À l’approche de la conférence sur le climat, l’ONU appelle à passer des promesses aux actes

À moins d’un mois de la Conférence des Nations Unies sur le climat, COP31, le président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Khalilur Rahman, a appelé les États à transformer leurs engagements climatiques en actions concrètes, financées et mesurables. Il a plaidé pour un meilleur accès aux financements, le renforcement de l’adaptation et des systèmes d’alerte précoce afin de protéger les populations les plus vulnérables.

 

Les récentes inondations dévastatrices au Népal et en Chine rappellent la rapidité avec laquelle les phénomènes extrêmes peuvent anéantir des communautés entières. Devant les États membres réunis vendredi à New York, Khalilur Rahman a souligné l’urgence de mieux anticiper les catastrophes liées aux risques climatiques.

 

« Nous ne pouvons pas prévenir tous les aléas, mais nous pouvons empêcher nombre d’entre eux de se transformer en catastrophes », a déclaré le président de l’Assemblée générale lors d’une réunion consacrée à l’action climatique et à la restauration de la confiance, organisée en amont de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie.

 

La fonte des glaciers menace la sécurité hydrique et contribue à l’élévation du niveau des mers, tandis que le réchauffement des océans modifie les régimes météorologiques. Les vagues de chaleur et les sécheresses fragilisent, elles aussi, les approvisionnements alimentaires et les moyens de subsistance.

 

Depuis 2000, les glaciers de montagne ont perdu environ 6,2 % de leur glace, dont quelque 408 milliards de tonnes en 2025, selon les chiffres cités par M. Rahman. Dans le même temps, les politiques climatiques actuelles placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,8 °C, bien au-delà de l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat adopté en 2015.

Des engagements à financer

Pour le président de l’Assemblée générale, la première priorité consiste à traduire les ambitions climatiques en mesures concrètes. Les pays doivent arriver à Antalya prêts à transformer leurs contributions déterminées au niveau national en actions financées et mesurables, compatibles avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Cela passe notamment par l’accélération des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’électrification et une transition juste hors des combustibles fossiles. L’adaptation doit également occuper une place centrale, notamment à travers des villes et des bâtiments plus résilients, une agriculture adaptée au changement climatique et des investissements dans les infrastructures.

Mais ces transformations nécessitent des ressources considérables. Selon l’agence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les besoins de financement climatique des pays en développement pourraient atteindre environ 1.800 milliards de dollars par an d’ici à 2030.

Le nouvel objectif collectif de financement climatique prévoit au moins 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035, les pays développés devant prendre l’initiative, tandis que l’ensemble des acteurs est appelé à contribuer à porter les financements à 1.300 milliards de dollars annuels.

Khalilur Rahman a insisté sur la nécessité de rendre ces ressources plus accessibles et abordables, en simplifiant les procédures et en renforçant les capacités nationales. Les investissements privés peuvent contribuer au financement des énergies propres et des infrastructures résilientes, a-t-il souligné, mais ils ne doivent pas remplacer les obligations du secteur public ni les financements sous forme de dons.

Il a également appelé à doter suffisamment le Fonds pour répondre aux pertes et préjudices afin qu’il puisse soutenir rapidement les communautés en première ligne face aux conséquences du changement climatique.

Des alertes qui atteignent les populations

La troisième priorité concerne l’articulation entre adaptation, réduction des risques de catastrophe et nouvelles technologies.

L’initiative « Alertes précoces pour tous » constitue un outil essentiel, mais son efficacité dépend de sa capacité à atteindre les populations les plus isolées et à leur permettre d’agir à temps. Les alertes doivent être accompagnées de financements prévisibles, de plans d’évacuation, d’infrastructures résilientes et de moyens de communication fiables.

L’intelligence artificielle et les outils numériques peuvent contribuer à cartographier les terrains, suivre les phénomènes météorologiques et identifier les zones vulnérables. Leur potentiel doit toutefois s’accompagner d’efforts pour réduire la fracture numérique, partager les connaissances et renforcer les capacités locales, en intégrant également les savoirs autochtones.

Les femmes, les jeunes et les personnes handicapées doivent participer pleinement à la préparation aux catastrophes, a insisté M. Rahman.

À l’approche de la COP31, organisée sous la présidence de la Turquie, il a appelé les États à faire de la coopération internationale un levier de résultats tangibles.

« Que la COP31 soit jugée non pas sur les promesses que nous répétons, mais sur les personnes que nous protégeons », a-t-il conclu, estimant que c’est ainsi que la confiance pourra être restaurée.

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