Pour Julien Paluku: « Le Rwanda va cesser d’exister économiquement lorsque nous allons nous organiser »

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Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya a co-animé un Briefing spécial avec son collègue du Commerce extérieur, Julien Paluku. Le thème choisi était : « Commerce extérieur : levier de la croissance économique en Rdc ». Dans son mot introductif, le patron du Commerce extérieur a expliqué que le commerce extérieur, c’est le volume des échanges entre un pays et le reste du monde. C’est lorsqu’on mesure le volume de tous les échanges, qu’on parle du commerce international.

A l’en croire, notre commerce extérieur est tiré par le secteur minier. Mais la Rdc n’a pas tiré profit de ce secteur minier. L’exploitation minière en Rdc ne se ressent pas dans le panier de la ménagère et la pauvreté continue. Voilà pourquoi le président de la République insiste sur la diversification de l’économie, en allant vers le secteur agricole.

C’est le sens de la stratégie nationale d’exportation. A ce jour, il faut migrer vers le secteur agricole pour améliorer le panier de la ménagère. « Nous avons 80 millions des terres arables. Si nous cultivons la moitié et que 1 hectares emploie trois personnes, nous allons créer 120.000 emplois. Il ne suffit pas de produire, il faut aussi avoir les marchés. Le premier marché est celui des USA à travers l’Agoa, il y a le marché européen, le marché chinois, le marché indien, le marché africain lui-même pour gagner 1,3 milliards des consommateurs africains », indique-t-il, avant de préciser qu’avec la ZLECAF, on ne perd pas les recettes, car ne sont concernés que les produits originaires d’un pays (70% d’intrants sont localement trouvés). Si les matériels d’assemblage viennent d’ailleurs, il va être taxé.

Au cours de ce face-à-face avec la presse, le ministre a souligné qu’à l’OMC, nous avons trouvé que la Rdc était en retard de paiement et n’a pas ratifié deux accords importants, notamment sur la facilitation des échanges, mais aussi l’accord sur la subvention à la pêche. Pour avoir ce marché, il faut connaître les normes exigées.

Des défis

Le premier défi, les impôts et taxes qui pèsent lourd. D’où la nécessité de revoir la loi sur la nomenclature des taxes et impôts. Le 2ème défi, les infrastructures : on peut produire, mais comment évacuer les produits ? Le gouvernement y a répondu avec le plan national d’industrialisation. Le 3ème défi, c’est la sécurité : le Rwanda a tout fait pour que l’insécurité soit permanente Rdc pour se faire vendre.

Mais quelle politique commerciale pour permettre à la Rdc de s’imposer sur le marché international ? Ici, le ministre du Commerce extérieur a donné 4 éléments importants. Il s’agit de la diversification notre économie. « Si on se tourne vers l’agriculture, la Rdc peut se relever ». L’amélioration du climat des affaires. Le ministre a expliqué qu’exporter un conteneur vers l’extérieur vers la Rdc peut prendre 200 heures, alors que la moyenne dans la région est de 50 heures. « Donc, il faut améliorer les choses ». Il y a la promotion des exportations pour ne pas subir le coup des importations. « Chaque année, la RDC dépense près de 7 à 20 milliards des dollars pour financer les importations ».

Il faut accroître les exportations pour permettre au pays de gagner en devises. Terminons par l’intégration économique : il y a beaucoup d’organisations économiques dans lesquelles il faut s’imposer et en profiter. « Tous ces éléments, nous en avons fait une politique pour ne plus être absent », martèle Julien Paluku, qui pense que l’absence de la Rdc nous a préjudicié.

Tout ne sera pas fait en faveur du Rwanda, mais de la RDC

Au cours de ce rendez-vous avec la presse, Patrick Muyaya a fustigé l’idée de ceux des Congolais qui pensent que l’accord mines-sécurité sera fait en faveur du Rwanda et pas de la Rdc.

A ce sujet, Julien Paluku a démontré que lorsque le Rwanda reçoit 100 millions de dollars, c’est sur 26.000 Km². « Comme son territoire est petit, il y a certains projets qui ont un impact visible qu’en RDC. Mais au fur et à mesure, le Rwanda va cesser d’exister économiquement lorsque nous allons nous organiser. Le Rwanda se permet d’extraire les minerais en Rdc pour les enfouir dans son sol. Ainsi, faire croire aux étrangers que son sol regorge les minerais rares ». « Il n’y a pas un seul gisement d’or ou de cassitérite au Rwanda. C’est parmi les pays les plus pauvres au monde. La Rdc s’organise et c’est la peur du réveil de l’éléphant qui crée la panique. L’ambition du président de la République, ce n’est ne pas d’écraser d’autres États, mais d’impulser son propre développement », souligne-t-il.

Jean-Marie Nkambua

 

 

 

 

 

 

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