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Commémoration du Genocost: Mise en en œuvre une stratégie offensive pour la reconnaissance internationale du génocide

Commémoration du Genocost: Mise en en œuvre une stratégie offensive pour la reconnaissance internationale du génocide

La République Démocratique du Congo a rendu hommage, samedi 2 août 2025, aux millions de victimes des violences massives commises sur son territoire depuis plus de trois décennies maintenant. La commémoration du génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST) a eu lieu, pour cette troisième année, à Kinshasa, dans une ambiance partagée entre douleur de la barbarie humaine et soif de justice.

Une cérémonie qui a connu la participation de toutes les autorités civiles et militaires, des membres du Gouvernement, des représentations diplomatiques, des forces vives de la nation et des victimes. A cette occasion, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a inauguré un mémoriel, qui rappelle les souvenirs des atrocités commises dans plusieurs régions du pays.

Le Gouvernement engagé dans un plaidoyer pour la reconnaissance internationale du Genocost

‎En RDC, il est résolument temps de rompre le silence et de lever les tabous. Et le Gouvernement que dirige la Première Ministre Judith Suminwa est déterminé à relever le défi de la reconnaissance internationale des génocides commis sur le sol congolais, tel que recommandé par le Chef de l’Etat. La Cheffe du Gouvernement et son équipe vont mettre en œuvre une stratégie globale articulée autour de deux axes : politique et diplomatique.

‎Du point de vue politique, le Président de la République a solennellement lancé, ce jour, l’appel au Parlement d’examiner dans les meilleurs délais l’adoption d’une résolution officielle proclamant, au nom de la Nation, la reconnaissance des génocides commis sur le sol congolais.

Sur le plan diplomatique, il s’agit de mener une campagne offensive et concertée auprès des États, des institutions multilatérales et des forces vives de la société civile internationale. Aussi, il est attendu du Gouvernement de mener un dialogue diplomatique ciblé avec les représentations étrangères accréditées à Kinshasa afin de les sensibiliser aux enjeux de ce combat, et de faire d’elles des relais actifs du message de la RDC auprès de leurs capitales.

‎Entretemps, un colloque international a été organisé la veille de cette commémoration pour démontrer juridiquement que plusieurs massacres perpétrés dans le pays répondent aux critères définis par la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide.

La communauté internationale placée devant ses responsabilités

‎Félix Tshisekedi a également dénoncé « l’indifférence glaciale » de la communauté internationale, face à des exactions rapportées par des experts des Nations Unies et locaux, faisant état de graves violations où des communautés entières ont été ciblées allant jusqu’à l’extermination, en raison de leur identité, de leur ancrage territorial, ou de leur proximité supposée avec des ressources convoitées. Une logique qui se poursuit encore dans l’Est du pays avec l’agression rwandaise soutenue par le M23/AFC, a-t-il rappelé. Pour lui, tous les marqueurs d’un projet d’épuration sont réunis.

‎À la veille de l’installation d’une Commission d’enquête indépendante sur les massacres dans cette région, il a lancé un appel à la communauté internationale. « Elle a le devoir moral et politique de soutenir cette démarche essentielle pour rétablir la vérité, rendre justice aux victimes et jeter les fondements d’une paix durable fondée sur la mémoire et la responsabilité partagée », a martelé le Chef de l’Etat.

« Nous n’attendrons pas que les autres valident notre douleur »

‎Mais la RDC refuse de se victimiser ou quémander une reconnaissance. « Si le monde hésite encore à reconnaître cette tragédie pour ce qu’elle est, un génocide rampant, nous n’attendrons pas que d’autres valident notre douleur. Nous en sommes les premiers témoins, nous en serons les premiers artisans de justice », a prévenu le Président Tshisekedi.

‎La commémoration de la troisième année du Genocost a été marquée par les témoignages des survivants qui ont raconté leur infortune, plongeant l’assistance dans l’émoi. Mais aussi et surtout par l’inauguration de ce mémoriel où sont érigées 93 stèles, invoquant chacune une histoire macabre chargée de crimes les plus graves commis sur les populations civiles. Le chiffre 93 marquant le point de départ de ce cycle de violences.

Une flamme y a été allumée pour l’éternité. Ceci pour répondre à un triple appel : l’appel de la mémoire, l’appel de la dignité et l’appel de la justice.

Un condensé de JMNK

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