Engagés par l’État pour l’Affaire Kabila, les avocats corrigent la Haute Cour Militaire et disqualifient le Sénat !

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On en vient évidemment à se demander si le Sénat doit être (re)convoqué pour changer l’identité de l’intéressé et modifier les griefs de sur base desquels la levée des immunités a été opérée…

Rappeler la chronologie des faits

Ce qui s’est produit à la Haute Cour Militaire (HCM) le vendredi 7 août 2025 n’est ni à banaliser, ni à relativiser. Si, du reste, toute la Communication Fatshisphère a opté pour le silence (de mort), c’est probablement pour avoir vite réalisé qu’on a engagé la République dans la voie du déshonneur.

En effet, en imposant à l’État la re-visitation de la procédure politique, juridique et judiciaire jusque-là atteinte, Me Richard Bondo et ses co-équipiers amènent l’opinion à se rappeler la chronologie des faits suivante :

*22 mai 2025*. Saisi par la HCM et confiant dans le sérieux du travail effectué par cette instance judiciaire, la Chambre haute prend la décision grave de lever les immunités parlementaires de Joseph Kabila, encore qu’elle le fait en violation de la loi portant statut des anciens chefs d’État élus prévoyant pour cette tâche le *Congrès* ;

*25 juillet 2025*. Lors de la première audience publique, la HCM décline en des termes clairs l’identité du sénateur à vie Joseph Kabila Kabange, et cela sans évoquer la mention « sous réserve ».

*31 juillet 2025*. La Haute Cour militaire tient la deuxième audience publique au cours de laquelle elle projette par vidéo les preuves recueillies de ses investigations : participation à un mouvement insurrectionnel, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide par balles, trahison, apologie, viol, torture, déportation, et occupation armée de la ville de Goma.

Lors de cette audience, Me Richard Bondo, avocat des parties civiles, affirme : _«Ce ne sont pas des preuves peu crédibles. Ce qui est vrai, c’est que M. Kabila n’a jamais contesté ces preuves, n’a jamais nié ses déclarations. Même son conseiller Kikaya a fait un aveu troublant. Il dit que M. Kabila a les mêmes objectifs que la rébellion. Les choses sérieuses ont commencé ce jour, les avocats de la République ont accédé aux pièces seulement hier. Ils doivent les examiner, les éplucher et nous reviendrons avec la maîtrise du dossier pour faire un débat éclaireur et éclairant la justice_»

*7 août 2025*. Les avocats *reviennent avec la maîtrise du dossier*.

La HCM assiste impuissante à la disqualification et à la destruction du Rapport sur base de laquelle elle a amené le Sénat à prononcer la déchéance de Joseph Kabila Kabange.

En direct sur la chaîne nationale RTNC, les avocats signifient à l’auditeur général des FARDC qu’il n’a pas fait correctement son travail d’identification en ce que Joseph Kabila Kabange n’existe pas. Pour eux, la personne qui existe et qui doit être appelée à la barre a pour nom *Hypollite Kanambe* !

Résultat : la HCM est disqualifiée, mieux désavouée. Elle doit reprendre sa copie, c’est-à-dire reprendre son Rapport.

Partant, la décision du Sénat au sujet des immunités parlementaires doit être suspendue !

Et pour cause !

Le théâtre se termine, les rideaux tirés

Recrutés pour aider la Justice dans la recherche de la vérité, les avocats sont tenus au devoir suivant : soit ils mènent eux-mêmes des enquêtes pour identifier le véritable Joseph Kabila Kabange en la personne de Hypollite Kabange, ses parents, son pays et sa nationalité d’origine ; soit ils demandent à la HCM de le faire et de leur rappeler une fois prête !

En attendant, le procès doit absolument être suspendu, et avec ce dernier tous les griefs mis à charge du sénateur à vie.

Bien plus, les avocats et la HCM connaissent le principe _« In dubio pro reo_» voulant simplement dire : _ »c’est à l’accusation qu’incombe la lourde responsabilité d’apporter toutes les preuves nécessaires à la condamnation de la personne qu’elle accuse_ ».

C’est à eux de produire la preuve de la fausse identité de Joseph Kabila Kabange.

Terrible épreuve particulièrement pour la Haute Cour Militaire ayant le choix entre s’en tenir à la *version officielle* (et rester droite dans ses souliers), ou entreprendre des nouvelles rechercher (et reconnaître qu’elle s’est trompée et a trompé le Sénat).

Terrible épreuve aussi pour les avocats conscients du fait qu’ils ne peuvent rentrer à la HCM pour la poursuite du procès qu’en apportant la preuve de l’usurpation d’identité par l’intéressé.

En attendant, force est de constater que la séance du 7 août 2025 a connu un mélodrame : la HCM et les avocats engagés par la République se sont étranglés, mieux se sont neutralisés au propre comme au figuré.

Et désormais faute d’acteurs (le Sénat est en vacances parlementaires jusqu’au 15 septembre 2025 ; les accusateurs rentrent à la recherche des preuves, l’accusé n’est pas clairment identifié), le « théâtre » se termine ; les rideaux tirés !

Reste à savoir si c’est pour un rebondissement. Ou si c’est pour de bon…

Dans les deux éventualités, l’effet boomerang pourrait s’avérer terrible pour la suite de la carrière des protagonistes politiques, juridiques et judiciaires qui auront affecté l’Etat congolais dans sa dignité, dans sa respectabilité au moment où le narratif promeut un succès diplomatique retentissant !

Omer Nsongo die Lema

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