A Kinshasa :  L’état de la protection sociale en Afrique centrale au centre d’une journée foraine 

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Le Réseau Inspire Afrique centrale, coordonné par la Confédération syndicale du Congo, a organisé une journée foraine consacrée à l’état de la protection sociale dans la région à l’heure où le programme 2022-2026 arrive à son terme et qu’un nouveau plan 2027-2031 est en préparation.

Dans son mot d’ouverture, le réseau a remercié les autorités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations régionales et internationales pour leur soutien.

Depuis sa création, Inspire Afrique centrale mène avec détermination le plaidoyer pour l’élargissement de la couverture sociale, autour de trois priorités : la défense des droits des personnes âgées ; la ratification et la mise en œuvre effective des conventions de l’OIT favorables aux femmes ; la formalisation de l’économie informelle, clé de l’inclusion sociale et économique. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique régionale visant l’élargissement de la couverture sociale et la justice sociale pour tous.

Trois priorités

Les travaux ont mis en avant trois priorités principales : la défense des droits des personnes âgées, souvent marginalisées dans les politiques publiques ; La ratification et la mise en œuvre des conventions de l’OIT favorables aux femmes, notamment les conventions 189 et 190 sur les travailleuses domestiques et la lutte contre les violences au travail ; La formalisation de l’économie informelle, conformément à la recommandation 204 de l’OIT, condition indispensable pour inclure les millions de travailleurs non protégés.

En Afrique centrale, seuls 17 % de la population ont accès à une prestation de protection sociale, contre une moyenne mondiale de 47 %. En RDC, l’économie informelle représente près de 97 % des emplois, privant la majorité des travailleurs de toute couverture sociale.

Cette journée a été marquée par des projections vidéos, des panels, des témoignages et la participation des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants syndicaux et institutionnels. En Afrique, près de 85 % de la population active travaille dans l’économie informelle, et en RDC ce chiffre atteint 97 %, ce qui prive des millions de travailleurs de toute protection sociale. Seuls 17,4 % des Africains ont accès à au moins une prestation sociale, contre 47 % en moyenne mondiale (rapport OIT, 2022).

Face à cette réalité, trois priorités sont mises en avant : La ratification et la mise en œuvre des conventions 189 (travailleurs domestiques) et 190 (lutte contre les violences et harcèlement au travail) ; La formalisation de l’économie informelle, conformément à la recommandation 204 de l’OIT ; La reconnaissance de la protection sociale comme droit humain fondamental et instrument de justice sociale.

Pas un privilège réservé aux pays riches

Les organisateurs ont rappelé que la protection sociale n’est pas un privilège réservé aux pays riches, mais un droit humain fondamental et un levier de stabilité économique et sociale. Ils ont invité les acteurs nationaux et régionaux à s’engager pour l’adoption de lois et stratégies concrètes, afin de garantir une protection sociale universelle et inclusive.

Cette rencontre se veut un cadre d’échanges et de mobilisation en faveur d’une protection sociale universelle, considérée comme un droit humain fondamental et un instrument de justice sociale.

Pour finir M. Fidèle Kiyangi, le président du confédération syndicale du Congo (CSC) a donné son mot de la fin en disant: « Nous remercions chaleureusement l’ensemble des participants ainsi que Mme F. et le docteur Mangala, à qui nous transmettons nos encouragements. Toutefois, nous rappelons que le peuple congolais reste sceptique : il attend que les initiatives annoncées se traduisent en actions concrètes.

En effet, le Code du travail congolais stipule que les soins de santé des travailleurs relèvent de la responsabilité de l’employeur, tout comme la loi régissant les services publics. Or, ces dispositions sont encore peu respectées. Nous devons désormais aller plus loin : réviser les lois, responsabiliser les employeurs et les institutions, et impliquer les comités de travailleurs et de fonctionnaires.

La protection sociale doit devenir une réalité pour chaque travailleur, qu’il soit du secteur formel ou informel. Elle signifie avant tout la possibilité de se nourrir, se loger, se vêtir et se soigner dignement. Ce n’est pas un luxe, mais une obligation et un droit fondamental.

Nous invitons l’Afrique centrale à s’inspirer des progrès réalisés en Afrique de l’Ouest. Trop souvent, nous restons en retard par manque de volonté collective. Il est temps que nous changions cette dynamique.

Enfin, nous saluons la chaleur et la vitalité de notre région, qui constituent une véritable richesse humaine. Sur ces mots, je déclare close la Journée foraine Inspire 2025.

 

Becky Kabongo

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