Daniel Mukoko Samba, l’économiste qui bouscule les habitudes congolaises
En RDC, la politique est souvent un théâtre où les ministres brillent par des discours grandiloquents et des cérémonies tapageuses. Mais il existe des exceptions, rares, qui préfèrent travailler plutôt que parader. Daniel Mukoko Samba, Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, appartient à cette catégorie. Sobre, discret mais déterminé, il impose un style qui détonne dans un pays habitué aux improvisations.
Son parcours parle pour lui. Professeur d’économie à l’Université de Kinshasa, ancien Ministre du Budget et technicien aguerri, Mukoko Samba a fait de la rigueur et des réformes son terrain naturel. Là où beaucoup improvisent, lui s’appuie sur une expertise éprouvée, autant académique qu’institutionnelle. Cette trajectoire lui vaut le respect à l’international et, parfois, la crainte sur la scène locale, car sa rigueur laisse peu de place aux arrangements faciles.
Depuis son retour à la tête de l’Économie nationale, il a engagé les combats les plus sensibles. Il s’attaque à la dollarisation, qu’il considère comme une plaie empêchant le pays de croire en lui-même, et rappelle que la souveraineté économique commence par la crédibilité du franc congolais. Il s’attaque à la vie chère, en réduisant les prix des produits de première nécessité et du carburant. Il ose démanteler les monopoles et cartels qui imposaient leur loi sur le marché et étouffaient les petites entreprises. Enfin, il insiste sur la diversification, pour que les richesses minières et agricoles bénéficient d’abord aux Congolais, plutôt que de quitter le pays sans valeur ajoutée.
Ce discours de vérité dérange. Beaucoup auraient préféré des slogans rassurants. Lui, au contraire, martèle que le développement ne se construit pas par des promesses, mais par la discipline, le travail et des réformes courageuses. Cette fermeté, parfois mal comprise par certains économistes, est pourtant sa marque. Contrairement à d’autres, il ne cherche pas à séduire les foules. Il agit, impose la rigueur et laisse les résultats parler d’eux-mêmes.
Le Congo est habitué aux ministres qui amusent la galerie. Avec Daniel Mukoko Samba, c’est une autre musique : moins de bruit, plus de travail. Moins de promesses, plus de corrections. Il ne flatte pas, il dérange. Et c’est peut-être là sa véritable prouesse : forcer le pays à regarder plus haut que ses illusions.
Dans une République encore en quête de repères économiques, il s’affirme comme un gardien sérieux, décidé à rappeler que sans discipline et sans transformation réelle, il n’y aura jamais de véritable indépendance économique.
Danny Matadi
