Affaire des « insultes » contre la distinguée première dame Denise Nyakeru Tshisekedi: les 6 erreurs de son entourage

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■ Ce qui arrive à Denise Nyakeru Tshisekedi révèle un entourage qui ne maîtrise ni son image publique, ni ses prises de parole, ni son agenda médiatique. Une communication politique efficace suppose une anticipation et une cohérence qui semblent ici faire défaut.

■ Les proches de la première dame hésitent à la contredire ou à la conseiller franchement, peut-être par instinct de survie professionnelle. Ce phénomène génère un biais de complaisance : on protège davantage la personne des critiques internes qu’on ne préserve son image publique. Or, avec ce raté, les conséquences peuvent être lourdes, allant jusqu’à une restructuration du cabinet, pourtant évitable par une plus grande rigueur professionnelle, du recrutement au fonctionnement quotidien.

■ Le cabinet n’a pas su anticiper les réactions de l’opinion, identifier les risques réputationnels ou définir ce qui devait être dit, quand et par qui. La récurrence des controverses témoigne d’un problème structurel de conseil politique et de gestion de la réputation.

■ Dans nos nations africaines, les pouvoirs sont fortement personnalisés. Les membres de la famille présidentielle deviennent mêmes des symboles politiques. Dès lors, les attaques contre la première dame peuvent être utilisées pour atteindre indirectement le président de la République. En ne protégeant pas efficacement Denise Nyakeru Tshisekedi, son cabinet expose en réalité le chef de l’État, Félix Tshisekedi, à des projectiles qui lui sont en réalité destinés.

■ Le problème est particulièrement préoccupant. L’entourage de la première dame n’est plus en mesure d’imposer le récit autour d’elle. Ce sont désormais les réseaux sociaux, les humoristes ou les adversaires politiques qui définissent son image. Cette perte de mainmise sur le discours public est un signe inquiétant de faiblesse communicationnelle.

■ Le cabinet a peut-être trop cherché à défendre systématiquement la première dame contre toute critique, en assurant que tout allait bien. Or, son rôle est aussi de lui faire entendre ce qui ne va pas, avant que l’opinion publique ne le lui impose brutalement.

Conclusion

En politique, lorsqu’une personnalité exposée devient la cible récurrente de moqueries, il convient parfois de regarder moins du côté des railleries que du côté de ceux qui sont censés l’aider à les éviter.

Ambroise Mamba Ntambwe

Journaliste et chercheur en sciences politiques et administratives

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