LA CONSTRUCTION PAR LES CHINOIS D’UNE ROCADE AUTOUR DE KINSHASA PEUT COMBLER LE DEFICIT D’INFRASTRUCTURES ROUTIERES DANS LA CAPITALE (Par Dr Prof Antoine Roger LOKONGO)
La rocade est une route qui entoure une ville ou une région, permettant de contourner le centre-ville et d’améliorer la circulation. En d’autres termes, une rocade est généralement une voie rapide urbaine (VRU) ou une voie de type autoroutier permettant à la circulation de transit de contourner une ville, son centre-ville ou une agglomération et de relier les différentes autoroutes qui y aboutissent. Par exemple, la ville de Beijing est dotée de six rocades. La prochaine rocade – la septième – desservira la province du Hebei et la municipalité de Tianjin, voisines de Beijing.
L’expérience de la Chine peut contribuer à la revitalisation de la République Démocratique du Congo qui souffre d’un important déficit en infrastructures, ce qui freine son développement socio-économique. Les infrastructures routières sont particulièrement dégradées, avec seulement 17% du réseau en bon état et un faible pourcentage de routes bitumées. Ce manque d’infrastructures affecte les transports, l’accès aux services de base et l’approvisionnement des communautés.
Comme l’attestent plusieurs rapports du FMI et de la Banque Mondiale, plusieurs facteurs contribuent à ce problème, notamment le manque d’investissements. Le pays a besoin de plus de ressources pour développer et maintenir ses infrastructures.
La dégradation des infrastructures existantes y compris dans la capitale Kinshasa où de nombreuses routes et autres infrastructures sont en mauvais état, en partie à cause de la mauvaise gestion et du manque d’entretien.
Les conflits et instabilité dans certaines régions du pays, notamment dans l’est, ont causé des destructions et empêché le développement des infrastructures.
Le manque d’infrastructures a des conséquences importantes :
Les populations rurales ont du mal à accéder aux infrastructures, ce qui limite leurs possibilités de développement économique et social; les difficultés de transport et d’acheminement des produits. En effet, les routes dégradées rendent le transport difficile et coûteux, ce qui pénalise l’agriculture et les échanges commerciaux.
L’accès aux services de base comme l’eau potable, l’électricité et l’assainissement est souvent limité. Ces services souvent défectueux ou absents dans de nombreuses régions. Bref, le manque d’infrastructures freine le développement économique, l’accès à l’éducation et à la santé.
Pour surmonter ces défis, la RDC doit investir dans les infrastructures, améliorer la gestion des ressources et renforcer la paix et la stabilité dans les zones touchées par des conflits.
A cet effet, le projet de construction des rocades de la ville de Kinshasa contribuera tant soit peu à l’amélioration de la fluidité de la circulation dans la capitale congolaise, desservant mieux les zones éloignées et désengorgeant le centre-ville.
L’opportunité nous a été donnée de palper du doigt l’évolution des travaux de construction de ce projet à l’occasion d’une visite guidé organisée par l’Institut Confucius au profit des étudiants en langue chinoise de l’Université de Kinshasa le 17 mai 2025, plus précisément dans la partie où les travaux de chaussée sont en cours. Ce sont des travaux de grande qualité, réalisés avec professionnalisme par l’entreprise chinoise COVEC (China Vanke Engineering).
La route part de Lutendele jusqu’à l’aéroport international de N’djili passant par Mitendi, Kimwenza, Ndjili Brasserie, Kimbanseke pour se déverser sur la nationale numéro un au niveau de l’avenue Ndjoko. Elle reliera les quartiers Mbudi, Mitendi à l’aéroport international de N’djili. Grâce à cette route, les habitants de Mont Ngafula et Ngaliema auront désormais un accès facile et rapide à l’aéroport international de N’djili, slon un reportage de la Radio Okapi.
En six mois de travail sur ce tronçon, le constructeur chinois a déjà réussi à aménager toutes les quatre bandes et couvrir la chaussée d’une couche de caillasse, prête à accueillir l’asphalte. En ce moment, plusieurs caniveaux, buses et dalots sont en pleine construction pour faciliter le drainage des eaux jusqu’à la rivière Lukaya.
L’avancement physique des travaux a atteint 38% pour la rocade Sud-Est et à 62,2% pour la rocade Sud-ouest, selon les estimations du gouvernement – et cela en dépit des contraintes liées aux expropriations pour dégager l’emprise de la route, soit 20 mètres de largeur avec quatre voies de circulation dans les deux sens; ce qui freine l’avancement des travaux selon l’IGF.
Le projet comprend la construction d’une route de 63 km reliant les régions du sud-est et du sud-ouest. Il est financé dans le cadre du programme sino-congolais infrastructures contre minerais, avec un investissement initial de 3,2 milliards de dollars, puis révisé à 7 milliards de dollars. Les travaux sont placés sous le contrôle du Bureau Technique de Contrôle (BTC), et la surveillance est confiée à l’ACGT ainsi qu’à l’Office des Voiries et Drainage (OVD).
Il vise à réduire les embouteillages et les temps de trajet, faciliter l’accès aux zones périphériques, améliorer les conditions de transport et de logistique, stimuler le développement économique dans les zones desservies, réduire les coûts de transport et de logistique, réduire les accidents de circulation, améliorer la qualité de vie des habitants et mieux gérer le trafic et faciliter les déplacements, tant pour les résidents que pour les entreprises
Nous restons convaincus que si ce projet n’est pas affecté ou « infecté « dirais-je, par le « désordre ordonné » qui a élu domicile au Congo, il améliorera considérablement les conditions de la circulation. Nous, Congolais, chérissons profondément la grande amitié qui nous unit à nos amis chinois et sommes également très reconnaissants à la Chine pour son soutien précieuse au développement de la RDC. Nous nous félicitions du renforceront la coopération entre nos deux pays, la République Populaire de Chine et la République Démocratique du Congo en vue de la reconstruction d’un Congo meilleur.
