retirez vos mains du Congo, retirez vos mains de l’Afrique! ».

D’ailleurs, la multitude d’accords de paix (Luanda, Nairobi, fusion des accords EAC-SADC, les accords unitaleraux de Doha et de Washington…) démontre qu’il y a une confrontation ou un conflit d’intérêts de différents protagonistes qui exploitent le Congo; et les violons ne s’accordent pas.

L’Union Européenne craint que Donald Trump ne puisse lui damner les pions dans le sous-sol congolais. Les Etats-Unis et l’Union Européenne boudent la présence de la Chine bien implantée dans le secteur minier congolais après le retrait des Américains d’ailleurs (L’américain Freeport MacMoran a vendu ses concessions minières aux Chinois).

Museveni et Kagame se posent la question de savoir, que deviendront les économies de leurs pays basées sur les razzias au Congo si le Congo retrouve la paix et la stabilité ?

C’est ça la problématique congolaise qui s’explique par un proverbe chinois qui dit que « Trop de cuisiniers gâtent la sauce! ». Et la sauce ici c’est la souveraineté, l’intégrité territoriale et surtout la dignité du peuple Congolais.

Oui, nous vivons une multitude d’accords. C’est comme si à nous peuple Congolais, on nous ouvre plusieurs portes d’entrée dans une maison à la fois .

C’est à nous de choisir la porte qu’il faut emprunter pour entrer dans la maison .

Mais franchement, la porte d’entrée que notre gouvernement vient de de choisir et par laquelle nous sommes supposés entrer dans une période de paix et de stabilité, n’est pas convenable; celle de parier nos minerais avec Donald Trump en contrepartie du maintien au pouvoir de Félix Tshilombo au pouvoir le plus longtemps que possible pour continuer de dévaliser et d’exploiter le Congo.

Comment expliquer que Kinshasa sollicite l’intervention militaire des États-Unis pour se défaire de l’AFC/M23 soutenu par l’Ouganda et le Rwanda; mais en même temps, les États-Unis invitent le Rwanda pour être parti-prenante du deal. Et c’est le Rwanda, reconnu comme agresseur et envahisseur du Congo qui doit jouir de la cogestion des richesses du Congo. C’est ambigu ! C’est le Congo qui s’agenouille devant ses oppresseurs.

Ça dit beaucoup de nous autres Congolais. Rappelons-nous de ce que l’activiste anti-apartheid Sud Africain Steve Biko a dit:

« L’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur c’est l’esprit, c’est l’état d’âme de l’opprimé ».

Après 65 ans d’indépendance, le scénario de « Tintin au Congo » est toujours d’actualité. Nous sommes en train de programmer notre propre demise et tout se passe comme en direct à la TV, comme par téléchargement.

L’histoire donne raison à Mzee Laurent Désiré Kabila et à Joseph Kabila. Tout le cahier des charges qui vient d’être présenté à Félix Tshilombo et auquel il vient de souscrire a été présenté et à Mzee Kabila, et à Joseph Kabila, et ils ont dit NIET ! Le soi-disant accord de Lemera que l’UDPS ne cesse d’évoquer, et bien il n’y en avait pas – de la bouche de Mzee Kabila lui-même. Voyez plutôt où l’UDPS nous amène maintenant! Tel est pris qui croyait prendre !

Nous sommes souvent victimes de notre propre haute trahison, de notre propre cupidité et surtout de notre propre naïveté. La RDC venait de porter plainte contre les multinationales américaines Microsoft et Apple qui exploitent les minerais de sang (genocost) à l’est du Congo à travers le Rwanda. Et maintenant, dans le cadre de la signature de la déclaration de principes, Kinshasa invite les mêmes multinationales américaines contre lesquelles elle a porté plainte à venir investir au Congo, en plus de celles qui sont déjà là, comme Alphamines à Bisiye et dont l’exploitation des minerais stratégiques a été salué par M. Boulos, envoyé spécial du Président Trump dans la région des Grands Lacs. Notre économie est totalement extravertie.

Ce qui nous reste maintenant c’est de privilégier l’approche interne – en d’autres termes, un dialogue inclusif entre les Congolais comme dans le cadre de l’initiative CENCO-ECC dénommée « Pacte Social pour la Paix et le Bien-vivre ensemble en RDC et dans la Région des Grands Lacs ».

Nous devons reprendre l’initiative pour nous réapproprier notre pays, nous prendre en charge. C’est nous qui devons mettre les règles du jeu claires sur la table et demander à nos partenaires de les suivre et non le contraire.

Ne jamais courber l’échine.

Ne jamais s’agenouiller devant qui que ce soit.

Ne jamais trahir le Congo !

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