Julien Paluku Kahongya va en guerre contre le dérapage odieux dû au fractionnement des marchandises à l’importation et qui affecte sans vergogne le budget de l’état

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Dans une conjoncture marquée par une asphyxie budgétaire aggravée par les tensions géopolitiques à l’Est, la République Démocratique du Congo opère une montée en gamme diplomatique et réglementaire contre une pratique déloyale qui gangrène ses recettes douanières : le fractionnement des marchandises en transit.

Son Excellence Julien Paluku Kahongya, Ministre du Commerce Extérieur, érige en ligne rouge cette manœuvre consistant à dépoter et morceler des cargaisons destinées à la RDC dans des pays tiers (Rwanda, Ouganda, Angola, Zambie…), pour les faire entrer sur le territoire congolais en petites unités exonérées ou sous-évaluées fiscalement. Cette pratique, contraire à l’esprit de l’article 5 du GATT et aux engagements souscrits dans l’Accord sur la facilitation des échanges, représente selon les estimations officielles une perte de 19 milliards USD en six ans.

Au cœur de l’accusation : des plateformes logistiques comme Magerwa au Rwanda, identifiées comme nœuds de dislocation douanière, orchestrant une fraude transfrontalière structurée sous couvert de transit.

La RDC, désormais appuyée sur un socle juridique solide, en appelle à l’Organisation Mondiale du Commerce pour activer les mécanismes coercitifs prévus par les accords multilatéraux, et se réserve le droit de réajuster unilatéralement ses droits de douane à des fins réparatrices si l’inertie institutionnelle persiste.

Par ce geste, Kinshasa ne fait pas qu’émettre une plainte : elle inaugure un acte de réaffirmation souveraine, inscrivant sa doctrine économique dans une posture de vigilance stratégique face à la volatilité des alliances régionales et aux contorsions de la mondialisation périphérique.

Cette initiative porte en elle l’espoir d’un renversement radical dans l’approche des relations commerciales transfrontalières de la RDC. Elle incarne une volonté politique forte, visant à restaurer les équilibres économiques et à renforcer la diplomatie commerciale congolaise dans la région.

Dans une ère où les enjeux économiques et géopolitiques s’entrelacent, la RDC, par la voix de son Ministre du Commerce Extérieur, impose une réflexion sur les mécanismes de régulation qui devraient présider aux échanges internationaux dans un cadre juste et respectueux des engagements multilatéraux.

En filigrane, il s’agit d’un bras de fer diplomatique qui s’annonce entre une RDC en quête de justice commerciale et des partenaires régionaux accusés d’avoir transformé les voies du commerce en labyrinthes de contournement fiscal. Si l’OMC ne réagit pas avec la rigueur qu’exige cette situation exceptionnelle, elle verrait l’un de ses États membres opérer une réinterprétation souverainiste et défensive des mécanismes de facilitation des échanges

Billy Charles, Polymathe Senior et Libre Penseur

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