Affaire Matata à la cour constitutionnelle : Le bureau diocésain Justice et Paix de Maniema alerte sur les menaces contre des ressortissants kasaïens

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A quelques jours de son verdict, l’affaire qui oppose l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo et ses co-accusés à la Cour Constitutionnelle, au sujet de détournement de 285 millions de dollars américains affectés au projet de parc Agro Industriel de Bukanga Lonzo, prend une autre tournure. A présent, il se dessine une xénophobie ou la haine tribale contre les ressortissants kasaïens dans la province de Maniema.

C’est qu’alerte le diocèse de Kindu, à travers son bureau de la Commission Justice et Paix. En effet, dans un communiqué de presse, cette structure diocésaine de l’Eglise Catholique dans la province de Maniema alerte sur la présence, depuis quelques jours, des tracts de menace contre les ressortissants kasaïens qui circulent dans les réseaux sociaux dans cette province. Ces menaces promettent représailles et mort physique contre ces derniers au cas où Augustin Matata Ponyo serait condamné par la Cour Constitutionnelle dans un procès qualifié d’inique et de politique.

Ainsi, face à ces menaces, le bureau diocésain Justice et Paix estime qu’il ne faudra pas minimiser ces menaces, au regard des défis sécuritaire et des faiblesses de l’autorité de l’État qui caractérisent les provinces de l’Est devant une masse incontrôlée et déterminée pour la vengeance.

 

Appel à la cohésion et au mieux vivre ensemble

Le bureau diocésain justice et paix de la province de Maniema dénonce et condamne, avec véhémence les tracts de ces menaces de mort contre les ressortissants de du grand Kasaï. Ce bureau rappelle qu’ils ne sont impliqués ni de près, ni de loin dans tout ce qui se passe à la Cour Constitutionnelle. « S’attaquer impunément aux innocents est un comportement qui risque de fragiliser l’unité ainsi que la cohésion nationale, tout en offrant des alibis aux instigateurs des troubles et autres tenants du plan de la balkanisation de notre cher et beau pays. Pour ce faire, nous invitons toutes les filles et fils de la province de Maniema de s’abstenir et à se désolidariser de ces idées diaboliques qui ne favorisent pas la paix et le mieux vivre ensemble entre frères et sœurs d’une même Nation » peut-on lire dans ce communiqué de presse signé par Baudouin Mushabah Saleh, coordonnateur du bureau diocésain Justice et paix de Maniema.

 

Implication du Président de la République sollicitée

Pour ne pas embraser la province de Maniema avec un conflit intercommunautaire, le bureau diocésain Justice et Paix sollicite du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, en sa qualité de garant de bon fonctionnement des institutions, « de demander à la Cour Constitutionnelle la surséance de cette affaire. Car, le respect de la Constitution et des lois de la République concourt à la Paix et à la cohésion nationale, tout en évitant tout ce qui est sources des conflits inutiles.

Toutefois, cette structure de l’Eglise catholique se dit préoccupé par la procédure judiciaire menée contre le député national, Augustin Matata Ponyo, devant la Cour Constitutionnelle. Selon elle, cette démarche viole l’article 107 de la Constitution de la République et entame le prestige ainsi que la crédibilité de cette Cour considérée gardienne de la Constitution de la République. Car, note-t-il, ce procès est perçu comme « un acharnement judiciaire et une inféodation de la justice à des fins politiciennes doublée d’une attitude de deux poids deux mesures ».

RSK

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