Coopération : Vers un renforcement des liens Congo-Sénégal
La récente visite d’amitié et de travail du Premier ministre de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso, auprès de son homologue sénégalais Ousmane Sonko, s’inscrit dans une dynamique diplomatique porteuse de promesses pour l’avenir des relations entre ces deux nations. Ce point de presse conjoint, tenu le 12 juin à Dakar, a mis en lumière une volonté partagée de consolider des liens historiques et de déclencher des actions concrètes allant au-delà de simples déclarations d’intention.

Une alliance stratégiquement déterminée
Dès son allocution, Makosso s’est félicité de l’accueil chaleureux réservé par le peuple sénégalais, soulignant que sa visite était le reflet d’un dialogue sud-sud renouvelé. Ce discours est révélateur d’une aspiration à établir une coopération fondée sur la solidarité et la souveraineté des États africains. En énonçant que « les pays africains doivent renforcer leur coopération », le Premier ministre congolais pose les bases d’une vision collective sur la scène internationale.
Ousmane Sonko, pour sa part, a caractérisé le Congo comme un « partenaire historique » et un « allié stratégique » face aux défis contemporains du continent. Cette reconnaissance réciproque témoigne d’une relation qui ne repose pas uniquement sur des considérations géopolitiques, mais aussi sur un héritage commun de luttes pour l’émancipation et le développement endogène.
Les secteurs prioritaires de coopération
La réunion bilatérale a permis d’identifier plusieurs secteurs clés pour la coopération. Parmi eux, la défense et la sécurité, où les deux pays envisagent de développer un cadre d’échanges techniques entre leurs forces armées. Cette initiative pourrait non seulement renforcer la sécurité régionale, mais aussi favoriser un partage de bonnes pratiques dans un contexte où les menaces transnationales nécessitent des réponses coordonnées.

Les zones économiques spéciales représentent un autre domaine prometteur. En s’inspirant du modèle de Diamniadio, le Sénégal pourrait aider le Congo à dynamiser sa zone économique de Maloukou, attirant ainsi des investissements étrangers et propulsant l’industrialisation. De même, l’entretien routier et l’infrastructure, ainsi que les réformes économiques, sont des points cruciaux qui pourraient bénéficier d’un échange d’expertise pour moderniser et optimiser la gestion des ressources.
Vers une Intégration Africaine Réelle
Les discussions ont également abordé l’enseignement supérieur et le développement local, avec l’ambition de créer des mécanismes favorisant la mobilité étudiante et l’appui aux collectivités territoriales. En mettant l’accent sur ces domaines, les deux gouvernements entendent bâtir une Afrique des projets concrets, alignée sur les réalités locales et les besoins des populations.
Pour garantir l’efficacité de cette coopération, un comité de suivi mixte sera instauré, chargé de coordonner les projets et d’organiser un forum économique Congo-Sénégal avant la fin de l’année. Cette structure de suivi est essentielle pour s’assurer que les discussions aboutissent à des actions tangibles et mesurables.
Une Nouvelle Vision pour l’Afrique
En conclusion, la visite de Makosso au Sénégal représente un tournant diplomatique significatif. Elle illustre une volonté d’unification des efforts africains, portée par deux leaders issus d’une nouvelle génération désireuse de construire un avenir commun. En favorisant les échanges culturels, économiques et scientifiques, ces deux pays œuvrent à l’émergence d’une Afrique forte, moderne et résiliente, capable de relever les défis de demain. Ce rapprochement ambitieux entre le Congo et le Sénégal est plus qu’une simple alliance bilatérale ; il est le symbole d’une Afrique qui aspire à se projeter librement sur la scène mondiale.
Par Roch Bouka correspondant à Brazzaville
