Affaire Manassé Lomboto : David Ekamba et l’ADD-Congo dénoncent la lenteur de l’enquête et l’attente prolongée de l’autopsie

Près d’un mois après la mort de Manassé Lomboto, survenue lors de la marche de l’opposition du 15 septembre 2026 à Kinshasa, l’ADD-Congo continue de réclamer des réponses de la justice. Son Secrétaire général, le Docteur David Ekamba, dénonce la lenteur de l’enquête annoncée par le ministre de la Justice, alors que la famille biologique et la famille politique du défunt attendent toujours l’autopsie promise et la possibilité d’organiser ses obsèques.

L’affaire Manassé Lomboto reste au centre des préoccupations de l’opposition congolaise. La mort de ce jeune homme, membre de l’Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD-Congo) et chargé de la sécurité de son président, Prince Epenge, continue de susciter des interrogations sur les circonstances du drame et les suites judiciaires qui lui sont réservées.

Dans une dénonciation, le secrétaire général de l’ADD-Congo, le docteur David Ekamba, exprime son inquiétude face à la lenteur des investigations annoncées par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Il s’interroge sur l’absence d’avancées concrètes, alors que les proches du défunt attendent que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort.

Le 21 septembre 2026, le ministre de la Justice avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités éventuelles dans les violences ayant marqué la marche du 15 septembre à Kinshasa. Pourtant, le dossier a connu un épisode particulièrement tendu quelques jours plus tard, avec l’interdiction de la levée du corps de Manassé Lomboto, initialement prévue le 26 septembre. Le parquet de grande instance de Kinshasa/Kalamu avait alors ordonné le maintien de la dépouille à la morgue jusqu’à la fin des investigations.

Cette décision avait provoqué la colère et l’incompréhension de la famille, des proches et des responsables de l’opposition, qui s’étaient réunis pour rendre les derniers hommages au défunt.

Prince Epenge avait déjà exprimé ses doutes

Dans un entretien accordé à Opinion-Info le 26 septembre, Prince Epenge avait vivement critiqué le moment choisi par la justice pour intervenir, alors que les préparatifs des obsèques étaient déjà engagés. Le président de l’ADD-Congo avait également exprimé ses réserves quant à l’aboutissement de l’enquête judiciaire annoncée.

L’opposant avait notamment établi un parallèle avec l’affaire Rossy Mukendi, dénonçant ce qu’il considérait comme une entrave au deuil de la famille de Manassé Lomboto. Il avait aussi rappelé que les proches avaient attendu plusieurs jours avant de voir la justice intervenir officiellement dans le dossier.

Cette prise de position, rapportée par Opinion-Info, donne un éclairage sur les inquiétudes aujourd’hui exprimées par David Ekamba. Au-delà du report des obsèques, l’ADD-Congo attend désormais que les investigations annoncées produisent des résultats et permettent de déterminer les circonstances exactes du décès.

L’autopsie au cœur des attentes

L’un des principaux points de préoccupation demeure la réalisation de l’autopsie. Selon la dénonciation de David Ekamba, la famille biologique et la famille politique de Manassé Lomboto attendent toujours cet examen, présenté comme essentiel pour éclairer les circonstances de sa mort.

L’autopsie pourrait contribuer à établir les causes médicales du décès et à apporter des éléments utiles à l’enquête. Dans un dossier marqué par des accusations contradictoires et une forte tension politique, les résultats d’examens médico-légaux et les autres éléments de preuve seront déterminants pour établir les faits.

Pour les proches du défunt, l’attente prolongée représente une épreuve supplémentaire, alors que les obsèques avaient déjà été interrompues à la dernière minute sur décision du parquet.

Des pressions et des menaces dénoncées contre la famille

Dans sa dénonciation, le secrétaire général de l’ADD-Congo évoque également la situation particulièrement difficile que traverserait la famille éprouvée. Selon ses déclarations, les proches seraient contraints de passer leurs nuits dehors et feraient face à des pressions et à des menaces qu’il attribue au pouvoir, afin de les amener à témoigner contre leur propre fils.

Ces accusations, qui nécessitent des vérifications indépendantes et une réaction des personnes mises en cause, soulèvent des préoccupations quant à la protection de la famille et à la liberté des témoins dans le cadre d’une procédure judiciaire.

La famille biologique et la famille politique de Manassé Lomboto attendent ainsi non seulement des réponses sur les circonstances du décès, mais également de pouvoir faire leur deuil dans des conditions dignes, sans intimidation ni pression.

La justice face à l’exigence de transparence

Le dossier a pris une nouvelle dimension le 6 octobre, avec la publication du rapport de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64). Dans ce document, la coalition accuse des membres de la Force du progrès d’être responsables de la mort de Manassé Lomboto et met en cause plusieurs responsables politiques. Ces accusations sont celles de la C64 et ne constituent pas, à ce stade, des conclusions judiciaires établies.

L’enjeu est désormais de permettre à l’enquête de déterminer les faits sur la base de preuves, d’auditions et d’expertises, tout en garantissant les droits de toutes les personnes concernées.

À travers la dénonciation de David Ekamba, l’ADD-Congo remet au premier plan ses attentes : la réalisation de l’autopsie, l’avancement effectif de l’enquête, la clarification des circonstances du décès et la protection de la famille.

Près d’un mois après les événements du 15 septembre, une question demeure : quand la justice apportera-t-elle des réponses concrètes à la famille de Manassé Lomboto et à l’opinion publique ?

L’évolution de cette affaire dépendra notamment de la transparence des investigations et de la capacité des autorités judiciaires à établir les responsabilités éventuelles, dans le respect de la loi.

Becky Kabongo

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